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On retrouve dans "Benny's Video" des procédés déjà éprouvés dans "Le Septième Continent" : les longs plans fixes, l'importance du hors-champ, les multiples filtres qui font écran entre le spectateur et les personnages ou entre les personnages. On en retrouve, dans un registre légèrement différent, certains thèmes : l'absence de morale d'une société dans laquelle l'argent devient roi, les sentiments qui explosent faute d'avoir pu être exprimés en douceur. Mais là où le film de 1989 était glaçant, précis et tout en tension, celui de 1992 s'essouffle trop vite. En partie à cause d'un rythme qui perd de sa force vers le milieu du film. En partie, à mon avis, à cause d'une certaine lourdeur du propos – les influences conjointes d'un flot ininterrompu d'images et de parents absents sur le comportement d'un adolescent –, qui devient facilement cliché – l'adolescent livré à lui-même, fêtard, fumeur, égocentrique, et qui... écoute du hard-rock avant de commettre son crime ; à la rigueur, le comportement des parents méritait à mon sens plus d'attention, mais c'est un thème introduit assez tard dans "Benny's Video". Cela dit, un mauvais Haneke reste généralement un film assez bon. Rien à dire au niveau des acteurs principaux, tous parfaits. Rien non plus à reprocher au scénario, même si ce n'est pas là-dessus que tablent ce genre de films. Et puis la maîtrise technique – virtuosité, mais qui n'écrase pas le film – fait de ce deuxième volume de la « trilogie de la glaciation émotionnelle » un film qui vaut au moins le coup d'œil. Tout cela, comme d'habitude, au service de la réflexion du spectateur – ce qui n'est jamais inutile.
Ajoutée le 28 oct. 2011 à 20h05 Signaler un abus
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