Ancien utilisateur
2.5 - Moyen
«L'Arc» est un long métrage plutôt mineur dans la riche filmographie de Kim Ki-Duk : son propos est un peu ténu, sa subtilité est toute relative, sa force est moindre face à des «Printemps, Eté, Automne, Hiver... et Printemps» ou «L'Île». Pourtant une fois de plus il fait mouche et réussi à proposer un cinéma complètement original (impossible de prévoir à l'avance ce qui peut arriver, les passages convenus partant immédiatement et systématiquement dans des directions inattendues) et puissamment poétique. Certes on pourra lui reprocher une fois encore d'avoir la patte lourde et le symbolisme facile, néanmoins c'est ce qui fait le charme de son art, une approche sans concession, jusqu'au boutiste et inspirée, quoiqu'on en dise. L'excès est toujours de mise chez lui, comme l'est la retenue. Le résultat est donc un singulier mélange de contemplation et de fulgurances, placées sous le signe de rapports humains improbables et amoraux, mais très touchants. Étonnant comme il arrive à créer pas à pas une oeuvre à la fois intemporelle et complètement dans l'ère du temps, ne serait-ce que visuellement parlant... Nos chers cinéastes nationaux devraient en prendre de la graine : comme quoi il est encore possible de créer aujourd'hui quelque chose de neuf, et qui plus est avec trois fois rien! Bien sûr il faut avoir du talent, mais comme Kim Ki-Duk n'en manque pas c'est toujours un plaisir que d'avoir affaire à lui! Il reste cependant à voir si toute sa filmographie est de la même qualité, on ressent en effet ici et là quelques baisses de régime... Mais en un sens tout artiste crée le même film, la même pièce, la même symphonie tout au long de sa vie, inutile donc de tomber dans les raccourcis hâtifs dont on l'affuble plus que de raison (pourquoi lui plus qu'un autre, telle est la question?). Malgré quelques maladresses, «L'Arc» confirme une fois encore combien Kim Ki-Duk est un auteur passionnant et un cinéaste accompli. [2/4]
Ajoutée le 05 juin à 22h00
Signaler un abus