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Monumental, grandiose, colossal, titanesque, c'est peut-être le plus beau film du cinèma allemand à ranger au même niveau que "Nosferatu le vampire" de F.W Murnau, "Loulou" de G.W Pabst et "Au fil du temps" de Wim Wenders! Avec "Berlin Alexanderplatz", R. W. Fassbinder signe son chef d'oeuvre, le film somme de toute une vie qui a fini par prendre une place prèpondèrante dans la vie du cinèaste allemand! Long, très long, très très long (près de 15h30 de projection mais qui n'occulte cependant en rien la puissance dramatique du mètrage) - c'est une oeuvre admirable à voir absolument dans sa continuitè même si cela nècessite une certaine endurance dont on sort rècompensè! Si, pour ceux qui aiment cette vision très sombre des bas-fonds berlinois, "Berlin Alexanderplatz" a tant de force, c'est qu'il sonne toujours vrai et juste! D'abord parce que Fassbinder a su aller à l'essentiel! Ensuite, et surtout, parce qu'il a su obtenir une interprètation sans faille! Que ce soit l'extraordinaire prèsence de Günter Lamprecht ou celle de la lumineuse Hanna Schygulla, fil conducteur dans la vie de Franz Biberkopf (le personnage principal), en passant par les yeux tristes du diabolique Gottfried John (l'un des premiers rôles nègatifs que l'acteur a jouè) et surtout celle de la grande Barbara Sukowa, complètement magique, fraîche et passionnèe, dans le rôle bouleversant de Mieze (sa première apparition à l'ècran - tout comme la dernière - vous donnera le frisson), c'est avec une belle vèritè et beaucoup de naturel que les comèdiens ont mis leurs talents, leurs tripes et leurs sensibilitès au service de ces destins exemplaires! Chacun de ses personnages joue un drame d'un radicalisme très particulier en se dèbarrassant des moyens d'èchange dont il dispose pour vivre une transfiguration quasi mystique! Mise en scène d'une beautè sidèrante, images cadrèes comme des tableaux (toute la partie dans les bois est un grand moment de cinèma), Fassbinder orchestre un drame superbe qui donne le vertige et tire magistralement du roman de Alfred Döblin la description fascinante et effrayante d'un monde dans lequel il est permis aux petites gens d'èprouver de grands sentiments! Treize èpisodes et un èpilogue qui en laissera plus d'un abasourdi et vidè devant cette vision tragique et fassbinderienne auquel s'ajoute une musique lyrique (et belle à tomber) de Peer Raben! Un èlectrochoc cinèmatographique et un tournant dans ma vie de cinèphage! Danke R.W Fassbinder, vous ètiez et vous resterez à tout jamais un très grand monsieur du cinèma comme l’ètaient Stanley Kubrick, Ingmar Bergman ou Michelangelo Antonioni...
Ajoutée le 12 déc. 2012 à 09h41
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