Marrant ce petit parallèle avec Happy End concernant la violence presque banale des images par écrans interposés (bien qu'ici plus cru que sous-jacente) et du propos de l'insensibilité face à la mort dans ce qu'elle a de plus froide et palpable (cf: le dialogue entre Trintignant et la gamine dans HE). En dehors de ça j'en retire un film peut-être un poil trop mécanique, contrairement au sentiment de glauque absolu du Septième Continent et de l'ironie macabre de 71 fragments, mais le tout constitue une trilogie glaçante sur le quotidien apathique d'une Autriche brisée de l'intérieur.
Un deuxième film choc qui donne d'emblée au réalisateur une place particulière sur l'échiquier du cinéma mais habitué à voir ses réalisations pleines et tirées au cordeau qui vont suivre je n'ai pas vraiment apprécié la qualité du film et son contenu finalement assez faible sur le fond.
Un scénario prometteur tout comme le début du film mais une fois le meurtre passé il ne se passe rien aucune psychologie sur d'éventuel remord ou autre, l'histoire se déroule avec des scènes sans grand intérêt jusqu’à ce que le film se termine.
C'est du Michael Haneke, donc forcément spécial et un peu malsain. Néanmoins, il faut reconnaître au bonhomme de s'attaquer à des sujets complexes et « Benny's Video » n'échappe pas à la règle. On peut y être plus plus ou moins sensible, mais il y a dans ce portrait torturé de l'adolescence quelque chose de poignant et surtout d'assez terrifiant à plusieurs reprises, à l'image de l'influence du drame sur la famille du héros. Tout le monde en prend ainsi pour son grade, de la jeunesse malade aux décisions complètement irresponsables des adultes spoiler: dès lors qu'il s'agit de leur enfant , le dénouement étant à ce titre un sommet de cynisme dont quasiment seul le réalisateur d' « Amour » est capable. Avec en prime une utilisation toujours extrêmement intelligente du hors-champ chez l'auteur, compensant l'aspect un peu trop déplaisant (bien que volontaire) de l'entreprise. Les fans adoreront, les autres...
Risible si ce n'était affreux, ridicule ,indigent, pas crédible pour un sous, et pourtant pas le plus mauvais "film" de ce non-cinéaste qui à fait de la violence gratuite son fond de commerce.
Malgré cette scène d'abattage de porc qui est obsessionnel, le début est très prometteur, riche et intéressant. Passez le moment où les parents sont au courant de ce qu'à fait Benny et vous rentrerez dans un film creux, vain et très lent. Dommage y'avait du potentiel. A voir par curiosité !
Benny's Video est un film très philosophique (comme toujours chez Haneke), qui exploite extrêmement bien les thèmes de la manipulation des médias mais surtout de la domination de l'Image, Image dans laquelle s'engouffre Benny pour esquiver un réalité trop dure pour lui. Malgré tout, il sera obligé d'y faire face après ce fameux meurtre. Oui, je mets bien une majuscule à Image, car c'est bien le personnage principal (avec Benny) dans ce film, et c'est ce que la mise en scène millimétrée de Haneke traduit très bien. Seulement, passé 1h de film, on s’ennuie. Mais on s’ennuie ferme. Nous avons 10 min de fin excellentes, mais entre temps 35 min de bla bla, très (trop) longues. Dommage.
Du Haneke pur jus, où plus de 10 ans avant le Ruban Blanc il évoque les désastres engendrés par certains types d'éducation. Un ado délaissé par ses parents aisés ne vit qu'à travers le prisme de la vidéo. Jusqu'au jour où il commet l'irréparable sans trahir la moindre émotion. Il ne peut l'évoquer auprès de ses parents que par écran interposé, son seul mode de communication connu. C'est à cette occasion qu'ils lui témoignent de l'attention et révèlent toute leur ignominie, leur bassesse et leur inhumanité. Benny n'a aucun repère, n'a plus conscience de quoi que ce soit et finit par ne garder comme seul repère que celui de la virtualité de l'écran au détriment même de ses géniteurs. Comme d'accoutumée avec le réalisateur autrichien, les scènes sont difficiles et le film est très marquant... lui aussi nous transmet le pouvoir de l'image. Un génie !
Aucun doute, ni retour n'est possible dès l'introduction, c'est une plongée progressive vers l'enfer. Avec un léger brouillage de piste au début tout-de-même rattrapé par le caractère explicitement inquiétant de Benny. LA scène du film n'est pas montrée directement, la rendant d'autant plus froide. Pourtant, elle nous poursuit pendant (et après) tout le film, le personnage n'est dès lors plus à nos yeux rien d'autre qu'un truand. Un des films les plus impressionnants sur la psychopathie, glaçant à l'extrême.
Le scalpel Haneke continue sa terrible dissection de la violence et la cruauté du monde, ici par le bais fascinant de la vidéo comme arme de dénonciation massive.
Benny's video, qui est le deuxième film de la Trilogie de la Glaciation par Haneke est du Haneke comme je l'aime (contrairement au Septième Continent avec lequel j'ai eu plus de mal). Rigoureux, avec des plans méticuleux, bien choisis et ses éternels plans fixes, surtout sur les choses qui dérangent et difficiles à regarder. Un peu dans la veine de Funny Games, il transcrit une certaine violence, fait subir au spectateur l'atrocité de l'acte et du geste, qui est pour la plupart du temps minimisée dans les films. Il rend un peu de réalité à toutes ces horreurs. La réalité, un des thèmes central de Benny's vidéo d'ailleurs. Si le personnage de Benny est un peu mou, il est en tout cas empreint d'un mutisme réellement inquiétant, dans sa condition de ce qu'on appellerait aujourd'hui un geek (écran, médias, musique à fond, machines en tout genre dans sa chambre) et ses parents ne sont pas en reste, désemparés et impuissants, déconnectés de la réalité. La voilà encore ! Il y en a des choses à dire sur ce film, ce qui est sûr, c'est qu'il est à voir !
Ce film lent en est ennuyeux, mais la fin est tellement énigmatique qu'elle suscite un débat d'après soirée. Le personnage central est assez intéressant, mais je trouve le filon qui l'enrobe assez mal exploité.
Benny, un jeune ado passe son temps à regarder des vidéos dont une qui le fascine; l'abbatage d'un porc. Il ne va rien trouver de mieux à faire que d'amener une jeune fille chez lui et l'a tuer. Benny n'a pas l'air de capté la gravité de ses actes et ne montrent pas d'émotions. Certaines images sont plutôt choquantes et très réalistes mais le film est très chiant et vraiment lent, on pourrais presque s'endormir.
A l'heure où l'image n'a jamais été aussi présente dans une société aussi complexe que la nôtre, Benny's Video déclenche, une fois encore, un choc chez le spectateur. Deuxième film du triptyque de la glaciation, le film est une immersion à travers la perversité inconsciente de notre temps, c'est-à-dire de notre rapport ambivalent avec l'image comme objet idéologique. La chose la plus banale est souvent la plus dure à comprendre, mais l'image, de tout temps, n'a jamais été neutre. Benny, adolescent perdu dans une famille bourgeoise autrichienne - archétype reprit du Septième continent - est dans l'incapacité de s'émanciper du pouvoir de l'image. Ses parents, absents, deviennent le contraire d'un idéal civilisateur, de la transmission des valeurs. Incapable de distinguer la vérité de la fiction, Benny commet l'horreur dans sa plus profonde incompréhension. La mort qu'il donne à cette jeune fille est le résultat, au mieux, de son inconscience, au pire de sa personnalité forgée par le tyranie de l'image. Vient se greffer à cette profonde réflexion, nous interrogeant sur notre propre libéralité, le spectre du totalitarisme et du passé honteux de l'Autriche. Cacher, dissimuler, éviter de comprendre : voilà le sombre tableau hanekien du post nazisme autrichien. Plus qu'une oeuvre politique, ce qui serait un peu simple pour un réalisateur tel que Haneke, Benny's video soulève une problématique qui n'a jamais été aussi actuelle : l'image est-elle le nouveau totalitarisme de la conscience de masse ? Haneke ne donne aucun remède à ce poison. S'il y a remède, un effet cathartique purificateur, c'est le public qui doit le trouver. C'est tout le contraire de Benny. C'est devenir un Homme libre.