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J’ai toujours plaisir à revoir ce film choral qui était nouveau dans la filmographie de Lelouch. D’autres suivront dans la même veine comme « Partir Revenir », « Il y a des jours et des Lunes », « La belle histoire » « Itinéraire d’un enfant gâté » ou dernièrement « Ses amours-là ». Si on peut reprocher à Lelouch d’insister sur ce schéma, ou de se répéter, il reste que Lelouch sait raconter des histoires. Elles ne sont pas toujours intéressantes, je l’avoue. Celle-ci est particulièrement émouvante grâce à la voix-off chaude de Francis Huster. La lettre du russe mort (Jorge Donn) sur les champs de bataille est poignante ; de mémoire : « Ceux qui déclarent la guerre n’ont ni attache ni amour ». Il y a ici et là des petites pastilles narrées empreintes de tolérance, d’indulgence, d’humanité, quoi. Lui, attaché à cette guerre de 39-45, lui l’enfant juif peut comprendre qu’une femme s’égare en couchant tantôt avec l’occupant et tantôt avec le libérateur. Lui, l’enfant juif sait faire la distinction entre un simple soldat allemand et un engagé de la gestapo. Il ne les confond pas. L’émotion apparaît pratiquement à chaque scène comme celle où Daniel Olbrychski tient à honorer son concert malgré une salle vide ; comme la scène de la gare où Richard Bohringer et Evelyne Bouix sont seuls de leur côté car personne ne vient les accueillir et Jorge Donn qui savoure un succès lors de son passage à Paris et brandit son téléphone pour faire écouter les applaudissements à sa mère qui ne connaîtra jamais ce bonheur. Et évidemment, le final où une partie des acteurs, générations confondues, est réunie d’une manière ou d’une autre avec ce Boléro de Ravel, chorégraphié par l’immense Maurice Béjart. Justement la musique est l’autre acteur principal, certes, un peu répétitive mais souvent nuancée en fonction du temps qu’elle traverse. Maintenant, on peut reprocher les maquillages approximatifs voire bâclés pour vieillir les personnages comme celui de Nicole Garcia qui me paraît vraiment gâché. Peu importe, le film ne repose pas sur ses effets visuels médiocres. « Les uns et les autres » est un hymne à la tolérance et à l’amour. Une réussite.
Ajoutée le 29 avr. 2012 à 10h02 Signaler un abus
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