Le meilleur film de James Ivory ? En tout cas l'une des plus belles réalisations du plus britannique des cinéastes états-uniens. Ivory adapte pour la troisième fois un roman de E. M. Forster (après Chambre avec vue et Maurice) et déploie un superbe mélodrame à fort ancrage social. Le scénario est un entrelacs bien agencé de considérations sur les choses de l'amour, les conventions et traditions, les rapports de classes. Outre les riches et les pauvres, ce scénario oppose surtout deux courants dans la bourgeoisie anglaise. L'un, majoritaire, représenté par les Wilcox, à tendance capitaliste, matérialiste, conservatiste, tout en intolérance et arrogance. L'autre, minoritaire, représenté par les Schlegel, ouvert à l'art et à la culture, plus intellectuel et libre-penseur, à tendance philanthropique. L'opposition puis la fusion de ces courants se concrétisent en joutes verbales pleines d'esprit, véhicules subtils d'ironie, d'émotion, de cruauté. Et la qualité du verbe trouve interprètes à sa mesure : le casting, emmené par Emma Thompson, Anthony Hopkins, Helena Bonham Carter et Samuel West, est excellent. La réalisation (élégamment classique), le montage (fluide et enlevé), la photo, les décors et les costumes (raffinés) forment le bel écrin de ce film tout en finesse.
Comme les aristocrates Anglais qu’il décrit, James Ivory a mis les petits plats dans les grands. La reconstitution de l’époque est soignée, les décors et les costumes à l’avenant, et l’on prend son temps pour bien en profiter. Mais, avec une mise en scène académique pour ne pas dire empesée, et faute d’un scénario suffisant, le film manque de souffle et de profondeur, et reste plutôt superficiel voire anecdotique. On est bien loin du magnifique film suivant de l’auteur (Les vestiges du jour).
C'est un bon film de J. Ivory: malgré ses presque 30 ans au compteur il a peu vieilli je trouve: c'est un film en "costumes". On y trouve la touche "British" bien qu'Arte ne le diffuse pas en VOSTFR malheureusement car cela apporterait encore plus de "British Touch".
Pour moi, film pompeux avec des sentiments et complications à la sauce des films habituels anglais. Ce n'est pas très convaincant et très léger dans les petits soucis des jeunes gens naïfs d'une époque révolue. Oui pour les décors mais dialogues parfaits en somnifères ! 3/5
Très belle peinture d'une société anglaise clivante. Superbes interprétations d'Emma Thompson en femme aisée et sensible et d'Anthony Hopkins en gentleman plus préoccupé de sa renommée que du reste. Beaucoup de lumière dans la photographie des décors naturels. Le spectateur passe un bon moment devant cette oeuvre intelligente aux dialogues savoureux.
Un drame social sur le choc des cultures et le poids des conventions dans l’Angleterre du début du XXe siècle, à la mise en scène raffinée et à la reconstitution soignée, et porté par une interprétation remarquable, avec notamment la presta oscarisée d’Emma Thomson. On est bien chez James Ivory !
Je viens de revoir « Retour à Howards End » au Reflet Médicis et le souvenir était en-dessous de la qualité de ce grand film. Le scénario est superbe, les acteurs d’une grande justesse et la réalisation impeccable ! J’ai oublié le monde moderne durant deux heures et ce fut un bonheur sans nom...
"Retour à Howards End" constitue avec "Les vestiges du jour" qui le suit d'un an, la pièce maitresse de l'œuvre James Ivory qui nous montre toute la rigidité de la société anglaise du début du XXème siècle. Il nous est donné l'occasion de découvrir le couple formé par Anthony Hopkins et Emma Thompson qui fera merveille dans les « Vestiges du jour ». Le début parait un peu laborieux, le film semblant se chercher au travers de la vie peu passionnante de deux sœurs dont l’aînée se lie avec la propriétaire d’une demeure de campagne nommée Howards End. A partir du décès de cette dernière, l’intrigue se fait plus prenante et l’on voit Ivory exposer avec finesse tous les préjugés d'une époque où les classes sociales ne se mélangeaient pas (cela a-t'il vraiment changé sur le fond ?). Anthony Hopkins offre une composition remarquable, campant ce grand bourgeois toujours sur son quant-à-soi qui finira par se ranger à la vision plus progressiste et humaniste de sa jeune épouse. Pour en arriver là il aura fallu un drame avec la mort d’un jeune homme issu de la classe moyenne qui est encore à l’époque peu affirmée et encore très proche du prolétariat. On découvre aussi avec délice et ironie les liens qui ont unis le bourgeois rétrograde et réputé pudibond à une jeune femme délurée rencontrée à Chypre. Les préjugés sont certes là mais le corps a ses raisons."Retour à Howards End" n'égale pas l’épure totale que seront « Les vestiges du jour » mais l'auteur s’en approche indéniablement.
Admettons-le, c'est du cinéma d'une autre époque, à regarder par curiosité mais sans s'attendre à un chef d’œuvre. La présence d'Anthony Hopkins est le meilleur argument pour voir ce film bien qu'il ne soit pas au sommet de son art ici. Cependant les décorations et les costumes respectent bien ceux de l'époque de l'histoire.
Vers le début du 20ème siècle, "Howards End" nous fait suivre trois familles, plus liées qu'elles ne le pensent : de riches hommes d'affaire enfermés dans leurs principes, une fratrie aisée mais beaucoup plus progressiste, et un couple vivant proche de la misère. Le film s'intéressera aux relations entre ces personnages, sur plusieurs années, sans toutefois proposer de fil conducteur autre que les protagonistes. C'est sans doute le seul défaut de l'ensemble, cette narration étrange, qui enchaînes ellipses parfois brutales et rebondissements occasionnellement improbables. A côté, il s'agit d'une très belle œuvre. Le casting est tout d'abord impeccable. Outre Anthony Hopkins en membre de l'establishment à bon fond mais obtus, les rôles féminins sont excellents : Vanessa Redgrave en aristocrate vivant sur son nuage, Helena Bonham Carter en justicière sociale, ou Emma Thompson en intellectuelle conciliante. Les décors et costumes sont incroyablement soignés, tandis que la réalisation est superbe, exploitant des décors de campagne et des maisons d'époques, et s'appuyant sur une photographie jonglant très bien entre les couleurs champêtres, les lumières nocturnes, et différentes ambiance d'intérieur selon le ton des scènes. Par ailleurs, le scénario pointe justement du doigt le poids des conventions sociales sur l’épanouissement personnel. Du beau cinéma.
Le film est un univers. En cela on est totalement sous le charme si on est sensible à ce genre. Romantisme et maniérisme anglais de l’époque. Rajoutez aussi les décors et les costumes. C’est une réussite mais qui n’égale pourtant pas le sublime « vestiges du jour »