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note moyenne
3,5
39 notes dont 6 critiques
33% (2 critiques)
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17% (1 critique)
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Votre avis sur Femmes entre elles ?

6 critiques spectateurs

Jr. K.

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 29/05/2017

Peut-être le plus beau film d'Antonioni, en tout cas celui qui plonge d'un coup dans l'épure psychologique/esthétique et le partage de l'angoisse, qui seront ses préoccupations jusqu'à la rupture de 65. Gabriele Ferzetti, Eleonora Rossi Drago, Yvonne Furneaux, Valentina Cortese, Madeleine Fischer forment une troupe d'actrices d'une puissance inégalée. L'intrigue beaucoup plus dramatique qu'elle ne paraît vient d'une superbe nouvelle de Pavese: tout est dit sur un ennui qui conduit à la mort (film titré par antiphrase car Pavese parle des femmes seules). Comme tous les arts, il est un moment magique au cinéma où "less is more". Le fait de retirer les effets, d'allonger une dimension (ici le temps) donne soudain à un mode d'expression une force que le baroque avait dissoute. Ce moment où l'épure classique joue à plein (ici 1955) ne dure pas en général et Antonioni l'a très bien compris. Il prend le tournant minimaliste dans Le Amiche, il tiendra la corde jusqu'à Blow Up (1965), film où il abandonnera le classicisme pour se lancer dans une aventure un peu ridiculement "à la mode" qui d'ailleurs ne donnera rien (Zabriskie, La Chine et Reporter sont à mon avis des échecs esthétiques). En attendant l'"avventura" de Clelia (Eleanora RD) et de ses apparemment futiles amies, dont la triste Rosetta (Madeleine Fischer), signe un échec, une fuite, un tournant que prend Clelia pour préserver son existence. Ne nous trompons pas, dans l'air raréfié d'une bourgeoisie un peu minable et de femmes au travail (Clelia), filmées sans concessions, il s'agit bien, comme dans Avventura, Notte, Eclisse, Deserto Rosso, d'un drame, c'est à dire d'une tragédie sans rédemption, sans catharsis. Un cinéma qui, comme Racine, ne vieillit pas.

David R.

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4,0Très bien
Publiée le 27/04/2014

Le film est un peu daté, ce qui n'est pas forcément un défaut, mais certains sujet chers à Antonioni, comme l'incommunicabilité entre les êtres, sont déjà présents. Quelques décors, le personnage interprété par Valentina Cortese, excellente, et la musique sont d'une étonnante modernité. Très bien filmé, intelligent, sensible et bouleversant, le film est bien sûr à voir.

gemini-hell

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2,5Moyen
Publiée le 21/09/2012

Le film débute de manière brillante, en introduisant habilement le personnage central au sein de ce microcosme turinois petit bourgeois, un peu bobo avant la lettre. Mais très vite on s‘ennuie face aux incertitudes des uns, aux égarements des autres et on a un peu l’impression de feuilleter un roman-photo de luxe, bavard et superficiel. Yvonne Furneaux et Valentina Cortese, tant par la qualité de leurs rôles respectifs que de l’interprétation qu’elles nous offrent, dominent la distribution de ce film d’Antonioni.

norman06

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3,5Bien
Publiée le 18/08/2012

Ce film subtil et féministe avant l'heure annonce les futurs chefs-d'œuvre d'Antonioni des années 60 : chronique d'une bourgeoisie désabusée, drame de la non communication, remises en causes après une disparition... La forme est plus classique et le scénario explicatif mais on est subjugué par l'intelligence de l'adaptation et l'élégance de la mise en scène. Eleonora Rossi-Drago, Valentina Cortese et Yvonne Furneaux, chacune dans leur style de jeu, sont remarquables.

tixou0

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4,0Très bien
Publiée le 04/08/2012

Clelia (Eleonora Rossi Drago), Momina (la Française Yvonne Furneaux, qui tourna plus à l'international que dans notre pays), Mariella (Anna Maria Pancani), Nene (Valentina Cortese), Rosetta (la Suissesse Madeleine Fischer, alors mannequin et dont c'était la première apparition à l'écran) et les autres : Carlo (Ettore Manni), Cesare (Franco Fabrizi), Tony (Luciano Volpato) et Lorenzo (Gabriele Ferzetti). Distribution parfaite. 5 femmes et 4 hommes seulement - le drame qui rôde dès le début de l'histoire vient de ce décompte imparfait : Nene la céramiste est mariée à Lorenzo le peintre, lequel se laisse tenter par une liaison adultère avec Rosetta, tombée éperdument amoureuse de lui quand il a fait son portrait. Clelia est le plus souvent en scène ; la jeune femme revient à Turin (où elle est née et a vécu ses premières années dans un milieu pauvre) monter une succursale de la maison de couture romaine où elle fait carrière, et en assurer la direction. Le hasard la met en contact à l'hôtel où elle loge avec Rosetta, sa voisine de chambre qui a fait une tentative de suicide, et aussi avec Momina, la « meilleure amie » de cette dernière. Clelia fait rapidement la connaissance des deux autres inséparables, Mariella et Nene, qui constituent un petit cercle amical avec Rosetta et Momina : toutes sont issues de la haute-bourgeoisie turinoise. Antonioni adaptait là une nouvelle de Cesare Pavese (qui s’était suicidé 5 ans plus tôt, à l’âge de 42 ans seulement), « Tra Donne sole (« Entre Femmes seules », littéralement), avec deux célèbres coscénaristes femmes, Suso Cecchi D’Amico et Alba De Cespedes, sous le titre original « Le Amiche » (« Les Amies ») – la reprise de cet été se faisant en France à nouveau comme « Femmes entre elles » (titre assez inapproprié, suggérant d’emblée une histoire de harem, ou quelque chose d’approchant !). Le cinéaste déjà quadragénaire (il est né en 1912 et le film date de 1955) connaît enfin le succès, même si encore plutôt limité à l’Italie, avec ce film, Lion d’Argent à la Mostra la même année et Ruban d’Argent du Meilleur réalisateur italien l’année suivante (récompense décernée par les journalistes spécialisés de la péninsule, et la plus ancienne de ce genre au niveau européen). Cette chronique sans complaisance de la bourgeoisie provinciale (décadente) est narrée au féminin : l’oisive qui collectionne les amants entre deux réconciliations financièrement profitables avec un mari Arlésienne, l’écervelée qui veut se marier pour la robe (!), l’artiste qui se bat pour garder un mari volage qu’elle dépasse en succès, la benjamine égarée par une passion sans espoir, et la nouvelle « amie » de ces quatre-là, qui préférera renoncer à son amour pour un trop modeste soupirant, ne pouvant abandonner un statut social chèrement acquis). Rivalités, voire acrimonie et même hystérie derrière les bavardages et insouciances de façade (pas de vraie communication), une grosse dose d’égoïsme (et conséquence : l’abandon de Rosetta par ses « amies »). Les hommes sont quasiment des silhouettes, les protagonistes sont leurs compagnes, d’un moment ou d’une vie (le couple Lorenzo/Nene), « Femmes entre elles », devant la caméra inspirée d’un grand metteur en scène « féministe » organisant au mieux l’espace où évoluent ses personnages, avec ce sens exceptionnel du cadre qui le caractérisera toujours. Une œuvre belle et passionnante à (re)découvrir en version restaurée.

chrischambers86

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5,0Chef-d'oeuvre
Publiée le 02/12/2009

Le roman dont le film est tirè, "Tra donne sole", est l'oeuvre du regrettè ècrivain Cesare Pavese, qui s'est donnè la mort à 42 ans. Film charnière du cinèma italien, "Le Amiche" vaut à Michelangelo Antonioni une rèputation de champion de la cause fèministe, considèrè, avec Ingmar Bergman, comme un cinèaste de la femme! Plus sentimental que le roman de Pavese, "Le Amiche" se rèvèle être un chef d'oeuvre au vu de ses oeuvres antèrieures hormis "Cronaca di un amore". Au niveau visuel, le plan-sèquence et ses mouvements de camèra sont employès à bon escient et produisent quelques scènes typiquement antonionienne! Dans la remarquable sèquence où les hèroïnes et leurs soupirants se promènent le long de la plage, le cadrage annonce dèjà celui de "L'avventura". De plus, la camèra souple et discrète d'Antonioni analyse le comportement d'un groupe de femmes (Eleonora Rossi Drago et Valentina Cortese, superbes), les regarde vivre, aimer, douter, se dèchirer! Soigneusement orchestrè, c'est un essentiel du cinèma italien avec la magnifique musique de Giovanni Fusco...

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