Derniers Avis : L'Homme qui en savait trop - Page 2
L'Homme qui en savait trop
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Un visiteur
3,5
Publiée le 3 mai 2019
M est l’homme qui en savait trop, c’est pour ça qu’il passa la frontière suisse, une nation toujours neutre depuis 1935, profitant du moment d’inattention de l’agressif régime allemand floué pour filer en douce et demander droit d’asile à l’anglo-américain. Blague à part, c’est le seul intérêt de cet acteur qui m’a incité à voir ce vieux Alfred Hitchcock dans sa période britannique, le légendaire flegme de gentleman cinéaste délivre une réalisation en noir et blanc, du bon classique quoi. Les vacances rêvés d’un couple pépère et leur fille, font du ski de carte postale au milieu de l’Europe, puis vient la perturbation météo transformée en cauchemar, le kidnapping de cette dernière suite à l’assassinat de l’ami français, un deuxième cadavre de diplomate suivra. J’ai remarqué les situations ridicules dans les scènes, là n’est pas le problème, la censure de l’ancien anglais est un drôle de mécanisme. Des policiers non armés mais se fait livrer par un camion pendant l’assaut contre les ravisseurs, ce détail fut tellement insignifiant pendant la bataille sans merci contre les bandits. Après 1h dépassée d’honoraires en pleine séance rendez-vous chez le dentiste anesthésié, rattrapé par la prestance hilare de Peter Lorre. Il y a foule pour une nouvelle chasse à l’homme, les kidnappeurs sont encerclés et n’échappent au sort réservé à leur sinistre plan machiavélique, une femme qui prend le devant pour conclure afin de sauver sa progéniture face à l’inaction policière trop pensive. L’image dopé d’excentricité jeu passionnel et acteur fétiche du mystique hypnotiseur visionnaire réalisateur germain, Fritz Lang.
Un brouillon d'Hitchcock. Le début est raté (et n'est pas drôle), malgré le charme de Nova Pilbeam, adolescente alors. A l'exception de Peter Lorre, les acteurs manquent de charisme. La scène du concert est assez décevante par rapport à la version de 1956 et la longue et sanglante fusillade de la fin du film (inhabituelle chez Hitchcock) se termine de manière grotesque spoiler: puisqu'un policier refuse de tirer pour ne pas toucher l'enfant ce qui pousse la mère à prendre l'arme et à tuer l'assassin . Une nouvelle fois, la police est ridicule (une obsession du cinéaste). Les quelques traits d'humour ne parviennent pas à sauver le film de l'ennui.
La première version d'Hitchcock, celle de 1934. Bon ça a pris un sacré coup de vieux et le rythme est très lent (embetant pour un film de suspense...). Mais Peter Lore est magnifique de sournoiserie et de sadisme. Un grand rôle pour l'acteur culte de M le maudit
La force de personnalité du visage de Peter Lorre occupe l’ensemble de l’espace de ce film anglais qui sera, vingt-deux ans plus tard, reréalisé aux États-Unis par le même maître du suspense. Il a déjà dirigé une quinzaine de films avant de s’attaquer à cette histoire d’espionnage sur fond de terrorisme et d’enlèvement d’enfant. Au-delà de l’atmosphère angoissante dominant le film, les scènes qui se succèdent engagent le spectateur en un tourbillon claustrophobe dans lequel il s’abandonnera volontiers tant il sait que sur les ailes d’Hitchcock on a toujours peur, mais jamais mal. Enfin, comme il le dit lui-même de cette version 1.0, elle est celle d’un « amateur de talent ».
Si la version de 1956 avec James Stewart est aujourd'hui un des grands classiques de la filmographie d'Hitchcock, on connait moins celle de 1934. Pour ma part, j'aime autant l'une que l'autre. Les deux versions sont aussi différentes qu'elles sont semblables. Même si on connait déjà l'histoire et ses multiples péripéties, on s'y laisse prende et le suspens instauré par Alfred Hitchcock fonctionne toujours aussi bien. Bien entendu, ce long métrage est plus vieux, plus fauché et moins long que son remake mais cela ne gâche en rien notre plaisir. Que vous ayez déjà vu ou nom le film de 1954, je ne peux que vous conseiller de vous penchez sur le film originel.
"L'homme qui en savait trop" raconte comment un couple dont la fille a été enlevée suite à l'assassinat d'un agent secret leur ayant donné un information importante doit choisir entre la mort de la fille ou d'un homme politique. Cela tient clairement la route et aurait pu faire matière à un grand film. Malheureusement, l'intrigue, relativement expédiée, ne suscite pas l'attachement aux personnages et ne donne pas particulièrement envie de s'y intéresser. Hitchcock aurait sans doute gagné à les creuser davantage. Avec un tel potentiel, c'est forcément dommage.
Un film noir de toute beauté, plein de suspens. Je le conseille de tout cœur parmi la très longue liste de film Hitchcockien. Peut-être pas le plus connu du grand public bien que ses œuvres se soient toujours adressées au plus grand nombre. De Baeque explicite assez bien comment se construit l'articulation entre politique des auteurs et cinéma populaire, par ce qu'il appelle le truchement du cinéma de genre. Ceci étant à la fois un fait bien connu des penseurs du cinéma francais et tout autant méconnu du grand public. Comme il nous dit "La source d'une telle méconnaissance peut prendre différentes formes : une conception contemporaine figée de l'auteur conçu en opposition avec le cinéma populaire ; ou de façon plus positive, un intérêt pour le cinéma qui n'intègre pas la question de l'auteur" de façon centrale.
Nous voilà enfin à la ligne de départ d'une suite de film pour Alfred Hitchcock où le mot artiste prend tout son sens. Hitchcock nous donne un scénario très original mêlant drame familial et thriller politique (si l'on peut dire^^). Mais Hitch ne nous le pond pas comme ça, il va s'amuser. Par exemple, rendre son méchant amusant ,et quoi de mieux encore que proposer à Peter Lorre de jouer ce rôle-là pour donner un visage inquiétant au méchant du film. Hitchcock décide de le rendre encore bien pourri en le rendant amusant et drôle. Comment oublier, d'ailleurs, la scène de L'Albert Hall, ,où Peter Lorre écoute la note finale ou plutôt diront nous fatale tout en étant à table. Amusant certes mais surtout cynique donnant plus d'ampleur encore à celui qu'il considère comme héros du film. En parlant de la scène de l'Albert Hall, on ne peut pas critiquer cette scène dont on à l'impression que pendant 2 minutes de prestation on sent que le coup de feu peut venir à tout moment. Hitchcock joue habilement avec nos nerfs. Il nous met à la place de l'héroïne qui avec ses flous, ses gros plans, son montage passant de l'héroïne à la cible, de l'orchestre jusqu'au rideau, permet au spectateur de sentir l'épreuve physique et morale qu'elle est en train de vivre. Autre moment fabuleux, celui de la scène du repas au début du film, où Leslie Banks, Pierre Fresnay et Edna Best s'affrontant dans un triangle amoureux très humoristique.Hitchcock met le spectateur sur une fausse piste pour que l'assassinat du Français ne soit que plus efficace et bascule son film dans une autre dimension.
Juste un conseil ! Regardez ce Hitchcock qui est tout simplement un petit bijou dans la carrière du maitre où les idées sont là, murissent et annonce ses futurs grands classiques.
J'ai un grand bonheur à découvrir la filmographie d'Hitchcock et encore plus quand le DVD respecte les conditions d'époque. Le film est obligatoirement en version original, noir et blanc et on entend avec plaisir la bobine tourner. Ce film, du maître du suspens, tient ses promesses. Jusqu'au bout on se questionne à savoir si le couple Lawrence va parler ou non. Si la raison l'emportera sur la morale. La réalisation est époustouflante, tellement belle et fantaisiste. Je pense notamment à cette scène où Edna Best se met petit à petit à pleurer, et que l'image se brouille, devient flou, de la même manière que lorsqu'on pleure. Quelques jeux avec cette caméra qui nous offre finalement tellement, et reste réaliste comme Hitchcock en a le secret. Nous donnant parfois une place d'acteur du film. Le scénario est bien construit, cela m'a met fait bizarre de voir un happy end dans un de ses films (après tout n'était-se pas le plus surprenant). L'histoire est haletante, même si on se doute de la finalité, la scène des échanges de coup de feu est impressionnante. J'ai vraiment beaucoup aimé ce film. Les acteurs sont très bons, j'ai adoré Peter Lorre qui pourtant a un charisme qui m'a pas mal dérangé (ce que j'ai trouvé étrange venant de moi), Edna Best est excellente avec un jeu parfois bluffant et Leslie Banks est surprenant. Je les ai tous découvert, et je les ai tous adoré dans leur rôle. Un film à voir absolument, d’autant quand on est fan du réalisateur Hitchcock. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Je vous le recommande donc vivement.
Pour la première version de "L'Homme qui en savait trop", Hitchcock se perd dans un scénario très brouillon, très superficiel. Le génie du maître n'est pas présent, la mise en scène reste correcte tout comme la performance générale des acteurs. Ce film restera comme un "loupé" dans la carrière d'un si grand réalisateur.
Une continuelle impression de brouillon et de confusion. Des invraisemblances à la pelle : Le tireur d'élite trop fort qui choisit de tuer sa cible pendant qu'elle danse, mais qui ensuite n'atteindra le héros du film qu'au poignet. Le père du gosse qui arrive juste au bon moment chez le dentiste, qui entend Peter Lorre dévoiler ses petits secrets, qui n'est pas reconnu, mais dont on nous dit plus tard qu'il l'avait été (?). Certaines scènes comme celles du combat de chaises qui se veulent comiques tournent au ridicule, la scène dans la secte tourne à l'absurde et la fusillade finale est lourde. Ajoutons qu'étant donné que nous n'avons pas le temps d'éprouver de l'empathie pour les personnages, le suspense fonctionne mal. Côté casting les acteurs sont bons (mis à part l'insupportable gamine), mais au début ils se ressemblent tous et on a du mal à savoir qui est qui. Côté positif, bien sûr la présence Peter Lorre, et une maîtrise technique de la réalisation. En 1956 ce brouillon sera mis au propre et deviendra le chef d'œuvre que l'on sait.
Je suis un peu déçu par sa première version de "L'Homme qui en savait trop", à peu près 20 ans avant son auto-remake Américain avec James Stewart, surtout vu ce que j'en avais lu avant, notamment que c'était un des meilleurs Hitchcock période Anglaise, alors que je le trouve inférieurs à des films comme "Une Femme Disparais" ou encore "Les 39 marches" de cette période. Encore une fois (mais on ne s'en lasse pas), on suit l'histoire de personnes normales et apparemment sans histoire, pris dans la tourmente et ici d'un complot visant à tuer un homme politique. Les comploteurs enlèveront la fille d'un couple au courant de certaines choses pour acheter leur silence. Le scénario est intéressant et plutôt bien écrit, nous offrant quelques moment de tension et un rythme plutôt bien maitrisé, malheureusement on ne retrouve pas tous les éléments clés du réalisateur Britannique, en premier dans sa mise en scène, qui ici est plutôt lourde, et techniquement le maitre n'est pas au meilleur de sa forme. Certaines scènes sont plutôt bien faite, comme le fameux coup des symboles... On notera aussi une image qui n'a pas très bien vieilli, la photographie fait vraiment vieillotte. Le film est très rapide et court et on ne peut pas dire que l'on s'ennuie, même si on se doute de certains évènements si on a vu le remake avant. Les interprétations sont normales, je n'ai pas trouvé Peter Lorre aussi sensationnel que l'on veut bien le dire, il est plus impressionnant dans d'autres films, "M Le Maudit" plus particulièrement. Un film plutôt pas mal, mais très mineur dans la filmographie de Hitchcock, il a fait beaucoup mieux.
La version de 1934 de "L'homme qui en savait trop" ressort au Grand Action. Hitchcock l'avait tourné à Londres avant d'émigrer aux États-Unis et d'en signer un remake célèbre en 1956 (avec James Stewart et Doris Day). Il inaugurait une pratique qui a la vie dure et dont la persistance en dit long sur l'hermétisme des Américains aux produits d'importation. Des petits films exotiques à succès sont retournés, quasiment à l'identique, parfois par le même réalisateur, parfois par un autre, avec un budget décuplé et un résultat souvent exécrable : "Cousins, cousines", "Trois hommes et un couffin", "Le retour de Martin Guerre", "Les visiteurs", "Lol" ... pour ne citer que quelques films français dont l'adaptation américaine est à rougir de colère.
Dans ses entretiens avec Truffaut, le grand Hitch considérait que la version de 1934 était celle "d'un amateur talentueux" alors que celle de 1956 est signée par "un professionnel". C'est qu'en 1934, le cinéma parlant en est à ses balbutiements et que Hitchcock fait encore ses gammes. La version de 1956 est plus élaborée, plus dense, plus longue, plus colorée aussi évidemment. Mais celle de 1934 contient déjà en germes tous les ingrédients qui feront de celle de 1956 un chef d’œuvre : en particulier la fameuse scène du Royal Albert Hall, sommet inégalé de tension dramatique et de combinaison réussie de la musique et du suspense. Le rôle du méchant est joué par Peter Lorre, révélé par M le maudit. Cet immense acteur à la figure ronde et à l'accent germanique arbore une mèche blonde aussi inquiétante que la coiffure de Javier Bardem dans "No country for Old men". C'est tout dire ...