Il était un père
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    Note moyenne :   3,9 pour 68 notes dont 24 critiques  | 
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    Arthur de Bussy
    Arthur de Bussy

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      5 - Chef d'oeuvre

    Il convient de faire la peau à ce préjugé tenace selon lequel Ozu serait le plus japonais des cinéastes, celui qui incarnerait le plus les valeurs traditionnelles nippones, même s'il est vrai que sa sensibilité est typiquement extrême-orientale. Son sens de la retenue, la prépondérance des thèmes familiaux (surtout filiaux) dans ses films, ces moments « vides » et contemplatifs, son goût pour les plans fixes à ras du sol n'appartiennent qu'à lui, et c'est d'autant plus évident si l'on compare son art à celui de ses compatriotes : jamais un seul n'a suivi une telle conception esthétique du cinématographe. Ozu fut même, aussi étonnant que cela puisse paraître, davantage inspiré par le cinéma américain. C'est donc un artiste bien plus complexe qu'il n'en a l'air, et son cinéma épuré à l'extrême, merveilleusement suggestif, est donc loin d'aller de soi. On pourrait reprocher à « Il Etait Un Père » un apparent consensualisme, accusation que l'on pourrait baser sur ce fameux cliché d'un Ozu « zen » et surtout sur ses conditions de réalisations, marquées par le contexte historique et la censure alors en vigueur. Il est vrai que le scénario de son long métrage a été revu en conséquence. Mais il ne change en rien la sensibilité d'Ozu ou son expression, la preuve : quand ses contemporains réalisaient des films de guerre, il préfère rester dans les thématiques relationnelles, familiales et quotidiennes qui lui sont chères. A ce titre, je ne peux qu'une fois de plus louer le talent de Yasujiro Ozu à sublimer la redondance, la banalité de la vie, ces petits « rien » qui en font toute l'humanité et qui chez lui, à l'inverse de bien d'autres cinéastes, sont chargés de sens. Sans doute est-ce sa façon d'accepter la brièveté de la vie, ou au contraire de se révolter en silence contre le temps qui passe, ce temps qui traverse douloureusement la plupart de ses films... Toujours est-il qu'il n'a pas son pareil pour illustrer avec finesse, justesse et densité les sentiments humains! Chaque image, chaque mot n'en est que plus précieux, tout comme l'est son art. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/

    Ajoutée le 20 mai 2012 à 11h52
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    Plume231
    Plume231

    305 abonnés | Lire ses 2451 critiques |

      4 - Très bien

    Un film aussi paisible qu'une petite étendue d'eau claire sous un beau soleil. Seuls deux morts, deux ondulations, viennent troubler cette tranquillité. Dans les mains de n'importe quel cinéaste, cela aurait donné une oeuvre ennuyeuse, dans les mains de Yasujiro Ozu, cela devient magique. Tout Ozu était déjà dans ce film : réalisation en plans fixes uniquement, relations entre les générations (nettement plus respectueuses que les oeuvres plus tardives du Maître!), rythme lent mais toujours égal, événements a-priori (et uniquement a-priori!) insignifiants et puis Chishū Ryū, l'acteur fétiche, qui trouve peut-être ici son plus grand rôle. Pour résumer, un très très beau film.

    Ajoutée le 28 mars 2011 à 15h51
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    Cartouch-le-vengeur-islandais
    Cartouch-le-vengeur-islandais

    0 abonné | Lire ses 49 critiques |

      4 - Très bien

    Chez Ozu il y a bien sûr une réflexion magnifique sur la famille dans la société moderne, il y a évidemment une mise en scène éclatante de maitrise et d'humanisme, il y a à n'en pas douter une direction d'acteur toute en subtilité, il y a également une écriture parfaite au niveau du récit et des dialogues, mais s'il y a bien une chose qu'il faut retenir de son cinéma c'est l'émotion. Une émotion qui passe simplement par le regard d'un père envers son fils. Bouleversant.

    Ajoutée le 04 nov. 2010 à 01h29
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    Juu-l
    Juu-l

    3 abonnés | Lire ses 93 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Mon premier Ozu... sans doute pas le dernier. Quelle splendeur dans cette poésie; un film pur et créatif. La relation père-fils dans un Japon patriarcal où l'on passe l'honneur avant l'intérêt de soit. "Il était un père" interpose le charme d'une telle relation et la culture japonaise. Dans un Japon qui entre dans l'ère industrielle, les relations s'abiment, le travail nous sépare; la relation s'effrite, ce tord et finit par casser: chacun prend ces distances mais on n'oublie pas qu'un jour on c'est aimé. Des plans fixe long et contemplatif très posés Ozu alterne entre la vision d'un père aveuglé par un honneur perdu et celle d'un fils qui ferait tout pour rester avec son père. « Il était un père », c'est aussi un film vrai qui concerne beaucoup de monde. Personne ne peu contredire les décisions d'un père qu'on aime: on se soumet même si cela va contre notre bien. Ozu pose là un vrai problème faut-il se risquer à blesser un père pour son propre intérêt? Un père qui croit prendre les bonnes décisions, qui nous a éduqué et qui, pour nous, est la raison même, que l'on ne peut pas contredire de part ses nombreuses expériences qu'il nous a lui même raconté. Les nombreux vides sont là pour nous faire réfléchir: les discutions entre le père et le fils sont de plus en plus dénuées de paroles, on se contemple en regardant tout ce temps qui est passé en étant séparé. Mais en attendant on ne profite pas de ces quelques moments de face à face, on se regarde en se disant qu'on peu perdre du temps car il en reste encore. Or à la mort du père, le fils regrette tout ces instants passé à ne rien faire, a rester distant de son père sans profiter de sa présence avec une impression d'un temps que l'on a perdu. Un film qui m'a beaucoup touché et qui restera, pour moi, une fable intemporelle...

    Ajoutée le 15 août 2010 à 23h16
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    Ancien utilisateur
    Ancien utilisateur

      5 - Chef d'oeuvre

    Il convient de faire la peau à ce préjugé tenace selon lequel Ozu serait le plus japonais des cinéastes, celui qui incarnerait le plus les valeurs traditionnelles nippones, même s'il est vrai que sa sensibilité est typiquement extrême-orientale. Son sens de la retenue, la prépondérance des thèmes familiaux (surtout filiaux) dans ses films, ces moments « vides » et contemplatifs, son goût pour les plans fixes à ras du sol n'appartiennent qu'à lui, et c'est d'autant plus évident si l'on compare son art à celui de ses compatriotes : jamais un seul n'a suivi une telle conception esthétique du cinématographe. Ozu fut même, aussi étonnant que cela puisse paraître, davantage inspiré par le cinéma américain. C'est donc un artiste bien plus complexe qu'il n'en a l'air, et son cinéma épuré à l'extrême, merveilleusement suggestif, est donc loin d'aller de soi. On pourrait reprocher à « Il Etait Un Père » un apparent consensualisme, accusation que l'on pourrait baser sur ce fameux cliché d'un Ozu « zen » et surtout sur ses conditions de réalisations, marquées par le contexte historique et la censure alors en vigueur. Il est vrai que le scénario de son long métrage a été revu en conséquence. Mais il ne change en rien la sensibilité d'Ozu ou son expression, la preuve : quand ses contemporains réalisaient des films de guerre, il préfère rester dans les thématiques relationnelles, familiales et quotidiennes qui lui sont chères. A ce titre, je ne peux qu'une fois de plus louer le talent de Yasujiro Ozu à sublimer la redondance, la banalité de la vie, ces petits « rien » qui en font toute l'humanité et qui chez lui, à l'inverse de bien d'autres cinéastes, sont chargés de sens. Sans doute est-ce sa façon d'accepter la brièveté de la vie, ou au contraire de se révolter en silence contre le temps qui passe, ce temps qui traverse douloureusement la plupart de ses films... Toujours est-il qu'il n'a pas son pareil pour illustrer avec finesse, justesse et densité les sentiments humains! Chaque image, chaque mot n'en est que plus précieux, tout comme l'est son art. [4/4]

    Ajoutée le 11 mai 2010 à 19h19
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    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

    181 abonnés | Lire ses 2243 critiques |

      4.5 - Excellent

    Le film que j'aime le moins sur les trois Ozu que j'ai vu, mais est-ce pour autant que je n'ai pas aimé ? non ! Disons que ça m'a rappelé "la confession d'une jeune fille" et "du côté de chez Swan" de Proust, et dieu sait que j'adore Proust, mais disons que j'ai pas forcément eut le déclic que j'ai eut avec les autres films, ça m'a moins parlé parce que peut-être je n'ai pas aimé autant mon père que le garçon du film, qui comme Proust aimait sa mère, ce garçon ferait tout pour être avec son père. J'aimerai en parler un peu plus longuement mais je vais risquer de "spoiler" même s'il n'y a rien à spoiler, mais ça gâcherait la découverte de ce très grand film à ceux qui justement auraient une relation forte avec leurs parents.

    Ajoutée le 14 mars 2010 à 16h01
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    Sebjuicy
    Sebjuicy

    54 abonnés | Lire ses 539 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Un film infiniment profond sur la relation intime qui lie un père et son fils. Certaines scènes sont parmi les plus belles de l'histoire du cinéma. Un chef-d'oeuvre méconnu mais indispensable !

    Ajoutée le 23 mai 2009 à 13h29
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    Spiriel
    Spiriel

    13 abonnés | Lire ses 319 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Film de propagande qui est loin d'y ressembler, Il était un père est très caractéristique du cinéma d'Ozu, bien qu'il soit antérieur à Printemps tardif, considéré comme le tournant de sa carrière. Pas aussi ambitieux et dépouillé que ses chefs d'oeuvre à venir, le film est néanmoins une perle de justesse et d'émotion. Le montage, les ellipses, tout concorde à donner au film un rythme parfait, fluide et harmonieux. S'il n'a pas l'humour redoutable d'autres films d'Ozu, il n'en reste pas moins un modèle de ludisme. La séquence finale est boulversante, authentique éclat de vérité humaine.

    Ajoutée le 21 avr. 2009 à 13h21
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    Anaxagore
    Anaxagore

    49 abonnés | Lire ses 215 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    «Il était un père» (1942) est un film étonnant, voire étrange! Le culte du père, l'insistance constante sur l'esprit de sacrifice et sur le sens du devoir peuvent difficilement ne pas être mis en parallèle avec le culte de l'empereur et la structure patriarcale d'une société japonaise bridée par la censure et engagée dans une guerre impérialiste criminelle. À cet égard, ce film représente tout ce que Yoshida (l'anti-Ozu) exécrera et tentera de déconstruire vingt-cinq ans plus tard! Et pourtant il n'est pas un seul moment où l'on puisse soupçonner Ozu, ou l'un de ses acteurs, de faire obséquieusement le jeu d'une propagande imposée de l'extérieur. La sincérité du réalisateur et de ses acteurs (même si le fils devenu adulte semble en effet un peu fade) ne laisse aucun doute, en sorte que ce film merveilleux se laisse regarder abstraction faite de toute référence au contexte délétère de l'époque. Il est vrai qu'il est sujet de propagande (comme le culte de la volonté amorale chez Riefenstahl ou la haine violente de la classe bourgeoise chez Eisenstein) plus pervers que la valeur intrinsèque du renoncement, du devoir ou de la piété filiale. Je ne nierai pas pour ma part avoir été ému par tant de beauté, de simplicité et d'humilité. Ozu touche à l'universel quand il nous montre ainsi la persistance des liens naturels au-delà du cours inexorable du temps. Et que dire de la réalisation, sinon qu'elle est magnifique? Tout l'art du cinéaste est déjà présent: composition minutieuse et simplicité souveraine du cadre, plans fixes à hauteur de tatami, contemplation humble de la vie quotidienne, sens miraculeux de la respiration cinématographique et de la durée. On regrettera seulement une bande-son qui a horriblement souffert des injures du temps, mais ce sont là considérations d'épicier quand on est face à un tel bijou!

    Ajoutée le 17 nov. 2008 à 16h42
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    peola
    peola

    10 abonnés | Lire ses 7 critiques |

      5 - Chef d'oeuvre

    Un film boulversant, d'une sobriété exemplaire, sur le rapport père-fils, écrit par Ozu 1 an après la disparition de son père et tourné 3 ans plus tard.

    Ajoutée le 23 oct. 2008 à 18h15
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