Une ahurissante plongée dans le quotidien d'une modeste brigade des stups dans le Paris de 1991.Bertrand Tavernier,dont certains films peuvent sembler frigides,trouve ici la pleine mesure de son talent de documentariste.Avec minutie,avec empathie,avec surtout un réalisme effarant,incomparable;il intègre une unité dépourvue de moyens,dont la situation précaire financièrement se double d'une insécurité permanente au contact des dealers et des toxicos.En utilisant constamment le point de vue de ces policiers dépourvus de tout idéalisme,Tavernier empoigne avec force un sujet fort,retranscrivant avec exactitude un métier qui ronge l'individu,et le fait plonger régulièrement dans l'illégalité pour s'en sortir.Le personnage de Lulu en particulier,incarné par un Didier Bezace extraordinaire de vérité,se voit partagé entre une vie de famille en miettes,une prostituée dont il est amoureux,et une équipe potache,autant immature qu'efficace dans l'action.On dirait un long documentaire,passionnant de bout en bout,fulminant,au plus proche du fonctionnaire standard et de son quotidien moisi."L.627" met l'accent aussi sur le fléau de la drogue,en pleine expansion à l'époque,sur lequel les ministres ont préférés fermer les yeux.Tavernier innove sur la manière de filmer les filatures et les heures d'attente,réinventant le film policier loin du mythe connu.Une oeuvre précieuse,contestataire et dense.
Le parcours d'un flic qui croit à son métier malgré tout... malgré surtout les conditions de travail catastrophiques. Le film met un peu de temps à se mettre en place avec le passage du flic dans deux services avant d'atterrir aux stups, ce qui a pour but de souligner certaines inepties administratives ainsi qu'un clientélisme, film militant donc. Ensuite le quotidien de cette équipe des stups pourvue de bonne volonté mais dépourvue de moyens, sans compter le manque de reconnaissance du travail effectué. Excellents comédiens, parti pris très clair mais intéressant qui a fait des vagues à la sortie du film car à la limite du documentaire. A part la mode vestimentaire, film qui a très bien vieillit et malheureusement toujours d'actualité.
L 627 est doté d'une rare force d'évocation mue par une incroyable galerie de personnages bien interprétés (Didier Bezace dans une son meilleur rôle, de même que Charlotte Kady et Jean Roger Milo émouvants et réalistes). L 627 est un film personnel, peut être le plus abouti de Tavernier qui a su, grâce à son scénariste et à son talent de metteur en scène, donner une oeuvre réaliste et riche en suspens et en émotion. Le film s’inspire à la fois de la narration du documentaire et de la fiction qui renvoie dans un élan naturaliste à Zola et à Kafka pour l'aspect absurdité des situations, l'équipe de flics se débattant malgré une incroyable pénurie de moyens. Les scènes de filature sont remarquablement menées et la violence, présente, bien contrôlée. L 627 a aussi beaucoup d'humour. Cela est dû aux situations très cocasses de l'équipe au travail. Tavernier, dans la façon de montrer les policiers est aussi sans concession. La sortie de Polisse, pourtant réussi, montre que le film de Tavernier est indémodable. A noter que Maiwenn semble s'être inspirée de L 627 surtout à travers la scène d'anthologie du gamin enlevé à sa mère (dans L 627, il s'agit d'une petite fille arrachée aux mains d'une black sans morale et sous ectasy). Malgré son côté désespéré, un film qui ne se laisse pas facilement oublier.
Avec ce film militant, B. Tavernier nous immerge complètement au sein d'une brigade des stups avec un souci du réalisme très fort. Peu d'action, beaucoup de dialogues et un sentiment d'impuissance partagé par les spectateurs et les personnages. Le début nous montre une intervention interrompue par la bêtise d'un des flics (schéma récurrent dans le film) et notre héros est transféré ailleurs. Là, on droit à quelques anecdotes assez croustillantes. Puis il réintègre une brigade des stups et découvre sa nouvelle équipe. Là, le film s'emballe, le rythme s'élève et on suit leur quotidien, leurs désillusions, leurs doutes et quelques bons moments de rigolades. Menés par un chef puéril et agaçant, ils n'arrivent pas à des résultats marquants, la faute aussi à la politique de résultat du gouvernement. Tous les acteurs sont parfaits, les situations dérangeront certains (le film n'est pas raciste, il expose des faits mais ne jugent jamais) mais c'est aussi leur but, le film soulève des questions essentielles. Suite de petites situations sans fil rouge sinon celui du quotidien de la brigade (évitant ainsi un piège narratif), le tout s'achève certes un peu brutalement mais on comprend que rien ne changera pour eux (hélas). Mise en scène remarquable, interprétation sans faute, une vraie réussite de cinéma populaire exigeant. D'autres critiques sur
film à l'aspect documentaire nous plongeant dans le quotidien d'une brigade de stups au coeur de Paris. film très détaillé, jamais dictatique, il est aussi plein d'humour et les acteurs sont excellents. Le film laisse une impression de désarroi mais pas de découragement.
Chacun des partis pris des films de Bertrand Tavernier est louable et témoigne d’une volonté de révéler l’image latente d’une institution, d’une génération ou d’une situation. «L-627» (France, 1992), nom donnée à un loi policière, suit le parcours mouvementé d’un agent de Police parisien, tourmenté par son impulsivité et par sa propension à abhorrer l’injustice. Personnage typique du cinéma de Tavernier que l’on retrouve dans nombre de ses films, de «L’Horloger de Saint-Paul» à «Ca commence aujourd’hui», ce personnage héroïque banal porte l’étendard du quidam révolté, enhardi face à la déloyauté de la société. Les caméras mobiles qui parcourent le film du début à la fin visent à traduire une urgence de la situation. Tavernier, souvent emporté par son enthousiasme vers son intrigue, par son amour pour les personnages qui la motive, oublie parfois l’esthétique du cinéma, préfère exalter le fond de son œuvre, rendre intelligible et agréable la transmission de son regard plutôt que d’offrir une composition inédite de la sensation esthétique. Pourtant l’émancipation selon Tavernier, lui qui entend libérer l’individu des marasmes délétères de la communauté pour mieux l’y réintégrer une fois cette dernière corrigée, oublie que le premier lieu de l’émancipation au cinéma, et dans l’art en général, se situe dans la forme. Or, outre les quelques plans-séquences et les scènes en caméra épaule qui émanent une sensation de proximité, la forme de l’œuvre est la part la moins travaillée. Chacun des personnages a pourtant le soin d’être très bien écrit, suffisamment composée pour être une couleur dans le récit (bâti sur le modèle hybride de l’arc-en-ciel où chaque personnage est une teinte). L’écriture du scénario, qu’une mise en scène immersive vient exalter, est trop présente. Pourtant visiblement concerné par l’homme banal, Tavernier le projette toujours dans une intrigue dramatique. Comparer le cinéma de Tavernier à celui de Rossellini révèle parfois les lacunes du premier.
Tavernier nous montre , nous dévoile le côté obscure du debut de la "bac" , une vue trés réaliste a l époque , mais reste d actualité par les problémes de la rue.. C est un excellent film limite biographique ou genre "ma vie dans la police" il faut le voir ....pour le croire
Une fiction très proche du documentaire qui nous plonge avec réalisme dans le quotidien de la brigade des Stups. Un très bon film social avec un "cast" remarquable (Didier Bezace, Charlotte Kady, Philippe Torreton font d'excellents flics), qui dépeint la misère et le sordide avec naturel, donnant une idée juste de la condition du policier, qui est "au centre des choses" (Camus) tout en étant à la marge, situé au coeur du monde social dont il peine pourtant à trouver une légitimité et des moyens d'action. L627, c'est le numéro d'un des rares articles du code de la santé publique qui autorisaient jusqu'en 1993 un gardé à vue à recevoir la visite d'un médecin : tout un symbole...
Un excellent film qui mérite d' être vu et revu. Un réalisme impressionnant, qui montre bien le manque de moyens, d' eefectifs un métier où on se marre un moment, et où les émotions ressortent sur un coup dur. Un boulot malheureusement mal perçu par la populace et les médias qui, au lieu de cracher dessus, devraient observer d'un peu plus près avec beaucoup plus d' attention.
L.627 est un polar audacieux, qui rompt avec les films du genre en y incorporant un coté social très important. Réaliste, cru, touchant et ponctué d'humour, L.627 est un très bon film.
Très bon réalisme sur les difficultés du boulo de flic (manque de moyen, hièrarchie ultra chiante) Tavernier film avec beaucoup de talent les déboires de la brigade des stup... A voir
C'est simple, frais, touchant, surprenant, humain, bref c'est génial. Tourné à la manière d'un documentaire sur la police, le film malgré ses deux heures et quart est passionnant. Didier Bezace est clairement "the right man at the right place", il fait preuve d'un timbre de voix et d'une gestuelle qui rendent son personnage très attachant. Je suis fan.
Un film sans concessions et sans langue de bois. L'un des Tavernier que je préfère avec quelques répliques bien trouvées. Dommage cependant que le film soit un peu trop long...
La patte de l'ancien flic Michel Alexandre se fait sentir dans ce "documentaire" romancé de la vie de flic à Paris. Anti-clichés, L 627 se veut réaliste, humain, dérangeant. Une vision détestable mais réelle de l'Administration policière malgré ceux qui y croient toujours. Paris est sale, gangrainé, oriental, pourri. La vie et la vue d'un flic qui veut changer le monde, usant de sa personne et de son compte en banque. Ici aucune erreur, pas d'invraissemblance, un docu quoi. Tavernier signe un grand film français, applaudi par les syndicats de policiers. Je me répète : un docu quoi.
Le plus grand polar urbain moderne (années 80 à de nos jours) français avec "36 quai des Orfèvres" et "MR-73" de Olivier Marchal. Acteurs sensationnels (Jean-Roger Milo, Torretton, Bezace, Kady), scénario en acier trempé, réalisme total, un film qui vous immerge totalement dans le quotidien des flics de la Brigade des Stups. C'est peu dire si c'est efficace : on croirait un documentaire tourné sur le vif. A noter, le running-gag hilarant (mais étrange, car pas expliqué du tout) du seau d'eau sur la tronche. Un peu de légèreté ne fait pas de mal !