J'étais très intrigué sur ce film, je n'ai pas laissé passer l'occasion de le découvrir au cinéma et je ne suis pas du tout déçu, Reflets dans un oeil d'or est film remarquable sur bien des points. Esthétiquement parlant cette oeuvre m'a énormément plu tant pour sa photo que sa mise en scène. Le film est passé sous un filtre particulier, comme un mélange de sépia et de couleur or. Je ne comprends pas le pourquoi de ce choix ni de ce titre mais visuellement ça m'a quand même beaucoup plu, surtout que c'est couplé à une réalisation très réussie, des mouvements agréables à l'oeil, l'utilisation du silence et la création d'un mystère autour des personnages, leur écriture est remarquable. Marlon Brando était définitivement un grand acteur, à la fois touchant et intriguant, son rôle est des plus ambigus et il sait conférer à son personnage sa force de caractère mais aussi ses troubles et sa frustration. Sa mystérieuse attirance pour ce soldat est un des points forts du film, il y a comme une tension qui se crée autour. Le film aborde beaucoup de choses comme le plaisir, la place de l'homme face aux normes, le désir... On sent que la construction des personnages a été effectuée sur des bases freudiennes et en tout cas il y a une vraie intelligence derrière ce film, nous sommes dans un flou permanent et Huston se montre très habile en tant que metteur en scène.
Liz Taylor est convaincante ainsi que le reste du casting, globalement l'interprétation est de qualité, et il le fallait pour camper de tels protagonistes. Nous sommes dans une phase d'observation de l'âme humaine et ses dérives, ses envies. Le spectateur est observateur de ce qui se trame. Huston peint ses personnages avec brio et subtilité, le thème du film est d'ailleurs assez surprenant (et osé) pour cette époque où les moeurs étaient quand même bien moins libres qu'aujourd'hui. En bref j'ai adoré ce film, je ne connaissais Huston uniquement grâce au Tresor de la Sierra Miadre qui était magistral. C'est un très beau film, très profond et brillamment mené. La dernière scène ne m'avait pas forcément plu mais la tension qui la précède est admirable, malgré de légers défauts nous sommes quand même devant du grand cinéma.
Au-delà de l'aspect esthétique assez spéciale (première fois que je vois un film avec cette couleur), c'est dans son souci de centrer l'intrigue sur la psychologie et la profondeur de ses personnages que reflets dans un oeil d'or trouve à mes yeux sa force et son originalité. C'est étrangement aussi pour cette raison qu'il pourra en dérouter plus d'un car les protagonistes sont brossés de manière totalement dénudés comme on le voit rarement au cinéma. On sait dès le début qu'un meurtre a été commit, on ne sait pas sur qui, par qui et encore moins pourquoi, mais Huston nous fait un contré pied remarquable en nous permettant de côtoyer la victime et le meurtrier avec le même regard innocent, risquant même de s'attacher au dernier et de le comprendre avant qu'il ait commit l'irréparable, il ne s'agit pas de justifier le geste, mais de comprendre avant de juger, d'être à la fois l'avocat de la victime et du bourreau pour les voir dans tout ce qui constitue à la fois leurs part d'ombre et de lumière. Un film d'une humanité rare ! Brando, il n'y a pas de mots pour décrire à quel point il est déchirant dans ce film. Ça dépasse l'entendement !
John Huston réunit les deux plus grandes stars des années 1960 dans ce film, Marlon Brando et Elizabeth Taylor. Le réalisateur effectue une démarche intéressante dès le générique du début en inscrivant le nom de la femme avant celui de l'homme, une originalité qui reflète quelque part la relation entre les deux personnages que l'actrice et l'acteur interprètent. Pourquoi? Parce que ce film contrairement à ce que l'on peut supposer par rapport au titre n'est pas une histoire d'amour simple et classique et au contraire les protagonistes en question pourtant mariés se méprisent. Difficile à priori d'y croire lorsque l'on connaît la beauté d'Elizabeth Taylor et celle de Marlon Brando. Seulement, comme pour la plupart des couples, la beauté ne suffit pas lorsque les personnalités s'opposent surtout quand il s'agit de mariage par intérêt. L'interessé en question est le personnage incarné par Marlon Brando qui a épousé cette femme non pas par amour mais pour sortir de son simple rang de soldat pour obtenir un grade nettement plus important. Le réalisateur traite les tourments de l'âme humaine en mettant en scène deux couples qui rencontrent le même problème, ne pas pouvoir coucher ensemble. Ici, tous les rôles sont importants car il s'agit d'un drame psychologique. Marlon Brando joue un homosexuel frustré, ElizabethTaylor une femme qui couche avec l'homme de l'autre couple, la femme de l'homme en question souffre d'une sorte de névrose mêlée à des hallucinations après la perte de son jeune enfant qui se console avec un homme de compagnie et enfin un simple soldat qui a peur de coucher avec les femmes mais qui adore les regarder, une sorte de voyeur en somme. Le film dispose d'un scénario très riche, très dense au rythme soutenu avec des scènes fortes et cruelles. Marlon Brando est sans doute le personnage le plus torturé du film et sa composition en homme masochiste qui souffre de sa solitude et de sa frustration est extraordinaire du début à la fin. John Huston réalise un film dur, violent, parfois pervers dans les actions de ses personnages et montre que l'âme humaine regorge de multiples sentiments tels que la colère, l'amour, la haine, la jalousie, la violence, le refoulement, le sadisme bref les relations entre humains ne respirent ni la simplicité ni la sérénité. Au final, John Huston offre un rôle en or à Marlon Brando et signe un chef-d'oeuvre du septième art.
Avant de voir Reflets dans un œil d'or, j'avais vu quelques œuvres de John Huston, comme Les désaxés ou Le faucon maltais qui ne m'avaient pas conquis malgré une belle réputation, c'est donc le premier film de ce réalisateur que j'apprécie vraiment, enfin que j'adore tout simplement. Je peux comprendre qu'on n'apprécie pas ce film, c'est vrai qu'il ne se passe pas grand-chose, le rythme est lent, j'aurais pu trouver ça chiant moi-même, mais non ça m'a beaucoup plu. Je trouve aussi qu'adapter le roman de Carson McCullers au cinéma était tout sauf facile, c'est très difficile de captivé un spectateur avec une histoire sans aucune, ou presque, action, d'ailleurs ça se vérifie aujourd'hui puisque la grande majorité des nouveaux films sont essentiellement des comédies navrantes à humour grotesque ou des films d'actions bourrés d'effets spéciaux, vu que c'est-ce qui attire un large public. Les éléments qui m'ont le plus plu dans ce film, c'est la réalisation de John Huston, j'ai particulièrement adoré la scène de course du cheval, qui est magnifiquement filmée. Evidemment c'est impossible de ne pas parler de Marlon Brando, qui remplace Montgomery Clift disparu peu de temps avant le début du tournage, il est vraiment exceptionnel dans ce personnage d'homme impuissant, homosexuel refoulé, méprisant sa femme, qui oublie cela en prenant du plaisir avec des séances de musculation ou encore en battant un cheval pour une utopique virilité, un des plus grands rôles de sa carrière. La sublime Elizabeth Taylor, autre monstre sacré du cinéma, est également excellente et comme Brando est à la hauteur de sa réputation, en femme ne parlant presque plus à son mari et s'amusant à l'humilier. Brian Keith et Julie Harris sont très bons eux-aussi et forment l'autre couple de l'histoire, enfin pseudo-couple, tandis que Robert Forster complète ce casting avec un rôle bourré de dialogues, il doit bien avoir treize mots à dire en tout. Ce que j'ai adoré aussi, c'est qu'on comprend plus les personnages qu'ils ne se comprennent eux-mêmes, rien n'est expliqué, on ne voit pas un mélodrame, ce qui m'aurait à coup sur déplu, on rentre dans la psychologie des personnages, on assiste à la vie de quelques personnes et j'ai trouvé que c'était très réaliste. Je pense qu'on peut parler de chef-d'œuvre, même s'il est clair qu'il ne plaira pas à tout le monde.
C'est réellement un beau film mais si particulier,si étouffant,si contraire à la vie telle que la majorité d'entre nous la rêvent qu'il est impossible de le conseiller. On peut d'ailleurs vraiment le détester, le trouver lent et ennuyeux mais en aucun cas inintéressant. Je crois de Huston en était fier, Il le pouvait,,car réussir un film tellement contraire à son tempérament généreux a du lui demander beaucoup d'application. Pour ma part, je n'ai qu'un regret, c'est de voir si peu Elisabeth Taylor qui y est vraiment exceptionnelle. Son petit rire aigrelet entendu derrière les buissons de mures se répétera trop peu souvent à mon goût. Cette actrice à trouvé dans la maturité une capacité de comédienne de haut niveau et c'est fort dommage que la presse ait détourné notre attention sur sa vie privée. Dans cette atmosphère pesante et malsaine, elle apporte sa fraîcheur, sa spontanéité et sa beauté. Elle sait vraiment tout faire; sans elle je crois que le film ne serait qu'un pensum intellectuel. De cette étrange ambiance,c'est la raison du crime que je retiendrai '' Puisque je n'ai aucune chance de te posséder,il ne me reste qu'à te tuer '' ce qui prouve qu'on peut être un admirateur inconditionnel de Carl Von Clausewitz et ne pas tenir compte de ses conseils.
Assez surpris de voir qu'un film des années 1960 traite de pulsions homosexuelles refoulées. On pourra regretter certains éléments du scénarios un peu lourds, ou peut être l'emploi de la couleur sépia qui finit par lasser au bout d'un moment. Mais je me suis pris d'intérêt pour cette histoire, alors qu'il ne s'y passe pourtant pas grand chose. Il faut dire que John Huston se montre plutôt habile lorsqu'il s'agit de filmer les désirs des êtres refoulés.. Qui plus est, le duo Elizabeth Taylor - Marlon Brando fonctionne bien.
Je ne pense pas que le film soit mauvais, mais il m'a vraiment ennuyé, alors ok la mise en scène est bonne, les acteurs aussi, le sujet est pas inintéressant, mais je ne sais pas, peut-être le jaune omniprésent dont je n'ai pas compris la réelle utilité m'a t'il sorti du film dès son commencement, je ne sais pas, en tous cas, j'ai fais quelque chose que je fais rarement, mais j'ai passé les dernière 45 minutes en accéléré…
une lenteur extrême, des personnages et des dialogues sans intérêt, un scénario qui se résume à la dernière minute, l'ennui et la vacuité parfaitement transposés.
Dès la fin du générique du début, on est saisi. On sait qu'un meurtre a été commis et on veut savoir qui est la victime ? Qui est l'assassin ? Où ? Comment ? et surtout pourquoi ?. Et on sait dès les premières minutes du film que le suspense sera freudien tout comme la raison du meurtre. Même si je dois reconnaître que je n'ai pas été totalement emballé par ce film, John Huston a quand même réussi un brillant exercice de style accentuant la folie et la frustration des personnages, dûes à une solitude et à un ennui profonds, avec une inoubliable photographie sépia, le tout sur fond de sado-masochisme. Et puis Elizabeth Taylor et Marlon Brando sont remarquables interprétant respectivement un de leurs meilleurs rôles. Un film audacieux qui, pour cette raison justement, mérite d'être vu.
Les détours de l’âme humaine à nouveau explorés par Huston, inspiré cette fois (après Tennesse Williams pour La Nuit de l’iguane) par l’œuvre de Carson McCullers, géante de l’écriture américaine. Que dire sinon que tout est parfait ? La caméra est un œil, un œil de voyeur bien sûr comme celui du soldat amateur de juments et de femmes ; la musique est juste mais discrète ; le jeu des acteurs est à l’unisson et Brando arrive encore à nous étonner. Alors, pourquoi des réserves ? C’est vrai que c’est trop long, que l’on s’ennuie (horrible mot, interdit à un critique de cinéma) et que l’on sait à peu près d’avance comment tout cela va finir. Mais à quoi cela tient-il ? Peut-être à ce que dans l’univers de Carson McCullers, il manque un élément essentiel du puzzle hustonien : l’humour.
Ca rappelle un peu "Tant qu'il y aura des hommes" : une vie de garnison médiocre et pathogène, une femme d'officier délaissée et cédant à l'adultère. Mais là les pulsions sexuelles perverses (fétichisme, masochisme, voyeurisme...) sont explicitement mises en scène. On a aussi de très beaux dialogues sexuellement allusifs, avec sens cachés parfois comiquement obscènes. Les supposées valeurs militaires sont très subtilement ridiculisées. L'action est aussi bien serrée et construite que dans une pièce de théatre. Brando en ganache rigide et complètement dépassée par ses pulsions fait une composition étonnante, totalement à contre emploi de son image. Bref c'est excellent.
un excellent film,qu'il faut vraiment réhabiliter.Un scénario trouble,interprétation hors pair du duo Taylor-Brando,fin tragique,un film assez audacieux pour l'époque. Du très grand cinéma,un excellent film de John Huston.