calamarboiteux
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3 - Pas mal
Iago, officier fourbe et intrigant de la flotte vénitienne, déçu de voir le général Othello lui préférer Cassio comme lieutenant, lui fait croire que sa femme est l’amante de celui-ci.
Il faut considérer le texte et la mise en scène séparément. La pièce de Shakespeare est peu enthousiasmante : la distillation du poison de la jalousie en est l’unique ressort, les machinations de Iago, les réactions d’Othello, celles de Cassio, tout est très naïf ; l’ensemble est plutôt ennuyeux. Il est difficile de juger de la beauté du texte pour quelqu’un dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, mais la prose paraît inégale (Your daughter and the Moor are now making the beast with two backs. - I will play the swan. And die in music.).
A contrario, la mise en scène de Welles est superbe. Noir et blanc contrasté, jeux d’ombre, utilisation remarquable de la ville fortifiée de Mogador (Essaouira), ainsi que des remparts et de la citerne d’El Jadida, toujours au Maroc. Welles lui-même a une stature de commandeur, hiératique, inspiré ou torturé selon les moments. Iago (Michael Mc Liammoir) ne démérite pas, les autres acteurs sont plus ternes. Construction classique, excepté le flash-back initial (une technique très chère à Welles).
Resteront en mémoire les quatre minutes d’ouverture : une saisissante séquence des funérailles, avec ses processions de silhouettes à contre-jour (technique dont s’inspirera Bergman pour « le septième sceau »). Images et musique en parfaite harmonie, pas une parole, une atmosphère dramatique ensorcelante.
Ajoutée le 01 oct. 2010 à 18h08
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