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    Eros + Massacre
    note moyenne
    3,2
    30 notes dont 12 critiques
    répartition des 12 critiques par note
    5 critiques
    1 critique
    1 critique
    2 critiques
    0 critique
    3 critiques
    Votre avis sur Eros + Massacre ?

    12 critiques spectateurs

    Plume231
    Plume231

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    2,0
    Publiée le 26 juillet 2014
    De Yoshishige Yoshida, j'ai juste vu "Histoire écrite sur l’eau" mais cette oeuvre, excellente, m'a amplement suffit pour me faire comprendre que j'avais affaire à un cinéaste très ambitieux artistiquement et à un technicien hors pair. Donc c'est confiant que j'ai foncé, un peu inconsciemment, sur "Eros + Massacre", mastodonte de trois heures et trente-six minutes qui raconte la vie de l'anarchiste japonais Sakae Ōsugi, chantre de l'amour libre et de l'égalité des sexes, assassiné par la police militaire pendant la confusion qui a suivi le terrible tremblement de terre du Kantō en 1923 avec sa maîtresse et son neveu tout en nous plongeant parfois dans l'époque contemporaine avec deux étudiants qui appliquent les idées d'Ōsugi. Bon l'influence de la "Nouvelle Vague" française se fait sérieusement sentir, surtout l'influence godardienne, tout au long du film. Donc on ne peut pas reprocher à ce biopic d'être conventionnel. On peut même lui reprocher d'être franchement hermétique, trop hermétique... On a le droit à un exercice de style, brillant pour sa technique mais je vais y revenir plus tard, qui tourne vite à vide. La seconde partie qui tourne pendant je-ne-sais-pas-combien-de-temps sur la tentative d'assassinat sur la personne de l'anarchiste par une de ses maîtresses est même limite insupportable. On voit sérieusement passer la durée du film. Reste un petit lot de consolation à savoir une maîtrise technique magistrale, où le réalisateur se permet toutes les audaces et toutes les originalités, où le noir et blanc volontiers saturé parvient à créer un climat irréel voir atemporel. Une merveille absolue... à ce niveau-là on est bluffé, mais pour le reste on s'emmerde très vite.
    Jason_The_Butcher
    Jason_The_Butcher

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    5,0
    Publiée le 29 avril 2008
    Eros + Massacre, c'est d'abord une hymne à la mort, et ensuite une leçon pour maltraiter le spectateur de cinéma. Certains aiment être confortés par des films convenables et convenus, d'autres chercheront automatiquement le renouvellement sensationnel dans les films. Eros + Massacre répond à ce critère et sort de tous les contextes proposés : le long-métrage de Yoshida n'est comparable à rien de ce qui a pu être vu auparavant (et certainement pas à la nouvelle vague française, beaucoup plus sobre finalement, moins poussée et moins engagée). Alors, oui, le film est très long ; oui, c'est assez difficile de suivre le propos de bout en bout, notamment avec ce montage parallèle constant et ces inter-relations entre les narrateurs et l'intrigue narrée, mais on s'y fait, et un film, ce n'est pas qu'une histoire, c'est une ambiance, c'est un provocateur d'émotions. Et c'est en ça qu'Eros + Massacre est sublime, dans le sens ou personne ne peut rester insensible à des cadrages soignés mais décadrés qui laissent apparaître le plus souvent uniquement les têtes des personnages, à ces lumières qui font croire parfois que le film est en noir et blanc sans nuances de gris, et à ces dialogues qui ne s'arrêtent pas et qui sortent du langage courant pour que la profondeur de ceux-ci nous détachent totalement des personnages. Cette distanciation est unique, car les propos tenus sont carrément philosophiques, à la limite de l'abstraction, et prononcés si naturellement par des acteurs si sobres qu'on finit par en être retournés et à ne plus savoir qu'en penser. C'est aussi par le fait que les deux diégèses s'entremêlent que le malaise apparaît. Quand deux époques distinctes se rejoignent dans un contexte tout autre, on ne sait plus qui sert à quoi, et pourquoi font-ils ce qu'ils font. Alors, les habitués des films formatés, avec une intrigue linéaire absolument bancale, ne trouveront certes, pas leur compte : mais doté d'un cerveau et d'une paire d'yeux, on est sous le choc.
    Maqroll
    Maqroll

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    4,5
    Publiée le 17 juillet 2011
    Un film culte du cinéma japonais et du cinéma tout court, une œuvre monumentale sur la Révolution et la sexualité, comme son nom l’indique, à travers la vie et les amours d’un révolutionnaire japonais, Sakae Ôsugi, poignardé par une militante des droits des femmes et finalement assassiné quelques années plus tard en compagnie de sa dernière épouse. Des dialogues choc en forme de sentences inexorables sur le monde, des images fortes qui traduisent le chaos de l’humanité en désarroi, au bord du gouffre permanent de son essence et de son devenir. Un film inspiré de toute évidence par la Nouvelle vague française, moitié Godard moitié Resnais, un film lent, comme une procession de souvenirs, où le présent vient à la rencontre du passé dans une collision dramatique aboutissant au suicide de l’auteur (enfin, de son représentant) dans une symbolique cinématographique qui vient démontrer par l’absurde que la pellicule, support de l’image, est plus opérante que le couteau. Des vies se croisent, des vies de femmes et d’hommes qui errent à la recherche d’un temps perdu qui ne sera jamais retrouvé et dont l’unique objectif, la plus grande jouissance, sera finalement et bien évidemment la mort. Une œuvre à voir pour son poids historique et sa puissance de réflexion, à contempler comme un tableau vivant où les générations se reflètent comme dans un miroir boueux…
    Yoloyouraz
    Yoloyouraz

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    0,5
    Publiée le 14 avril 2008
    Soporifique, tellement long.
    JR Les Iffs
    JR Les Iffs

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    5,0
    Publiée le 24 janvier 2016
    Grand et beau film de Yoshida. Film en 2 parties (plus de 3 heures). Une bonne connaissance du Japon contemporain est nécessaire pour apprécier pleinement les dialogues, bien que certaines séquences et certains thèmes sont universels : la violence politique, la révolution, la liberté dans le couple, le militantisme. C'est un film d'intellectuel qui pose et se pose les bonnes questions. Revoir le film pour l'aspect politique et philosophique. Par contre, le film est un chef d'oeuvre par sa réalisation technique, sa beauté picturale, sa mise en scène très recherchée et justifiée, également aussi par ses acteurs et actrices. Un film bien dans l'esprit des pseudo-révolutionnaires de 1968, mais ici transposé esthétiquement (ordre bourgeois non récusé par le cinéaste, mais récusé par Godard et autres). C'est un film de grande valeur esthétique et historique.
    Anaxagore
    Anaxagore

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    5,0
    Publiée le 6 décembre 2008
    «Eros + Massacre» (1969) de Yoshida peut légitimement agacer son spectateur! Le maître à penser de la nouvelle vague japonaise n'y échappe en effet pas tout à fait au piège de la rhétorique idéologique. Évoquant la vie de Sakae Osugi, anarchiste du début du XXème siècle qui militait contre la structure patriarcale de l'empire du Soleil Levant et pour l'amour libre, le réalisateur ne peut s'empêcher de placer çà et là, sur les lèvres de ses personnages, des développements doctrinaux assez lourds. Et, à moins d'être soi-même un anarchiste libertaire convaincu, il ne va pas de soi qu'on doive y trouver occasion de réjouissances sans limites. Pour tout dire, il peut même se faire qu'on en ressorte tout simplement exaspéré! Ceci étant acquis, il serait fort dommageable de passer à côté de ce film pour cette seule raison. Car celui-ci peut aussi éblouir son spectateur, tant par la richesse et la complexité uniques de sa réalisation que par sa beauté plastique suffocante. Il y a d'abord le montage parallèle de deux évocations. En effet, en contrepoint de l'histoire d'Osugi, nous est racontée l'histoire d'une jeune étudiante, Eiko Sokutai, qui s'intéresse précisément à la vie de l'anarchiste. En sorte que celle-ci nous apparaît davantage fantasmée par Eiko que véritablement racontée. Il y a ensuite le télescopage des deux temporalités, Yoshida se refusant à toute reconstitution historique en transposant la vie d'Osugi dans le temps propre d'Eiko, laquelle peut ainsi interviewer Noé Itô, l'une des femmes de l'anarchiste. Enfin, un peu comme dans «Rashomon» de Kurosawa, le réalisateur nous présente diverses versions d'un même événement (la tentative d'assassinat d'Osugi), posant là le problème de l'objectivité historique. Si on ajoute que l'ensemble est coulé dans des images d'une beauté plastique étourdissante, digne des films précédents du réalisateur, on comprendra qu'on puisse juger le film incontournable!
    benoitparis
    benoitparis

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    3,0
    Publiée le 14 juillet 2010
    La photo et la mise en scène sont magnifiques. La problématisation et l’actualisation de l’Histoire finissent par prendre petit à petit. Certaines séquences, surtout contemporaines, tombent tout de même dans le jeu vain ou prétentieux. C’est d’autant plus handicapant que le film est long…
    stebbins
    stebbins

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    0,5
    Publiée le 5 avril 2008
    Non. Absolument : non. Au risque de passer pour un ignorant, je ne peux que décrier ce film proprement insupportable. OK, la lumière est jolie et les acteurs s'en sortent plutôt bien...mais ici, on frise le génie en matière d'ennui ( à mon sens, rien n'est pire que l'ennui au cinéma, même si je ne dois pas être le seul à penser cela ) ! Kiju Yoshida s'inspire indéniablement de la Nouvelle Vague française ( on pense à Godard et à Resnais, notamment dans l'utilisation de la musique et du son, mais aussi dans la manière de filmer les corps nus ), mais son film s'apparente à un interminable pensum. Dialogues à outrance, cadrages affreux et musique mélodramatique sont les défauts principaux de Eros + Massacre. Le scénario incompréhensible finit de nous achever ( au moins, Kiju Yoshida ne nous prend pas pour un imbécile...C'est la moindre des choses ). C'est peut-être du bon cinéma, mais j'y suis hermétique ! L'un des longs métrages les plus chiants qu'il m'ait été donnée de voir. Le cinéma japonais n'est décidemment pas ma tasse de thé...
    Flavien Poncet
    Flavien Poncet

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    5,0
    Publiée le 7 mai 2008
    Quand l’ordre du monde se renverse, semble ne s’ouvrir pour seule issue qu’un néant chaotique. Ainsi Kijû Yoshida redonne à voir la légende d’Eros et Thanatos dans «Erosu purasu Gyakusatsu» (Japon, 1969). Au fil de la contestation que le monde continue de mener en 69, Yoshida réalise une ode à l’anarchisme, invente un espace entre le passé et le présent et crée un terrain intangible entre l’écran et le spectateur où se joue toute la crise du film. Se situant au cœur de la filmographie de Yoshida, l’œuvre entière du cinéaste semble pourtant converger vers ce seul film. Sommet de son art, derrière une tendance contestataire, le film se fait d’un morcellement des esprits et des corps, certainement inspiré par Resnais, et dégage l’atmosphère d’une crise, d’un éboulement sur le terreau de la jeunesse. Le regard porté sur la blessure des êtres, Yoshida instille la saisissante énergie du film au sein même du processus cinématographique. La réussite ne se situe pas tant dans la plasticité iconique ni davantage dans l’interprétation qu’en offre le spectateur, elle tire son origine de l’interrelation qui lie l’écran et le regard. L’incandescence qui naît de l’audace frénétique des jeunes et du désespoir étouffé des révolutionnaires japonais soufflent sur l’expérience du film une curieuse hypnose hédonique. Entre l’amour que l’on peut porter au film et l’inconscience à vouloir s’abandonner à lui, Yoshida réussit l’incarnation insensée d’Eros et Thanatos dans le rapport même du film au spectateur. Chaos et démesure dégagent une douce ambiance dont l’évanescence perpétrée confère à l’œuvre la chaleur d’une rage. Les images sont imperméables aux idées du regard-spectateur. Dans la mélancolie de l’incommunicabilité qui a saisi Antonioni, et Yoshida, le cinéma se doit d’affronter la surface pour mieux percer le fond. C’est en surface, entre l’écran et l’esprit que se joue les accords métalliques d’une jeunesse qui gueule d’amour jusqu’à en mourir, au nom du passé et du présent.
    CineRepertoire.free.fr
    CineRepertoire.free.fr

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    2,5
    Publiée le 28 juin 2013
    Une intrigue complexe, entre passé et présent, réalité et fantasme, Éros et Thanatos. Avec des réflexions caractéristiques de la fin des années 1960 : théories sociales, philosophiques et amoureuses, évocations d'une révolution sexuelle. Yoshida est un fer de lance de la Nouvelle Vague japonaise. On pourrait rapprocher Éros + Massacre de certaines oeuvres de Godard ou d'Eustache. Certes intéressant, ce film-concept n'en est pas moins difficile d'accès, abstrait et vraiment très long (2 h 40). Dommage, car sur la forme, c'est assez exceptionnel : cadrage, lumière... La création plastique est originale et fascinante.
    Georges F
    Georges F

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    0,5
    Publiée le 6 avril 2008
    film abscons, à la limite du supportable pour ce qui est de l'ennui; pour les spectateurs qui, par hasard, ne parleraient pas couramment le japonais, ils auront quelque difficulté à lire le sous titrage en blanc sur fond blanc... il y a sans doute beaucoup de symbolique dans ce film mais Dieu, qu'il est ennuyeux; maintenant pour ceux qui veulent absolument décrypter: bon courage! mais on vous aura prévenus.
    g.lauras
    g.lauras

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    5,0
    Publiée le 8 juin 2007
    C'est avec "Eros + Massacre" que Kiju Yoshida réalise son grand oeuvre. Dans un noir et blanc somptueux, Yoshida nous plonge dans l'histoire de ce révolutionnaire trahi par ses femmes. Mais il nous conte l'histoire de manière très libre, usant de cadrages déroutants, de références mystèrieuses. Le film est comme un sublime poème mélangeant pure fiction (la reconstitution historique) et vision quasi documentaire (les personnages contemporains, double du spectateur, découvrant eux aussi cette histoire et se faisant peu à peu contaminer par elle). L'audace formelle du film est quand même à replacer dans le contexte de l'époque de la nouvelle vague japonaise où s'illustrèrent eux aussi pour leur audace de ton et de forme des cinéastes tels que Nagisa Oshima (avec "La Pendaison" ou "La Cérémonie" par exemple), Shoei Immamura ("Désir Meurtrier", "L'évaporation de l'homme", etc...), Hiroshi Teshigahara ("La femme des sables"), Susumu Hani ("Premier amour, version infernal") ou encore Masahiro Shinoda ("Double Suicide" ou "L'Assasinat"). Mais Yoshida brille d'une aura particulière. Peut-être parce qu'il n'a pas bénéficié de la médiatisation des autres cinéastes et qu'il est l'un des principaux penseur et critique du mouvement. "Eros + Massacre" est une oeuvre inclassable, peut diffusée et qui brille de l'éclat magique des films rares...
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