Le Trésor de la Sierra Madre
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 décembre 2016
Le trésor de la Sierra Madre, western emblématique d'un d'Hollywood au sommet, porté par un maître du grand écran John Huston, nous fait voyager à travers le temps à la rencontre des chercheurs d'or.

Quelques années après le "Faucon maltais", le réalisateur américain nous concocte une aventure mettant en scène Bogard dans un rôle à contre-courant de ses habitudes. Ce dernier campe un mendiant désireux de faire fortune allant tenter sa chance dans les plaines désertiques du Far West à la recherche du précieux métal.

Même si le thème semble être un cliché du western, la façon dont il est traité est plaisante. Le personnage de Bogard y contribue pour beaucoup. L'évolution de sa personnalité tout au long du film est intéressante. Au début de l'aventure, sans un sou, l'homme vit au jour le jour. N'ayant rien à perdre, il profite de sa vie telle qu'elle est. Sa rencontre avec un chercheur d'or expérimenté le persuade qu'un autre style de vie est possible et se lance dans la prospection d'or. Après un bon nombre de péripéties, il obtient ce qu'il espérait et change radicalement de comportement. Soupçons et cupidités sont au rendez-vous et transforme cette aventure amicale en enfer.

Etrangement, même si c'est le point fort du film, le personnage de Bogard possède vraiment un caractère trop appuyé. L'évolution de sa personnalité se fait de façon soudaine et donne l'impression qu'il pète son câble d'un coup. Autre chose regrettable, à partir du moment où il fait sa crise, plus aucune ambiguïté ne concerne sa personnalité. Des remises en question lorsque ses camarades lui démontrent qu'il accuse tout le monde à tort auraient pu nuancer son caractère. On trouve également très peu de non-dits dans ce film ce qui m’a donné encore plus l'impression que son changement de comportement n'était pas amené de façon subtile.

Concernant le rythme, le film propose beaucoup de rebondissements bien trouvés. La scène du nouveau prospecteur qui souhaite intégrer l'équipe est par exemple très bien ficelée. On a vraiment l'impression de vivre une aventure épique, le pari est donc réussi pour Huston.

On trouve également pleins de petits détails qui sont insignifiants pour l'histoire mais qui rajoute un réel intérêt pour l'âme du film. Je pense par exemple à l'explication sur la façon d'exécuter les criminels mexicains qui n'apporte rien en soi mais qui est très importante pour l'atmosphère. On sent une réelle volonté du réalisateur d’impliquer le spectateur avec ces chercheurs d'or et franchement ça fonctionne bien.

Du point de vue des plans et de la réalisation par contre, je n'ai pas trouvé ça très inspiré. Tout est assez convenu, aucune "surprise visuelle", bref un peu déçu de ce côté là.

Au final, "Les trésors de la Sierra Madre" est l'archétype du film à l'ancienne qui a tout pour devenir incontournable. Même si quelques nuances dans le caractère des protagonistes auraient été sympathiques, ce n'est pas pour rien qu’il est considéré comme une pépite. C'est quand même un comble pour un film sur les chercheurs d'or !
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2016
"Le trésor de la Sierra Madre" est avec "Le faucon maltais", "L'Odyssée de l'African Queen", "Quand la ville dort" et "Les désaxés", un des films qui sert souvent de porte d'entrée dans la foisonnante filmographie de John Huston. Encore aujourd'hui, le film occupe la 38ème place dans le classement de l'American Film Institute (trois films de John Huston sont classés dans les cent premiers). Scénariste reconnu, Huston s'est fait immédiatement une place de choix à Hollywood en qualité de réalisateur en parvenant en 1941 avec "Le faucon maltais" à proposer une version enfin reconnue du roman tortueux de Dashiell Hammet réputé inadaptable. Au passage Humphrey Bogart en a profité pour asseoir définitivement son statut de star. Le conflit mondial ne permet pas à Huston de profiter pleinement de ce démarrage en fanfare et comme quelques-uns de ses confrères il participe à l'effort de guerre en tournant un film de propagande antinazie, toujours avec Bogart ("Griffes jaunes" en 1942) et deux reportages où son courage physique et son regard aiguisé sont largement sollicités. Dès 1936, il avait manifesté son intérêt pour le roman de B Traven, auteur de romans d'aventures à succès mystérieux, aux origines mal définies, vivant dans une contrée reculée du Mexique. Quoique Vincent Sherman ait lui aussi fait connaitre son intérêt pour le roman, Henry Blanke le producteur de la Warner le réserve pour Huston le temps de son engagement dans le conflit. A son retour le projet peut donc enfin prendre son envol. Si Edward G Robinson, Lewis Stone ou John Garfield ont été un temps envisagés, le casting se met vite en place dans l'esprit de l'encore jeune réalisateur. Humphrey Bogart, Walter Huston et Tim Holt composeront le trio d'aventuriers qui s'enfonceront aux confins de l'inhospitalière Sierra Madre poussés par la misère et le mirage aurifère. Le tournage se passe essentiellement en extérieurs ce qui, relativement nouveau à l'époque, convient très bien à l'esprit vagabond et indépendant du réalisateur amoureux des grands espaces. Remarquable adaptateur de romans comme il le démontrera tout au long de sa carrière, Huston qui rédige le scénario se sert parfaitement de la personnalité de ses trois héros pour montrer la difficulté de l'homme à surmonter ses pulsions autodestructrices. Le trio possède en son sein le vieil Howard (Walter Huston), chercheur d'or rompu à toutes les expériences qui explique par le menu aux deux autres tous les dangers d'une telle expédition, survenant principalement après que la quête soit devenue fructueuse, ceci en raison de la soif inextinguible de gain déclenchée par le métal précieux si durement gagné, elle-même génératrice de suspicion et de jalousie pouvant mener au désastre et à la mort. Malgré cette longue séquence d'explication où les deux autres jurent leurs grands dieux que rien de tout cela ne pourra leur arriver, prévenus qu'ils ont été du risque encouru, le vieil Howard, d'un regard entendu vers Dobbs (Humphrey Bogart), nous fait comprendre qu'il sait déjà d'où viendront les ennuis. Cette scène clef se passant dans l'hospice de Tampico où les gringos va-nu-pieds tombés en disgrâce viennent trouver refuge, magnifiquement filmée par Huston, éclaire tous les enjeux du récit à venir. Les dés étant jetés, il s'agit maintenant d'observer le comportement de chacun des trois comparses de fortune face au défi clairement exposé qui servira de révélateur du tréfonds des âmes. spoiler: Howard, un homme sur le déclin, sorte de Casanova de l'aventure sans réel projet d'avenir pour qui la quête est sans aucun doute plus importante que le gain sera le guide. Curtin (Tim Holt), le plus jeune de la bande, structuré par des principes de vie qui lui permettent de se fixer des objectifs raisonnables et de ne jamais perdre sa dignité, sera l'élément modérateur. Dobbs enfin, entre deux âges, le plus affecté par son statut de déclassé, assoiffé de revanche dont les convictions humanistes sont chancelantes sera le maillon faible
. Le mélange explosif de ces trois personnalités est savamment exploité par un Huston tout à fait à son aise pour extraire le meilleur de ses trois acteurs. Humphrey Bogart fils de très bonne famille à la personnalité complexe, confronté très tôt à l'intempérance, montre avec ce rôle qu'il n'a pas son pareil pour jouer les hommes en perte de contrôle ("Le violent" de Nicholas Ray en 1950, "Ouragan sur le Caine" d'Edward Dmytryk en 1954). Walter Huston acteur de théâtre au registre étendu, dont certains grands rôles au cinéma sont injustement passés inaperçus ("The Devil and Daniel Webster" de William Dieterle en 1941), apporte toute sa truculence et son humanité à ce vieux chercheur d'or qui bien que sachant l'entreprise plus qu'hasardeuse ne peut résister à sa soif d'aventure. Tim Holt enfin, remarqué dans "La splendeur des Amberson" d'Orson Welles en 1941 qui compte beaucoup sur sa collaboration avec Huston pour rebondir, apporte l'équilibre parfait entre les deux monstres sacrés. On a souvent discuté autour de l'œuvre de John Huston pour savoir si chacun de ses films n'était qu'un des maillons d'une longue déclinaison de la stratégie de l'échec échafaudée par l'homme face à son incapacité à accepter sa condition de mortel. "Le trésor de la Sierra Madre" parfaitement maitrisé malgré une fin un peu moraliste, ne dément en rien cette théorie. A le revoir, on comprend mal comment dans leur livre de référence "50 ans de cinéma américain", Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon qui ont bizarrement assez peu de tendresse pour Huston ont pu aller jusqu'à affirmer que ce joyau du film d'aventures constituait: "Un monument d'ennui académique". Un mystère à éclaircir, les deux auteurs n'explicitant guère plus leur jugement définitif.
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 215 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 septembre 2016
Un grand film voir mème un chef d'oeuvre du cinéaste John Huston sortit en 1948 !! Un long métrage sur les valeurs des hommes s'ils sont bons ou mauvais . L'histoire commence par deux personnages errant dans les rues d'une ville à la recherche d'un travail et de la nourriture qu'ils trouvent mais c'est surtout à une loterie qu'ils gagneront un peu d'argents et un troisième personnage leur parle d'or dans les montagnes Mexicaines et ils partent direction là-bas. Sur place , ils peuvent travailler en installant le matériel qu'il faut et creuser des grottes pour trouver des pierres d'or, ils trouvent récompense mais le Mexique est un pays dangereux entre Gringos, curieux et l'or fait tourner des tètes. L'action se passe dans la décennie 1920 et la deuxième partie fait penser à un Western mais se n'en est pas un. Il y a du suspense, de la paranoia, des bagarres ou des fusillades mais c'est très accrocheur de palpitation. La musique de Max Steiner est sensationnelle et puis il y a trois grands comédiens en tète d'affiche qui font merveilles, Humphrey Bogart, Walter Huston et Tim Holt. Je le conseille à tout bons cinéphiles.
_domimi_
_domimi_

11 abonnés 386 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2016
Le récit d'aventures permet à J.Huston d'exploiter une trame plus dramatique. Au travers de la quête initialement louable, de la recherche d'or, le réalisateur nous montre les travers de l'Homme dès lors qu'il s'agit de s'enrichir. Le tout concentré en grande partie dans le personnage de H. Bogart, magistral. Folie paranoïaque et cupidité mettent en exergue cet idéal vain. Le dénouement, certes naïf, nous rappelle d'ailleurs que la jouissance de la vie s'opère bien souvent par des bonheurs accessibles au plus grand nombre.
Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mai 2016
Un excellent western sur la soif de l or. Une soif qui ne s en va jamais, les prospecteurs tel des joueurs compulsifs ne pouvant s arrêter de rechercher la pépite de plus malgré risque de tout perdre pousser par une vénalité qui peut les rendre capables du pire. A ce titre le rôle d Humphrey Bogart est vraiment intéressant, ayant connu la misère faire grossir et défendre son magot ne sont plus que les deux moteurs qui l anime. On voit se développer chez lui une forme de paranoïa qui sera le creuset d une violence dont il fera preuve. La mise en scène est vraiment remarquable et signe de la grande qualité de ce film il a vraiment bien vieilli et se regarde aujourd'hui avec un grand plaisir.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 730 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 septembre 2015
Un film d'aventure dense autour des chercheurs d'or. Il ne suffit pas de le trouver. Il faut le garder. Alors de la psychologie, du suspense, de la paranoïa et des ennemis acharnés autour du trio difficilement soudé. C'est superbe.
videoman29

315 abonnés 1 921 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2015
« Le trésor de la Sierra Madre » est un grand classique du film d'aventure, signé John Huston en 1948. On y suit l'histoire de deux Américains, expatriés au Mexique où ils crèvent de faim. Au hasard d'une rencontre, ils décident de partir à la recherche d'un filon aurifère en compagnie d'un vieux prospecteur plein de ressource et d'expérience... Huston est connu pour sa vision pessimiste du monde et du genre humain et ce film ne fait pas exception à sa règle. Si les personnages sont solidaires au début, tous trois unis dans la même misère, ils perdent rapidement leur confiance mutuelle et leur amitié dès qu'ils découvrent l'or tant espéré. Le personnage joué par le génial Humphrey Bogart sombre encore plus profondément dans la dépression et sa fièvre de l'or se transforme peu à peu en folie destructrice, jusqu'au final d'une surprenante ironie... Techniquement le film est magnifique ; Le noir et blanc est particulièrement esthétique et John Huston fait le pari, inouï pour l'époque, de tourner quasiment tout son film en décors extérieurs. Seules quelques scènes de nuit sont filmées en studio et le résultat est stupéfiant. Petit bémol tout de même, quelques scènes un peu longues, notamment dans la première demi-heure, alourdissent légèrement l'ensemble mais c'est bien trop anecdotique pour gâcher la qualité du visionnage. Les critiques de l'époque ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et « Le trésor de la Sierra Madre » sera justement récompensé par l'Oscar du meilleur réalisateur et trois Golden Globes (second rôle, réalisateur, meilleur film).
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 octobre 2014
Non seulement un grand film épique d'aventures, rythmé, à la tension constante mais aussi une analyse fine et intelligente d'hommes souffrant de la soif de l'or entre paranoïa, violence et folie. Une mise en scène habile, prenante, sans trop de temps morts, Humphrey Bogart une nouvelle fois exceptionnel dans ce rôle sombre.
ManoCornuta

359 abonnés 3 070 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 septembre 2014
Ou l'histoire de types sans réel avenir que la soif de l'or va rendre fous... C'est en substance ce qu'il faut retenir de l'histoire. Le style est un peu daté mais les personnages sont bien campés et John Huston sait mener sa barque, avec quelques lenteurs toutefois qui auraient peut-être pu être évitées. Ce sont clairement les acteurs qui tirent le film vers le haut.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 janvier 2015
Un excellent film sur des chercheurs d'or américain exilés au Mexique, fort bien réalisé malgré son noir et blanc d'époque, et qui traite des grands thèmes classiques avec brio. Les trois personnages principaux, aux caractères très différents, vont faire face ensemble à toute une série d'épreuves potentiellement fatales, qui rappellent que le danger est tout autant extérieur qu'intérieur. Brillant à plusieurs reprises (la lettre, le final, etc...), doté d'un casting parfait et de dialogues percutants, Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston se suit avec plaisir et fait partie des incontournables du cinéma US des années 40.
Alexarod

359 abonnés 1 874 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2014
Je le note aussi bien que Casablanca, car bien que d'un style très différent il m'a tout autant plus, pour d'autres raisons.
Film ancien, en noir et blanc, mais qui n'a pas vieilli pour autant. Certes le thème de la "ruée" vers l'or n'est plus actuel mais ça raconte bien les péripéties de ces chercheurs, ainsi que leurs déviances. Justement, c'est là où le film est très bon car il suit bien la psychologie des personnages, tout en restant très réaliste, la psychose ne s'installe pas sans raison ni en 5 minutes. Si l'on rajoute que les acteurs sont très bons (même si Curtis alias Tim Holt reste assez plat alors que le vieux récupère un Oscar) et que l'ambiance à moitié western passe bien on obtient un très bon film, mais on s'y habitue avec l'association John Huston-Humphrey Bogart (Oscar du meilleur réalisateur en 1949 et meilleur film).
Pour ce qui est du factuel les décors naturels sont magnifiques (bonne initiative alors qu'on en faisait peu en ce temps), cela sert amplement la photographie, les costumes respectent bien l'époque, la musique colle aux évènements et amène son lot de spectacle, le tout sans trop de longueurs et avec un rythme qui se tient tout au long du film.
Il faut noter que dans cette histoire de chercheurs d'or un peu paumé, plus complexes qu'il n'y parait, avec trahisons, paranoïa et amitié il y a également : une trame insolite qui rend l'histoire plus passionnante, une fin inattendue, une mise en scène claire et efficace qui ne perd pas le spectateur (sans être enfantine) et des dialogues intelligents correspondant bien aux persos (si on ne devait que les lire on identifierait immédiatement l'auteur).
Au final un long métrage d'aventure, un peu psychologique et un peu western, qui se laisse très bien regarder, et à conseiller.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 avril 2014
Un bon Bogart, une mise en scène et des décors pas dégoûtants. Des dialogues intelligents mais sans plus quoi. Soit je l'interprète mal soit le film est sur-côté mais il y a un souci.
CeeSnipes

327 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2014
Réalisé en 1948, au firmament de la gloire de l’immense Humphrey Bogart, par John Huston, Le Trésor de la Sierra Madre fait partie de ces classiques du cinéma américain que les réalisateurs citent en exemple.

Force est de constater que cette réputation est tout à fait logique. En effet, au-delà de ses atours de western sur la ruée vers l’or, Le Trésor de la Sierra Madre est une formidable étude de personnages enivrés par l’or et l’isolation. Le film a beau être prévisible (en effet, dès les premières images, il est évident que le personnage d’Humphrey Bogart ne sera pas payé par le chef de chantier et que l’or lui montera à la tête), ce n’est pas la destination qui compte mais le voyage et le scénario de John Huston a parfaitement compris cela et ce de manière très fine. Les deux premiers actes sont passionnants et on peut cependant ressentir une petite baisse de rythme au moment de rentrer sur la ville. Mais John Huston parvient quand même à orchestrer deux ou trois séquences très réussies dans la ville et les fusillades sont très efficaces pour l’époque. Il faut aussi signaler que les trois acteurs principaux sont excellents, Walter Huston en tête, qui avait gagné l’Oscar du Meilleur Second Rôle cette année-là.

Le Trésor de la Sierra Madre est un bien bon film, avec un score très réussi de Max Steiner, dont les thèmes sont encore d’actualité de nos jours et qui n’a pas vraiment vieilli. Une franche réussite.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2018
Il est assez difficile de bien cerner Le trésor de la Sierra Madre, premier film de John Huston en six ans, où il s’inspire du roman éponyme de B. Traven pour nous faire suivre deux aventuriers américains partant à la recherche d'or en compagnie d'un vieux prospecteur.

On retrouve dans ce film de nombreuses thématiques propres au cinéma d'Huston, notamment sur la nature humaine dont il dresse un tableau bien sombre, tout en signant une palpitante et remarquable oeuvre d'aventure. Via cette quête, il va mettre en avant les tensions qui vont se créer où l'individualisme va prévaloir sur tout autre aspect, c'est l'opportunisme et la folie qui vont être au cœur du récit et assombrir de plus en plus l'âme de ces aventuriers.

C'est avec une grande intelligence que le metteur en scène d'Across the Pacific dresse le portrait de personnages qui deviendront de plus en plus passionnants ambigus, comme en témoigne le remarquable final et la réplique de Walter Huston, le père de John qui recevra un oscar pour ce rôle. L'oeuvre n'est pas dénuée d'ironie alors que la mise en scène est remarquable, immersive et surtout intense, John Huston arrivant à en faire ressortir de véritables sensations autour des protagonistes, tout en maintenant un grand suspense ainsi qu'une ambiance sombre et désespérée.

Il montre déjà un vrai talent pour raconter une histoire, tout est parfait que ce soit la narration, les cadres souvent assez simples mais terriblement efficaces et révélateurs ou encore la place de chacun des protagonistes. La reconstitution est remarquable, on ressent vraiment l’aridité des paysages qui nous sont présentés tandis que de nombreuses séquences sont mémorables. La direction d'acteurs est l'une des forces du film, à l'image d'un Humphrey Bogart immense qui propose une partition vivante, intense et forte, notamment lorsqu'il commence à sombrer dans la folie.

John Huston propose avec Le Trésor de la Sierra Madre une oeuvre aussi sombre que désespérée, puissante et surtout intense, où il sonde l'âme humaine et en dresse un tableau effrayant, bénéficiant d'ailleurs de remarquables comédiens.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 février 2014
A le revoir si longtemps après sa sortie, une déception malgré un scénario de grande qualité. Le film semble avoir échappé à son metteur en scène, il part dans de trop nombreuses directions et devient par moment soit caricatural et anecdotique soit démonstratif. Il dépend aussi plus des aléas de l’histoire (bandits ou indiens) que des trois protagonistes qui passent leur temps à se quereller comme au théâtre. Bogart en fait souvent trop mais lorsqu'il se met à parler tout seul sous l’effet de la fièvre de l’or, cela devient carrément insupportable. C’est dommage car ce film d’aventures (il n’a rien d’un western et se passe en plus dans les années 1930) contient de bien beaux moments surtout durant sa première moitié durant laquelle tous les efforts d’authenticité apparaissent nettement. Le choix de construire la séquence finale détonne avec les passages dramatiques, la mort semble peu compter dans ''le trésor de la sierra madre'', les infâmes bandits creusant leurs tombes comme si de rien, n'était, la farce me parait bien excessive dans ce contexte. Howard est indiscutablement le personnage le plus intéressant, ses propos méritent l’attention tant ils sont riches de vérités humaines, son jeu est excellent et la danse qu’il exécute en insultant ses compagnons est une séquence d’anthologie. Dobbs qui au depart critique toute l’humanité se montrera pire encore lorsqu'il se croira riche, Curtin est moins intéressant que Cody. Reste Gold-Hat qui révéla aux amèricains Alfonso Bedoya que beaucoup d’entre nous découvrîmes in extrémis à 53 ans dans son dernier film ‘’Les grands espaces’’; pour les amateurs des westerns c'est un grand acteur.
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