Nick La Main Chaude !
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2.5 - Moyen
" La Fièvre du samedi soir ": peu de titres se sont à ce point émancipés de leur film pour acquérir leur propre valeur distinctive. Car il ne symbolise pas seuleent l'époque disco et ses boîtes de nuit glamour, mais aussi une mode et un style de vie qui ont connu plusieurs revivals depuis la fin des années 1970. Si ce film qui fit de John Travolta une star alors âgé de 22 ans une star, est aujourd'hui culte, cela ne tient pas seulement à la façon dont les personnages sont habillés, une façon qui a marqué de manière décisive notre conception de la mode à la fin des années 1970, ni à la musique des Bee Gees, mais au fait que depuis l'époque disco, il ne peut plus y avoir de musique pop, au sens strict du terme, qui marche si on ne peut pas danser sur elle. Sinon, " La Fièvre du samedi soir " est avant tout un long-métrage qui raconte l'histoire de jeunes gens dans un environnement socio-culturel très restreint - en cela guère différent des " Mean Streets " de Scorsese.
Ce n'est pas pour rien que dès la première image, on voit les ponts - passerelles entre Brooklyn et Manhattan, ils symbolisent la possibilité de laisser derrière soi une vie coincée entre la tradition et la fuite de la réalité pour construire une existence plus moderne et plus adulte. Tony sait tout sur le pont de Brooklyn, il sait combien de béton et d'acier ont été utilisés pour sa construction. Le pont est un lieu de rêverie mais aussi un lieu de défis pour ces jeunes sortant de l'adolescence, comme cette fois où Tony et ses copains se risquent à des escalades téméraires, une entreprise qui va être fatale pour le timide Bobby. Sa chute dans le vide est en même temps la chute d'une vie qui ne lui a offert aucune autre perspective en dehors du disco, du sexe et de glander dans les rues, et qui n'a pas pu lui proposer une issue quand il a dû affronter la grossesse précoce de sa copine. Finalement, Tony passe le pont. Quant à savoir s'il va réussir à s'imposer à Manhattan, cela reste en suspens.
Le thème du départ pour la grande ville est central dans les film américains. " La Fièvre du samedi soir " le présente d'une façon nuancée, qui ne dissimule pas non plus le côté négatif de ses personnages principaux, et que beaucoup d'autres films semblables plus récents - et aussi la suite " Staying Alive (1983) " - ne montrent plus. Non dénué de défauts, ayant mal vieilli, au même titre que le disco, incroyablement ringardisé, cette oeuvre reste avant tout le film disco des années 1970.
Ajoutée le 14 févr. 2012 à 21h16
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