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Un visiteur
1,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le titre du film est assez évocateur mais le contenu décevant à part l'excellent jeu des acteurs, et je parle en connaissance de cause puisque j'ai vécu assez longtemps (jusqu'en 2004)dans ce quartier de Sarcelles ou il fait bon vivre. Ce film aurait du s'intituler "deux soeurs-deux libertés", mais certainement pas la petite jérusalem, car il est tout sauf la représentation de la vie de ce quartier qui est loin d'être noir..., et certainement pas non plus représentatif de la communauté juive de "la petite jérusalem".
Un très beau film autour du destin d'une famille juive de banlieue dans la France d'aujourd'hui. Le style presque documentaire est épatant. Fanny Valette est le clou du film. Elle brule littéralement la pellicule nous faisant même oublier les autres acteurs. Cette fille à definitivement l'étoffe pour devenir une très très grande actrice.
Présenté à Cannes en 2005 dans le cadre de la Semaine de la critique, ce premier long-métrage révèle une réalisatrice et une actrice prometteuses. Laura, 18 ans, vit avec sa mère, sa soeur aînée, le mari et les enfants de sa soeur dans un appartement de Sarcelles, au coeur d'un quartier où s'est installée une importante communauté juive. Laura est étudiante en philosophie et fascinée par l'oeuvre de Kant. Elle s'attache à concilier cet enseignement rationnel avec les règles religieuses et culturelles strictes, appliquées quotidiennement au sein de la famille, du lever au coucher. Laura découvre aussi de nouveaux sentiments et désirs et se sent attirée par un mystérieux voisin exilé d'Algérie. Karin Albou signe donc un premier film sensible, à fleur de peau et porté par de merveilleux comédiens. Fanny Valette est superbe et fait preuve d'un merveilleux talent. Albou démontre de façon quasi-documentaire le choc des traditions et leurs répercussions sur les destinées individuelles, de très beaux et justes portraits de femmes (celui de Laura mais aussi celui celui de Mathilde incarnée par la ravissante Elsa Zylberstein). Karin Albou nous plonge sans préjugés dans un univers et une culture méconnue, perpétuant ses traditions et ses rites. La Petite Jérusalem est une quête, un apprentissage de la liberté, de choisir sa propre voie, d'une belle sensualité (Albou filme les corps féminin avec une infinie tendresse). Karin Albou signe donc un film maîtrisé (on est loin des clichés et poncifs), magistralement interprété et réalisé avec une tendresse et une pudeur peu commune pour une première réalisation.