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Niko0982
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4,0
Publiée le 25 février 2008
C'était un pari très risqué et un film à mon avis très difficile à faire. Mais Abel Ferrara s'en tire vraiment bien car il arrive à nous faire ressentir la même chose que ce réalisateur confronté à son oeuvre sur la religion. Bref, c'est une réussite.
Abel Ferrara fait tout létalage de sa grande intelligence de cinéaste, car en confrontant sa propre condition de cinéaste aux difficultés de retranscrire dans la pellicule le mystique, il se dédouane habilement. Il est bien difficile en effet de critiquer véritablement son uvre à la lumière du contenu de celle-ci. Car il filme un film religieux dans son élaboration : "Ceci est mon sang". Abel Ferrara sest donc mis à couvert des moindres contestations, ce qui est très fort de sa part, mais nétant pas parfait, cela lui a coûté le prix dun manque de profondeur. Si la critique des cinéastes qui veulent mettre en image le mystique est réussie, les deux autres axes de lectures que sont la foi et la raison manquent cruellement de traitement.
Abel Ferrara signe, ici, un film sombre et désespérament pessimiste, à la croisée du film initiatique, de la satire sociale et du documentaire. Le rythme est lent, l'intrigue n'avance pas, les plans s'éternisent et les acteurs font de très longues pauses dans leurs dialogues. Mais cette lenteur caractéristique des films d'Abel Ferrara est le reflet de l'état d'esprit des personnages qui sont seuls et qui doutent. Elizabeth se sent abandonnée par son mari, Theodore Younger (le protagoniste ), qui passe ses soirées chez sa maîtresse. Lui est confronté aux remords que cette relation clandestine engendre et le bébé doit lutter contre la maladie. Mais la pauvreté de l'intrigue est voulue car on ne sait pas où elle veut nous mener de même que les personnages ignorent ce qu'ils vont devenir. D'ailleurs tout le long du film, ils sont plongés dans l'obscurité comme s'il étaint pris dans un tunnel dont ils ne verraient pas le bout. Ce film est aussi une reflexion sur la religion : l'émission sert de prétexte pour l'intervention de vrais théologiens. Cependant, à aucun moment, Abel Ferrara ne prend position par rapport à la question de l'existence du Christ. D'ailleurs, à travers le personnage du réalisateur dont l'égo est tel qu'il s'auto-proclame comme étant le plus à même d'interpréter Jésus, il critique ouvertement ceux qui traite le sujet sans s'être posée les bonnes questions. La référence à Mel Gibson et à son film (la Passion du Christ)qui a fait scandale est évidente. Bref, Mary est un film interressant car il amène le spectateur à se poser des questions sans rien lui affirmer.
Dernier film en date de Abel Ferrara qui se voit comme une réponse à la Passion Du Christ de Mel Gibson, Mary est un film compliqué sur une quête de spiritualité à travers trois personnages foncièrement différents : un réalisateur mégalo bon dans son art et mauvais dans la vie, une actrice bouleversée par son dernier rôle qui décide de rester vivre à Jérusalem et un présentateur dune émission religieuse confrontée à une vie difficile et à sa propre foi. Loin de la violence urbaine qui lui est chère, Abel Ferrara met en scène Mary avec une humanité rare en mettant une distance certaine avec toutes les bondieuseries habituelles. Film à lambiance fortement marquée (la musique est assez puissante), cette uvre à la fois belle et subversive dans le fond touche grâce au talent monstrueux de Juliette Binoche, Matthew Modine et surtout de Forest Whitaker qui sont comme touchés par la grâce divine dun Abel Ferrara retrouvé.
Comme souvent chez Ferrara ce film n'est pas des plus facile d'accès. Mieux vaut avoir déjà connaissance de l'oeuvre passée du Monsieur avant de regarder Mary car les thêmes ici abordés sont récuurents dans sa filmo: foi, rédemption etc... C'est un film difficile car l'action passe un peu au second plan pour privilégier l'introspection et le questionnement intérieur des personnages, des thêmes forcément moins évident à mettre en image. Comme toujours chez Ferrara la distribution est excellente. A mon avis ce cru n'égale pas Bad Lieutenant et The Blackout mais il n'en demeure cependant pas moins intéressant.
Ce film est d'un ennui... La seule chose que peut évoquer ce film est l'ennui. Je ne vois pas du tout où Abel Ferrera a voulu en venir en faisant ce film. Heureusement qu'il ne dure que 1h25... Car là on est déjà à la limite du calvaire. Comme quoi les voies du seigneur sont impénétrables...
Abel Ferrara réalise un film religieux qui commence mal et fini bien point de vue réalisation. Pourquoi ? Par la présence de Juliette Binoche, plutôt insupportable dans un trip religieux que seule elle comprend. Mais très vite, le film va prendre un point de vue différent, une sorte de seconde chance. Les apparitions de Forest Whitaker sont remarquables et sont loin de laisser le spectateur indifférant. C'est la force du film. En partant d'un sujet fragile, la remise en question de la chrétienté vue par les différentes religions, Abel Ferrara réalise ce que l'on pouvait attendre de mieux. Pas de point de vue, pas de prise de position, c'était la meilleure route à prendre. La religion est un sujet très riche au cinéma, mais souvent difficile à utiliser. La Passion du Christ, de Mel Gibson, était proche de l'antisémitisme. Mary est l'inverse. Presque un message d'espoir, à quelques dialogues et scènes prêt. Et, même si le film possède un goût d'inachevé, il intéresse le spectateur moyen, et c'est une force.
Etrange film que le nouveau Ferrara qui malgré ses indéniables qualités artistiques manque de souffle,on peut reprocher aussi au réalisateur de donner trop dans le mysticisme mais ce serait aussi d'une certaine façon se moquer de l'ensemble de l'oeuvre du réalisateur qui a toujours ancré dans son oeuvre des éléments capitaux liés à la religion, le film soulève des questions interessantes,trouble un peu les esprits aussi mais pêche de par son manque de rythme, les sequences s'articulent mal, la narration semble décousu presque brouillone, les acteurs sont tantôt surprenants d'intensité, tantôt perdu dans des propos auquels ils n'arrivent pas semble t'il à croire, mais Ferrara rattrape le coche en quelques plans sublimes sur New York en pleine nuit, mais aussi dans sa manière de filmer Juliette Binoche, totalement transfigurée, et l'ambiance parfois poisseuse du film rappelle le Ferrara de la grande époque,en bref si vous êtes en quête mystique de vous même ou d'un autre au dela de la réalité,le film risque de vous passioner, si par contre vous ne portez aucun interêt à la religion, le film risque de beaucoup vous ennuyer,néanmoins rien que son aspect purement formel et esthétique est fascinant et flamboyant.
Très bon film de Ferrara sur Dieu, une très bonne histoire ou l'on découvre comment trois destins différent s'attache à Dieu. Abel Ferrara signe un très bon film sur les évangiles. Abel Ferrar arrive enfin où il voulait arriver car l'on voit que la religion est prèsente dans China Girl et Bad lieutenant. Ferrara revient avec un film époustouflant.
Le film a le mérite d'être assez ambitieux dans son sujet, de l'aborder sous un angle inhabituel et d'éviter la plupart des écueils que présente ce thème. Malheureusement le résultat semble assez confus et superficiel.
Abel Ferrara, après de longues années d'errance artistique, nous revient avec un film très inspiré. Il semble en avoir fini avec ses autocitations irritantes, lui dont les films étaient devenus des caricatures du "style Abel Ferrara". Son "Mary" est un superbe film, à la fois expérience sensorielle et intellectuelle. Il montre tout d'abord l'influence que peut avoir le cinéma sur la vie des réalisateurs et des acteurs par une adroite mise en abîme. Mais il traite surtout du thème qui lui tient le plus à coeur : la religion. Même si son amour de Dieu résonne dans chaque plan de ce film, il en parle de manière intéressante. Ainsi, il ne se présente à aucun moment comme un porte-drapeau. Il oppose dans le film toutes les formes de violences y compris religieuses au véritable sentiment religieux qui est basé sur l'Amour de son prochain et de Dieu. Il parvient à nous faire ressentir le chaos de notre monde par une mise en scène favorisant les ruptures de ton et par une ambiance musicale très lourde. On a parfois l'impression que l'apocalypse va bientôt arriver. Le film se conclue pourtant sur des plans apaisants de Juliette Binoche. Aucune réponse ne nous est donnée et le cinéaste semble dire que chacun trouvera un jour la paix en lui-même. Entre ombres et Lumière, le nouveau Ferrara n'est pas un film facile, mais le cinéaste nous prouve ici qu'il n'est pas un simple provocateur, mais aussi un artiste exigeant. Brillant.
Il aurait été étonnant que Ferrara ne s'attaque pas un jour à la question du Christ. Ca n'est pas pour rien que Modine ressemble par moments bigrement à Mel Gibson ni que Ferrara cite explicitement Scorsese dans son film. Trois histoires s'entremêlent intelligemment : celle de Marie, l'actrice qui n'a pu revenir à la vie ordinaire après avoir incarné Marie-Madeleine, celle de Tony, le réalisateur qui n'a rien perdu de son ego et son amour pour l'argent et celle de Theodore ("cadeau de Dieu") pris entre la vie ordinaire de la chair et du succès professionnel et celle plus exigeante de la paternité et de la fidélite. On peut ne pas aimer le caractère grandiloquent des personnages et des situations, on peut aussi se dire qu'ils correspondent en fait à une réalité. Le parti-pris fonctionne bien et introduit une réflexion sur des questions évidemment fondamentales mais qui renvoient Ferrara à sa génération. On surfe aussi sur la vague Da Vinci Code avec la question du rôle de Marie-Madeleine auprès de Jésus. Mais au final ce tissage de questions et de personnages est un bon moment de cinéma avec un renouvellement salutaire du coté de Ferrara. Le rapprochement avec la situation israélienne me semble en revanche forcer le trait inutilement. A l'instar d'Huppert qui joue des rôles de plus en plus pervers depuis quelques années, Binoche avec Caché et Mary joue dans un registre beaucoup plus sombre et exalté qu'auparavant. Evolution personnelle ou air du temps ?
Ferrara profite de l'evangile apocryphe de Mary Madeleine pour nous livrer un troublant objet sur la foi. Magnifiquement interprété, envoutant, Mary déroutera certains par son absence de scénario et son caractère relativement personnel. Un véritable ovni, difficile d'accès, qui marque le grand retour de l'iconoclaste new-yorkais.
Enfin un film qui m'a passionné, et tourneboulé, cette année. Deux personnages principaux jamais ensemble à l'écran, unis par un lien mystérieux... c'est aussi ça, la magie, le miracle, du cinéma. Peu importe le côté un peu "new age" et fumeux du film , il recèle beaucoup de moments très beaux. Il continuera de vous travailler après la projection.