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VodkaMartini
63 abonnés
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5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Il est des films comme ça, à mesure que le temps dissipe les détails, histoires, actions, laisse, non pas un souvenir, mais une marque sensorielle. "Shadows" indubitablement est de ceux-là. Vaporeux, à la manière de l'ivresse solitaire du bout du bar, intime et nocturne, Cassavetes capte une pulsation là où d'autres ne voit rien. Merci.
Shadows est, selon le Dictionnaire du cinéma, un film sur le racisme vu de l'intérieur. Il ne s'agit donc pas de politiser le spectateur, mais plutôt de le faire réagir ( par le biais d'un film intimiste ) face à ce problème fondamental qu'est le racisme entre les Noirs et les Blancs ( du reste, le choix d'une photographie Noir et Blanc n'est certainement pas anodin ): le film raconte l'histoire d'amour entre une femme appartenant à une famille noire ( Leila ) et un homme blanc ( Tony ) qui, lorsqu'il découvre les origines de Leila, prend ses distances et la délaisse. Les frères de Leila, eux mêmes animés par un racisme envers les Blancs, aideront la jeune femme à évincer Tony. John Cassavetes sublime ses personnages en utilisant de façon récurrente des gros plans d'une rare beauté, ce qui donne au film une dimension sensitive, presque organique. Certaines scènes sont de véritables morceaux d'anthologie ( la scène très drôle où Bennie et ses amis se chamaillent autour d'une place où demeurent des statues ) Le tout accompagné d'une musique free jazz illustrant parfaitement les litiges entre les Noirs et les Blancs. John Cassavetes privilégia l'improvisation pour son premier grand film, qui reçut le Grand Prix de la Critique à Venise en 1960.