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4,0
Publiée le 13 mars 2012
Après son formidable Road-Movie "L'aîné des Ferchaux", Melville retourne au polar. Si "Le doulos", qu'il avait déjà fait quelques années plus tôt, était très réussi dans un style classique, "Le deuxième souffle" marque un changement de ton et lorgne vers une polar plus sombre. Changement plus que réussi ! Le film est un modèle du genre. Long pour un film de l'époque, le film ne tombe jamais dans la monotonie. Servi par un casting excellent, on y retrouve avec plaisir l'excellent Lino Ventura dans un rôle qu'il endosse à la perfection et Paul Meurisse qui campe avec brio un commissaire doté de tirades qui font mouche. Les seconds rôles ne sont pas en reste non plus (Pierre Zimmer, Michel Constantin, Raymond Pellegrin, Marcel Bozuffi... Tous bons !). Le code d'honneur et le professionnalisme des bandits de l'ancienne génération, thème assez récurrent dans les polars de Melville, sont de nouveau présents. C'est le début d'un virage dans la carrière du réalisateur qui fera les classiques qu'on lui connaît ("Le samouraï", "Le cercle rouge", etc.)
Melville prend le temps de développer ses personnages, leur psychologie et les relation qui les unis, ne s'interessant finalement qu'assez peu au braquage (on ne voit par exemple aucun préparatif) qui n'est finalement là que pour précipiter les évênements. Le héros joué par Lino Ventura est un gangster à l'ancienne et vieillissant, conscient que son temps est terminé mais qui se lance dans un dernier coup pour une question d'honneur. Il regrette les nouvelles pratiques des jeunes malfrats, et même les nouvelles méthodes policières. On notera au passage la présence d'un Paul Meurisse en grande forme, en particulier lors de sa savoureuse première apparition. Le cinéaste prend également le parti de ne pas dévoiler tous les détails de son histoire, laissant volontairement de nombreux détails flous ou sans réponse. Le film s'ouvre ainsi en plein milieu d'une évasion, Melville renforcant le côté destabilisant de cette ouverture par des choix de cadrages surprenants et très travaillés. De la même façon, il n'explique jamais les origines du contentieux opposant Gu et Paul Ricci quand bien même il s'agit d'un des principaux moteurs du récit. Le cinéaste maîtrise complètement la durée de son film (2h30) et installe sur la longueur les enjeux de son récit pour les faire se rejoindre lors du réglement de compte final.
Considéré comme l'un des sommets du cinéma de Jean-Pierre Melville, "Le deuxième souffle" souffre pourtant d'une première heure ennuyeuse qui met difficilement en place les protagonistes et les enjeux du récit. Cependant, il prend de l'ampleur à chaque instant.
Le deuxième souffle est trop inégale, on enchaine de très bonnes scènes avec d’autre trop molles. La lenteur ce fait trop ressentir, contrairement au cercle rouge ou au samouraï. Un bon film cependant mais sans surprise.
Jean-Pierre Melville mérite décidément sa réputation, il prouve une fois de plus qu'il est le maitre du polar francais a travers cette serie noire a la lenteur envoutante et au scenario maitrisé (comme dans tout les films du réalisateur) a la perfection qui fait preuve parfois de complexité, mais c'est ce qui rend le tout encore plus fascinant ! Un casting génial mené par Lino Ventura, accompagné entres-autres de Paul Meurisse (deux ex-tontonts flongueurs, pour une histoire finalement similaire, mais beaucoup plus serieuse !) et Michel Constantin (qui avait rencontré Lino Ventura auparavant dans les Grandes Gueules d'Enrico et Ne Nous Fachons Pas de Lautner)... un casting donc parfaitement approprié a un classique du film noir ! La caméra est tres tres bien tenue, la photographie magnifique (un noir et blanc tres lumineux et bien contrasté, c'est visuellement irréprochable !), le tout a travers des décors pourtant simples, mais qui n'empechent en rien de faire de ce film un grand film, grace a son scenario en béton et ses acteurs talentueux ...
Un bon film de gangsters français avec l'irremplaçable Lino Ventura. Un film des années soixante, époque où on savait faire des polars en France sans essayer de calquer les réalisations outre-atlantique. Les acteurs sont naturels. C'est classique inaltérable dans le temps !
Deux petites étoiles... Je suis assez déçu par ce film qualifié de pilier du polar français. J'adore L. Ventura et le reste du casting n'est pas en reste. Le scénario est très porteur... Mais il manque vraiment d'entrain, les 2h30 se font sentir sans ménagement ! On peut dire que celui-ci a vieillit et ne mérite peut-être pas tout ces éloges...
1966. Jean-Pierre Melville réalisait Le deuxième souffle; polar maîtrisé à la mise en scène réussie. Vous verrez dans ce film des plans comme on n'en fait plus -très peu de champ/contre-champ, la caméra suivant l'interlocuteur sans coupe- et des acteurs en grande forme. Malgré cela, on voit bien que l'oeuvre a vieillie et qu'il y a des moments de lassitude. Les anciens polars ont un rythme bien plus lent que ceux de maintenant. Il est donc difficile, parfois, de faire un bond en arrière.
On se retrouve plongé dans le monde des gangsters et autres crapules dans une france des années 50-60 (je ne me rapelle plus de l'époque exacte) en suivant Gu, un homme de ce monde sombre qui s'évade de prison dés le début du film. On va alors le suivre dans sa période de liberté et à son retour dans le métier. Pour souligner ce monde dur sans aucune pitié où la violence est monnaie courante, le film est en noir et blanc, et impose alors une ambiance très "vieux polar". On plonge alors avec plaisir dans le film où tout le monde à un flingue, où les salaires sont touchés grâce à des cambriolages, des meurtres, des arnaques, cela change un peu des film sur la mafia sicilienne qui sont trop importants en nombre et lassent. La "french touch" réside dans le réalisme, au niveau des personnages et de l'histoire, donc pas d'exploits, des hommes normaux et aucunement surhumains, on nous prévient au début du film, pour qu'on ne se fasse pas d'illusion, que l'histoire et les personnages sont fictifs. Peut être le seul mauvais point réside dans sa longueur car le réalisme poussé nécessite des scènes de repas, où des plans long sur des marches des personnages par exemple, mais on pardonne volontier car des bons cotés en entrainent toujours des mauvais derrière quoi qu'on fasse. Très bon polars qui montre que les français sont les maitres du genre.
Avec "Le Deuxième souffle", Jean-Pierre Melville entame la partie la plus célèbre et la plus acclamée de sa carrière, ponctuée de chefs-d’œuvre. Il adapte ici un roman de José Giovanni et nous livre un film de gangsters fortement influencé par le cinéma américain mais parvient à garder un style personnel qu'il poussera jusqu'à l'épure dans "Le Samouraï". Les personnages ne s'encombrent pas de dialogues superflus et les actions comptent plus que les mots dans cette tragédie poussant inéluctablement le truand Gu vers sa fin. Sans juger les actions de ses personnages (Gu tuant tout de même un gendarme et un commissaire), Jean-Pierre Melville nous offre une belle radiographie du milieu criminel de l'époque, sans artifices. Tous les acteurs sont impeccables, de Lino Ventura à Paul Meurisse, irrésistible en policier lucide.
C’est bien dans le style de Melville, mais l’histoire est très peu originale et sans intensité. Pourtant, pour une fois le rythme est bien tenu. La qualité du film vient de ses deux acteurs principaux : Lino Ventura et surtout Paul Meurisse qui illumine chaque scène où il apparaît. Dommage que Manouche ne soit pas un personnage plus important dans le film, les visages féminins sont si rares dans les films de Melville.
Un classique signé par l'excellent cinéaste que fut Meville. La scène du braquage du fourgon est remarquable. Paul Meurisse est vraiment éblouissant dans le rôle de l'inspecteur.