Atmosphère malsaine, rythme angoissant, mystère, longs silences, personnages intrigants... Roman Polanski prouve qu'on n'a pas besoin d'en faire des caisses pour distiller l'angoisse. Quelques scories tout de même : des longueurs et des voix nasillardes et haut perchées un peu datées.
Moi ça m’a un peu gonflé, le coté n’importe quoi et répétitif. Roman Polanski fait un vieux film d’horreur lent, qui fait même pas flipper. Désolé, j’ai pas aimé. Je le déconseille aux moins de 10 ans. 2/5
Bonne adaptation du roman d'Ira Levin. Thriller oppressant sur fond de satanisme. En échange d'une aide magique d'une secte de satanistes pour lancer sa carrière, un jeune acteur va devoir offrir son premier enfant dès sa conception avec le diable.
Ce cinquième long-métrage devenu aujourd'hui plus que culte, réalisé par Roman Polanski, sorti en 1968 et adapté du roman éponyme d'Iran Levin est très bon. C'est donc l'histoire d'un jeune couple qui emménage dans un immeuble à la réputation douteuse et lorsque Rosemary tombe enceinte, des choses étranges commencent à se produire. Je l'avais déjà vu il y a pas mal d'années de cela et puis, je voulais le revoir tout d'abord parce-que c'est un très bon film et en ayant lu le livre avant et je dois dire que je n'en suis pas déçu ! Effectivement, le film est une très bonne adaptation du texte original, du début à la fin, il n'omet aucun détail et retranscrit très bien le contexte, les personnages, l'angoisse etc. Il y a néanmoins des adaptations cinématographiques qui changent la fin ou ce genre de choses (et cela reste pour certains de très bons films) mais ici Polanski n'a pas prit de libertés personnelles, il a simplement retranscrit le livre tel quel à l'écran et c'est une très bonne chose. Le scénario est donc très bon car les évènements étranges se font de plus en plus nombreux au fur et à mesure que le spectateur avance dans le film, de même que la prise de conscience de Rosemary qui est très bien faite. Le film ne fait pas spécialement peur au sens propre du terme car nous n'allons par exemple pas avoir de jump scares ou de suspense insoutenable mais le film joue par contre énormément sur l'angoisse et l'attente. Effectivement, nous allons avoir plusieurs scènes qui n'ont au premier abord rien d'effrayant mais qui sont tournées d'une telle manière qu'elles deviennent angoissantes et c'est également une prouesse du film. La réalisation y joue beaucoup et Polanski la maîtrise très bien, notamment la scène où Rosemary spoiler: entre dans le placard avec un couteau pour accéder à l'appartement voisin qui est excellente. Les décors sont magnifiques et jouent également beaucoup dans l'ambiance angoissante du film. On retiendra également la B.O. du film composée par Krzysztof Komeda qui a le don de faire des thèmes oppressants et marquants, notamment celui du générique de début chanté par Mia Farrow qui nous met tout de suite dans cette ambiance étrange et glauque. Du côté des acteurs, nous avons principalement Mia Farrow qui est très convaincante ainsi que John Cassavetes et puis nous avons également Ruth Gordon, Sidney Blackmer, Maurice Evans etc. qui sont très bon. "Rosemary's Baby" est donc un très bon film qui ne s'oublie pas de sitôt.
Un peu trop longue, la première réalisation américaine de Roman Polanski n’en demeure pas moins efficace, ceci sans que son demi-siècle ne lui porte préjudice pour autant. Pas à proprement parler un film d’horreur,« Rosemary’s Baby » joue par contre pleinement sur une oppression de plus en plus lourde jusqu’à son prévisible final où l’excellente Mia Farrow découvre le fruit de sa grossesse. A noter qu’une partie des extérieurs du film ont été tourné devant le tristement connu Dakota Building à New York où John Lennon trouva la mort.
Dans son contenu et dans ce qu'il veut mettre en avant, un parallèle peut être fait entre le tout récent "Mother!" d' Aronofsy et le film de son homologue Polanski. Comment la femme est utilisée comme mère porteuse à des fins religieuses ? Cette passion de dieu qui électrise, un sujet autant passionnant que controversé. Le cinéaste franco-polonais est nettement plus dans le contraste que l'américain sur la forme. Et moins dans l'excès aussi. Rosemary's Baby est avant tout un film qui prend d'abord une tournure de comédie désaxée, puis finit par devenir un drame étrange. Un climat de malaise est palpable, et si en soit le sujet du film pose un débat, ce qu'il véhicule est vraiment curieux. On sent un cinéaste qui veut nous dire des choses, mais tout ce qu'il met en place tout autour pour nous le raconter manque de pertinence.
Vieux Film, ce n'est pas un film d'horreur. Je pense qu'il a su inspirer une grande partie des films d'aujourd'hui, C'est un bon film bien filmé dans lequel il ne se passe pas grand chose... Je reste quand même sur ma fin.
Masterpiece du grand Polanski avec l'excellente Mia Farrow dans le rôle principal. Tellement d'exploits dans cette oeuvre, comme le fait de placer l'horreur la plus subtile en milieu urbain (en plein coeur de New-York) et aussi de pouvoir installer une épouvante croissante et palpable pendant ces 2h15 (qui passent comme un rien). Une ambiance oppressante et angoissante de bout en bout, jusqu'à la scène de fin. J'avais vu ce film à l'adolescence et jamais je ne l'ai oublié depuis, tant sa trame et son atmosphère sont marquantes. En revoyant ce film des années plus tard, j'ai accroché encore d'avantage.
Sorti en 1968, "Rosemary’s baby" n'a pas pris une ride et impressionne toujours. Il le doit surtout à la formidable mise en scène de Polanski, d'une précision incroyable. Le film joue sur une constante tension et nous fait adopter le point de vie paranoïaque de Mia Farrow auteur d'une superbe prestation. Le métrage exploite énormément de symboliques et peut faire l'objet d'une multitude d'interprétations. Le film prend aux tripes et assume le virage vers l'horreur et le fantastique qu'il prend à la fin du film. Polanski donne ici une leçon de cinéma et réalise sans aucun doute de ses meilleurs films.
"Rosemary's baby" file le cafard ! Entre l'atmosphère malsaine, l'entourage envahissant et le mystère qui rode autour de cette grossesse, ce film de Polanski saisira sans répit son spectateur. On assiste à un malaise constant dont on attendra impatiemment d'en découvrir la raison. Rien n'est laissé au hasard dans ce long-métrage, que ce soit la scène d'ouverture/clôture, un chinois qui prend des photos, une date explicite etc...tout est maîtrisé pour déboucher sur plusieurs alternatives. Cette véritable avancée dans le cinéma enverra tout droit Roman Polanski dans la catégorie des cinéastes de génie. Extrêmement bien pensé, bien écrit, bien réalisé et bien joué, la double lecture sera de la partie (si pas la triple). Paranoïa due à la grossesse ou histoire fantastique, libre à chacun de se faire sa propre interprétation. Un film remarquable, et important dans l'histoire du cinéma !
Dans le genre diabolique, j'ai vu sensiblement mieux ailleurs ! Même si Roman Polanski sait distiller une certaine tension... qui ne grimpe malheureusement que par à-coups ici et là : entre un temps d'exposition inutilement long et une scène finale trop longtemps attendue (mais à la fois édifiante et drolatique) son film se traîne comme une vieille tortue.
Heureusement, la si jolie et si mignonne Mia Farrow (allez, fais miaaoow. pour voir !) et l'énigmatique pour ne pas dire étrange John Cassavetes aident à tenir la rampe parce que sinon on dégringolerait dans l'escalier, frappé de narcolepsie télévisuelle.
Naturellement, la mise en scène est très soignée, trop soignée peut-être, car sa lenteur cherche à nous faire piquer un somme. Mia(ou) est là toutefois, une actrice étonnante ; Polanski aime la filmer, on adore la regarder.
Récit diabolique réalisé par un cinéaste athée (contrairement à « L’Exorciste »), « Rosemary’s baby » est davantage un film sur le dérèglement que sur le Mal. Polanski retrouve ainsi une thématique qui traverse la plupart de ses films : comment le quotidien se teinte d’étrangeté, comment les apparences se fissurent pour révéler nos angoisses profondes et, surtout, comment les parapets contenant notre « normalité » sont fragiles. Il questionne aussi les « institutions » et annonce l’ère du soupçon qui s’ouvre en Amérique. Le cinéaste est suffisamment habile pour laisser une grande part d’ambiguïté à son récit, aussi bien au niveau de la réalité de son histoire (est-ce une névrose vécue de l’intérieur, illustrant les angoisses maternelles d’une jeune femme fragile, ou une véritable histoire de possession démoniaque ?) que dans son propos (de quelle peur le film est-il le nom ? La peur d’une Amérique recroquevillée sur elle-même, voir pourrie de l’intérieur ? La peur de ses voisins, pris au sens géopolitique ? La difficile émancipation des femmes ? La peur d’un terrifiant et libérateur « Dieu est mort » ?). Polanski ne tranche pas et nous laisse avec l’angoisse gluante d’un hors-champ innommable, à l’image de la séquence finale. Comme nul autre, il sait faire glisser son récit d’un registre léger voir bouffon (la comédie intimiste du couple) à l’autre (le cauchemar poisseux et névrotique dans lequel s’enfonce peu à peu Rosemary) et peu à peu, c’est le réel lui-même qui est contaminé, déformé, retrouvant l’instabilité malaisante des séquences de rêves (parmi les plus réussie de l’histoire du cinéma). Mais le cinéaste n’oublie pas de nous rendre son héroïne attachante (bien qu’un brin écervelée) et cette empathie avec un personnage qui plonge peu à peu dans la paranoïa nous entraîne dans les abîmes : c’est fort éprouvé que l’on sort du film. Après « Répulsion », le cinéaste nous livre à nouveau un puissant portrait de femme sur la brèche et signe un nouveau grand film mental, profondément anxiogène, dont l’efficacité demeure intacte. « Rosemary’s baby », c’est aussi le bébé monstrueux qu’un tumultueux cinéaste enfante dans le ventre d’Hollywood, annonçant une ère nouvelle qui accouchera de films-monstres et laissera les studios exsangues. Une façon de faire un bébé dans le dos ?
Film indispensable et tout simplement un des plus grand du cinéma. Polanski réalise un tour de force en adaptant le roman éponyme de Ira Levin. Juste géniale. 5/5 et la note est encore faible.
Un thriller bien mené sur un thème original : les terreurs d'une mère. La réalisation est efficace sans être particulièrement novatrice, mais ce qui s'avère le plus percutant est la manière dont est représentée la place de la femme - future mère - dans la société, à la fois dans les cercles conjugal, amical et médical. Ici, Rosemary se retrouve réduite à une petite créature fragile et incomprise, en proie à des démons dont elle ignore le nom. Elle est à la fois sous l'influence de femmes sorcières ou gourous, - livrant prophéties sur le bébé à naître et potions salvatrices -, et d'hommes dont elle est sous l'emprise, notamment son mari et son médecin. D'où le huis clos : au-delà des murs de l'appartement dans lequel elle reste cloîtrée pendant sa maternité, Rosemary est affaiblie et réduite à la servitude par un entourage qui la prive de sa liberté. Un film dérangeant dont la chute montre l'ampleur du dévouement des femmes en tant que mères...
Polanski prouve qu'il n'y a nul besoin d’effusion d'hémoglobine pour réaliser un film angoissant. Comme souvent chez lui il arrive à produire une atmosphère très particulière, ici angoissante, à ses films. Ce n'est certes pas le scénario le plus élaborer du siècle mais le talent de Polanski allié à la prestation magistrale de Mia Farrow classe ce film au rang culte.