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Un premier « vrai » long métrage pour Abbas Kiarostami, et déjà un excellent long métrage! Tout l'art de son auteur est là, et ne demandera qu'à être développé par la suite. «Le Passager» est le récit néoréaliste de la quête d'un petit garçon rêveur et passionné de football qui fera tout pour assister à un match à Téhéran. Comme dans «Où Est la Maison de Mon Ami?», c'est l'occasion pour Kiarostami de se livrer à une sorte de fable aux niveaux de lectures nombreux tout en demeurant d'une simplicité extraordinaire (et par ailleurs pleine de suspense et de rebondissements!) en adoptant le point de vue d'un enfant. Non seulement il parvient à saisir le monde de l'enfance, ses envies, ses espoirs, ses difficultés, ses souffrances, mais parallèlement il dépeint le monde « des adultes » rien qu'en montrant sa réaction à celui « des enfants ». Et bien souvent règne l'incompréhension entre ces deux « sphères » qui pourtant sont appelées à se rejoindre dans la vie de tout individu (c'est comme si les adultes avaient oublié qu'ils avaient été enfants). C'est aussi un moyen détourné de représenter avec le plus d'exactitude possible la société iranienne d'alors, à travers les yeux « innocents » et en un sens « objectifs » de l'enfant. Comme bien souvent dans le cinéma de Kiarostami, «Le Passager» est le portrait d'un passionné qui fera tout pour arriver au bout de ses rêves, en dépit de la société et des contraintes matérielles qui s'imposent à lui, annonçant ainsi un film comme «Close-Up». Kiarostami n'émet aucun jugement de valeur (pour autant il a bien sûr une sensibilité qui lui est propre et qui apparaît en filigrane) : la question n'est pas de savoir si le gamin est fautif en fuguant ou en volant, mais plus pourquoi et comment il le fait (et encore le récit n'est jamais orienté selon des questions aussi triviales de ce genre). Vraiment je ne peux que saluer une fois de plus le grand talent d'Abbas Kiarostami, tout comme l'évidence et la richesse de son cinéma : Kiarostami avait en un sens anticipé les enseignements « réalistes » du Tarkovski du Temps Scellé, c'est dire la place du cinéaste iranien dans l'évolution qualitative du 7e art! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 20 mai 2012 à 14h54 Signaler un abus
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