Troisième et dernier opus de la franchise, après le cultissime 1er volet (1988) réalisé par le Néerlandais Paul Verhoeven et le 2ème (1990) réalisé par Irvin Kershner, c’est à Fred Dekker, plus habitué aux Séries B horrifiques (Extra sangsues - 1986 & The Monster Squad - 1987) de prendre la relève avec plus ou moins de difficultés. En ayant voulu rendre ce film accessible au plus grand nombre, le film se voit édulcorer de toute la violence âpre et nihiliste qui faisait la saveur des précédents volets (il passe ainsi d’une classification "Rated R" à "PG-13").
Dans ce troisième chapitre, on retrouve le conglomérat OCP, entre-temps racheté par la firme japonaise Kanemitsu Corporation, qui souhaite bâtir Delta City sur les ruines du vieux Detroit et tant pis pour les résidents de seconde classe qui vivent encore dans les bâtiments délabrés, s’il faut raser des pâtés de maisons entier en leur présence, ils ne vont pas s’en priver. Au même moment, on découvre que la firme japonaise a mis au point ses propres androïdes appelés "Otomo", sortes de RoboCop ninja.
Tourné dans la foulée du second opus, en 1991. Peter Weller était déjà en plein tournage sur Le Festin nu de David Cronenberg, raison pour laquelle il se retrouve remplacé par Robert John Burke. Au même moment, Orion connaît de graves difficultés financières, la faillite met à mal la société qui se voit dans l’obligation de mettre en stand-by bon nombre de projets en pré ou post production, raison pour laquelle le film restera dans les tiroirs pendant quelques années, avant d’être exploité en salles.
Si RoboCop 3 (1993) ne brille pas par son scénario (qui ne fait que reprendre ce qui avait déjà été fait auparavant, à savoir des politiciens véreux et des hommes d’affaires cupides), étonnamment, il faut tout de même reconnaître que l’on adhère assez facilement à cette énième suite. Et ce, malgré quelques éléments grossiers disséminés ici et là, comme cette gamine qui parvient à déprogramme l’ED-209 à l’aide d’un « Vtech Genius 6000 », sans parler de cette fumeuse histoire de robots ninja ou alors cette séquence WTF où RoboCop surgit dans les airs en jetpack.
On regrette amèrement de voir RoboCop passer au second plan et ne devenir qu’un faire-valoir. Malgré cela, il faut tout de même reconnaître quelques réussites notables comme ces animatronics très réussis (avec le robot ninja notamment). Quoi qu’on en dise, cela reste un divertissement parfaitement honorable, bien que celui-ci soit le moins réussit de la franchise.
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