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Maladroit et sublime à la fois, mutilé et censuré par les autorités japonaises de l'époque, le premier long métrage d'Akira Kurosawa s'avère passionnant de bout en bout. Malgré la piètre qualité de la copie, le visionnage de «Sugata Sanshiro» constitue un réel plaisir : quelle chance de pouvoir observer les débuts d'un des plus grands cinéastes de tous les temps! Incroyable comme ici et là apparaissent des fulgurances de son génie futur! Bien sûr le rythme est un peu lâche et la mise en scène pas encore très assurée (malgré sa qualité et son haut degré d'inspiration), mais ce ne sont là que des défauts mineurs au regard des qualités de l'ensemble. Les personnages présents sont déjà typiques de l'oeuvre de Kurosawa, on sent d'ailleurs l'influence du regard de Dostoievski, dont le japonais était un fervent admirateur, sur la condition humaine. Le héros, comme dans «Les Sept Samouraïs» ou «Barberousse», devra parcourir un long chemin avant d'arriver au niveau de son maître, au gré d'une sorte de parcours initiatique semé de choix cornéliens et de combats à l'issue incertaine. Si le scénario ne brille pas par son complexité, il ne manque par contre pas de profondeur ou d'intérêt : chaque film de Kurosawa comporte sont lot de richesses et se suffit à lui-même, «Sugata Sanshiro» ne déroge pas à la règle. Surtout qu'il donne l'occasion à de nombreuses scènes magnifiques, qu'elles soient sublimées par les relations entre les personnages ou la grâce des paysages. A ce titre le talent de Kurosawa à filmer la puissance et la beauté de la nature est déjà évident et sans pareil! Que l'on soit adepte ou non du cinéaste nippon, cet excellent long métrage vaut largement le détour. NB : Si je ne lui attribue que 2 étoiles c'est pour le nuancer par rapport au reste de l'oeuvre de Kurosawa : si le réalisateur japonais était déjà digne d'éloges avec ce coup d'essai, il fit par la suite bien mieux. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 19 mai 2012 à 14h41 Signaler un abus
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