Cerise sur le gâteau lorsqu’à la fin le nom de Costa-Gavras s’affiche au générique, tout rentrait alors dans l’ordre, tout s’expliquait, je pouvais enfin donner un nom à ma souffrance, ce fut véritablement là pour moi que tomba le couperet. Sur le fond, j’ai trouvé la dénonciation de « notre » système capitaliste faussement subtile, plate et absolument ringarde, d’autres diront audacieux moi je dis vaniteux. Costa-Gavras nous donne des leçons de morale pendant 2h avec la délicatesse d’un clip de rap de Booba. Il nous désigne même, nous accuse, nous rend responsable. Regardez ce que vous avez créé, c’est votre monstre de Frankenstein, vous allez le payer. Après le film en lui-même est à mourir d’ennui, les meurtres sont grotesques et les dialogues pitoyables. La scène chez le psychologue est déjà ridicule lorsque par-dessus tout Costa-Gavras nous donne des leçons sur le racisme. Et parfois on nous montre des images de panneaux publicitaires censé être discrètes, de camions avec de la pub, toutes fausses bien sûr, nous avons pourrie notre société. Enfin La langoureuse et monocorde voix-off de Garcia est insupportable et totalement inutile pendant tout le film, alors que son interprétation face caméra est très convaincante. Je ne m’attendais pas être autant déçu, ce film n’a rien sur quoi on peut s’accrocher, très banal en fin de compte et énervant de par, si on peut appeler ça, ses opinions politiques.
L'intrigue est astucieuse, la mise en scène géniale, José Garcia impressionnant, et d'une manière générale le film est osé. L'histoire de Bruno Davert, c'est l'histoire de tout un chacun, capable de se transformer en tueur en série du dimanche pour sa propre réussite, ou plutôt pour sa propre survie. Le génie de Costa-Gravas, c'est de partir d'une simple histoire, le destin meurtrier d'un cadre sup qui se trouve du jour au lendemain au chômage, pour livrer une critique impitoyable de l'économie de marché et de la mondialisation. Le tout avec un humour noir à couper le souffle.
Très bon film! avec un josé Garcia complètement en décalage avec son humour habituel, mais très crédible dans ce rôle "noir", un film à voir ! et à re-voir!
Excellent film. Le thème est très original et il est de plus traité de manière très efficace. José Garcia campe à merveille ce père de famille seul, finalement. La réalisation est impeccable, l'ambiance noire et pesante plane sur tout le film comme Garcia observe ses proies. Rarement je n'ai vu de thriller aussi bon, aussi intelligent et aussi cruel. On est absorbé par cette oeuvre, modeste et pourtant si grande.
un film haletant avec tout ce que le cinema d'auteur francais a de mieux, subtil, sobre, un rythme maitrisé, la montée en puissance et les effets dramatiques sont distillés avec justesse tout au long de cette oeuvre rare! du bon boulot! josé garcia parfait!
Le Couperet semble montrer le vrai visage de l'individualisme forcené engendré par l'ultralibéralisme : le visage horrifique d'un monstre qui ne se laisse pourtant pas démasquer facilement.
Costa Gavras aime démontrer, alors ici il démontre, à grosse louche comme toujours chez lui : les délocalisations c'est mal, les DRH sont vicieuses, le chômage est destructurant, le capitalisme c'est pas top... Bien, certes. Mais encore ? Pourtant, au-delà de ces défauts évidents, je dois avouer que je me suis laissé globalement prendre par ce film bien rythmé, le personnage de José Garcia qui pousse la logique de concurrence jusqu'au bout, sans plaisir mais sans remords non plus (bonjour cynisme) étant assez intéressant. L'ensemble est d'ailleurs assez bien mené, suffisamment du moins pour qu'on ne s'ennuie pas. Comédie à l'humour assez noir qui fait mieux passer le côté film à thèse, par essence toujours un peu pénible.
José Garcia est terrifiant de neutralité dans ce thriller social, où il tue un à un les prétendants au même poste que lui… Un monument de mise en scène, de suspense et de noirceur.
"Chef d'oeuvre français" de C.Gavras. Une "dénonciation magistrale", du système capitaliste, qui engendre une guerre économique et sociale permanente. Une authenticité déconcertante, un message qui ne laisse pas indifférent. José Garcia impressionnant, et dans son meilleur rôle. Une des plus belles satires cinématographiques de notre société.
Le cadre supérieur Bruno Davert, au chômage, décide de tuer ses rivaux potentiels, ceux ayant les mêmes qualifications que lui, pour être certain d’être recruté sur un des rares postes de son niveau. Comme à son habitude, Costa-Gavras fourbit un film à thèse, ici une charge contre les méfaits du chômage ; comme d’habitude, cette dénonciation enfonce des portes ouvertes, et caresse le public dans le sens du poil ; comme d’habitude, le clou est frappé avec obstination, probablement à l’attention des malcomprenants ; comme d’habitude cette dénonciation ne s’accompagne d’aucune proposition, et a pour principal effet de renforcer la bonne conscience des spectateurs pour une prix somme toute modique. Si l’on met de côté la pancarte « attention message ! », il reste pourtant un spectacle assez plaisant, porté à bout de bras par l’excellent José Garcia, et dont le scénario plutôt original a seulement le défaut d’être trop répétitif. Malgré tout, on ne passe pas très loin de la réussite : il aurait seulement fallu plus de légèreté, un élagage d’une petite demi-heure, un vrai cynisme, non un ersatz. La scène finale donne un aperçu de ce que la production aurait pu être : un regard froid jeté sur les comportements meurtriers de ceux qui réussissent, et sur l’infranchissable barrière entre ceux qui sont « dedans » et ceux qui restent « dehors ». Une autre fois peut-être ?