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Un visiteur
0,5
Publiée le 29 septembre 2006
Mon dieu, pardonne lui, il ne sait pas ce qu'il fait... Ce film n'a aucun intérêt sauf pour ceux qui ne connaissent pas les écrits apocryphes ou ceux qui adorent la lecture des commentaires de JY LELOUP, pour la première fois à l'écran. Non, mais c'est quoi ce machin de série Z? Quand je pense que le synopsis, quelques crititques aussi, laissaient à penser que c'était sublimement spirituel... C'est un scénario qui tiendrait sur un prospectus de secte... Des acteurs qui sont obligés de le jouer et ne sont pas du tout convaincants... Et ça fait du crypto-réalisateur-qui-ose-s'attaquer à la religion aux Etats Unis et que le premier amendement ne protège pas alors qu'il le drevrait... Un film en toc... ou en T.O.C....
Encensé par la critique, ce film déçoit au plus haut point, et sur tous les plans : scenario (brouillon, faussement inspiré de religiosité à la sauce superficialo-médiatique, historiettes s'entrecroisant vaguement, personnages sans profondeur), interprétation (béatitude niaise de Binoche, repentir plein de pathos pour Whitaker, morgue débile pour le troisième), réalisation (aaah les mouvements de caméra et les gros soulignages à la musique mélo pour combler le manque d'inspiration du réalisateur...). Bref, j'ai eu beau chercher, rien n'a trouvé grâce à mes yeux dans ce film boursouflé qui se prend tant au sérieux... Affreuse déception !
On en sort perplexe et peut-être aussi dérangé. Certains diront que c'est tant mieux, puisqu'il ne laisse pas indifférent, mais personnellement j'ai trouvé ce film trop religieux, et manque de poésie d'image, de réalisation... On dirait "Jesus of Nazareth". Et le lien entre les 3 petites histoires est assez absurde... Heureusement que la Binoche est là, pour la regarder avec bonheur!
C'est une bien étrange impression que nous laisse le dernier Ferrara. Après quelques minutes de flou qui laissent attendre un film pseudo intellectuel, c'est finalement une narration rectiligne et relativement simpliste qui se dévoile. Qu'en penser? C'est difficile à dire. Evidemment, on n'aura pas d'éléments de réponse sur la culpabilité des Juifs concernant la crucifiction; mais franchement, qui peut encore en attendre une, de réponse, alors que 2000 ans d'histoire ne nous l'on toujours pas donnée? Il est vrai que l'interprétation de Binoche est particulièrement épurée, mais c'est là une manière plutôt habile de montrer comment elle prend la tangente plutôt que d'essayer de l'expliquer au risque (quasi certain) de tomber dans le pesant et l'incompréhensible. Non, la palme revient à Modine, qui passe clairement pour l'abruti de service, ce qui n'est pas le rôle le plus évident à tenir: il mérite dès lors d'être félicité. Quant à Whitaker, c'est peut être le centre de gravité du film, le point qui permet de réaliser l'équilibre entre les personnages interprétés par Binoche et Modine. Finalement, c'est un film relativement simple sur le plan narratif, qui n'essaie pas de donner de réponse (dieu soit loué!), mais qui laisse en suspense pas mal de questions, notamment sur le rôle de l'image (la mise en abyme est à ce titre très judicieuse): à vous de trouver les réponses!
L'évangile selon Saint-Abel. Si la religion a toujours imprégné les uvres du petit père Ferrara, il met cette fois-ci carrément les pieds dans le plat. En réaction au film de catholixploitation de Mel Gibson (auquel il est fait grossièrement allusion sans être explicitement nommé, contrairement à Scorcese), le cinéaste propose sa vision des évangiles, entre le tournage d'un film sur la vie de Jésus et une émission de télé sur la foi, dont les acteurs prennent en pleine face la mesure du sujet qu'ils traitent (qui aura une épiphanie, qui apprendra à ses dépens qu'on n'exploite pas le Christ impunément...). Une démonstration lourdingue au possible, assez rébarbative (seule l'attente du sort réservé aux protagonistes tient en éveil, ce qui rend une deuxième vision inenvisageable) et qui manque étonnament de recul.
Mais pourquoi voulez-vous qu'un cinéaste ait une opinion définitive sur le rôle des Juifs par rapport au Christ, ou même une opinion sur le cinéma? Un cinéaste n'est pas un sociologue ou un philosophe! Souvenons-nous de la phrase de Truffaut : "Je ne veux rien dire, je veux montrer." Est-ce que les films les plus beaux ne sont pas ceux qui se cherchent, qui doutent, qui préfèrent les questions aux réponses, qui n'assènent pas des vérités?... Alors, oui, Whitaker est un peu trop; il y a des longueurs; tout n'est pas réussi dans Mary. Mais je loue ce petit film-work-in-progress, émouvant parce que totalement sincère et modeste (oui, modeste, j'insiste!). La ville est filmée de façon très amoureuse, ainsi que Binoche, que je n'aime pas d'habitude, et qui évite enfin les yeux mouillés et la gueule d'enfant. Et puis enfin, quoi, ça remue quelques neurones, non, ce film?
Abel Ferrara revisite le mythe de Marie-Madeleine à travers un film bouleversant sur la foi des hommes. Choc à la dernière Mostra de Venise où il a été couronné par le Prix spécial du jury, le nouveau long-métrage inspiré d'Abel Ferrara raconte comment une actrice engagée pour jouer le role de Marie-Madeleine reste imprégnée par son personnage et décide de tout quitter pour s'installer à Jérusalem. A New-York, Ted Younger (splendide et magistral Forest Whitaker), célèbre journaliste anime une émission de télévision sur la foi et trompe sa femme enceinte. Younger remettra en question son absence de convictions. Abel Ferrara soulève la question des hommes élevés dans la religion catholique qui empèche les individus de réfléchir par eux-memes et à trouver les réponses dans les Evangiles. Abel Ferrara signe une quête spirituelle renforcée par la présence quasi-mystique, donc inaccessible du personnage de Marie-Madeleine, incarnée par une étonnante Juliette Binoche. Ferrara se penche sur le pardon, la rédemption ainsi que sur la controverse de parler de ce theme au cinéma (référence présente de la Dernière tentation du Christ de Scorsese ou de The Passion de mel Gibson) où le personnage incarné par l'excellent Matthew Modine part en croisade pour la liberté d'expression. On peut penser à un alter-égo du réalisateur lui-meme qui fait par ailleurs une "apparition" subliminale. Ferrara filme caméra à l'épaule donnant une densité et une intensité aux images, rend New-York vertigineux et le montage est très réussi bien que les propos d'experts en théologie cassent un peu le rythme. Toujours est-il que Mary est un film déstabilisant, prenant, intéressant et surtout excellement réalisé et interprété.
Comment la vie d'un présentateur vedette de TV va être chamboulée par : un film, la religion, une actrice qui s'associe à Marie-Madeleine, Apôtre de Jésus. Formidable mise en scène d'acteurs hyper impressionnants. Montage des plus intéressants qui sert à merveille les sentiments des personnages ; mélange archives/film percutant. Beaucoup d'émotions pendant ce film puissant!
Le film qui mêle une histoire à 3 niveaux dont les liens senchevêtrent, va en crescendo dans la dramaturgie. Chacun sera amené a faire face de son point de vue à la foi et chacun y répondra à sa manière : la grâce pour lactrice, la rédemption pour lanimateur et le questionnement pour lartiste. Le personnage le plus émouvant reste Forest Withaker de par la situation quil a à surmonter et linterprétation de cet acteur qui sublime ses rôles. On sent que Ferrara est traversé par des idées contradictoires, sa mise en scène nous le montre : la majorité des scènes se passent la nuit ou dans la pénombre mais la lumière quil installe est intérieure. Le réalisateur à partir du rôle de Marie soulève le débat sur lexistence de Dieu, sur la rédemption, sur la position de lartiste. Pour la première fois, Ferrara arrive à me toucher dans des scènes intimistes mettant en jeu un questionnement sur la croyance.
On s'interroge à la fin du film. On ne reste pas indifférent à cette nouvelle approche de la religion. Pas de parti pris, le film laisse une grande liberté de pensée.