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Les Contes de la lune vague après la pluie
note moyenne
4,3
374 notes dont 58 critiques
41% (24 critiques)
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Votre avis sur Les Contes de la lune vague après la pluie ?

58 critiques spectateurs

Santu2b
Santu2b

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4,0
Publiée le 09/04/2016
Sorti en 1953 et sacré à Venise, "Les Contes de la lune vague après la pluie" constitue le chef-d'oeuvre de Kenji Mizoguchi, classique du cinéma japonais. Classique du cinéma mondial devrait-on dire plutôt, résumant à lui seul la sagesse de la philosophie nippone. Sur le plan formel, l'œuvre délivre un véritable festival de virtuosité. Au cœur d'une reconstitution impeccable du Japon du XVIe siècle, le cinéaste étale ses multiples fondus et ses plans parfois inoubliables. Et que dire de cette lumière fabuleuse et même spirituelle, faisant scintiller la brume sur la mer. Lorgnant même vers le fantastique, "Les Contes de la lune vague après la pluie" propose une réflexion intense et parfois émouvante sur le destin et la question du choix humain. Une perle d'inventivité et de poésie.
Appeal
Appeal

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4,0
Publiée le 01/03/2013
Je ne peux parler du cinéma de Mizoguchi, c'est mon premier film de ce réalisateur (et probablement pas le dernier, puisque l'expérience est concluante), ni du théâtre Kabuki dont je ne connais rien, ni même des sources d'inspirations du réalisateur, apparemment il y a du Maupassant pas loin, dont je n'ai pas connaissance. Je me limiterai à mon ressenti, à ce que j'en ai tiré, simplement, sans préalable. Les contes de la lune vague après la pluie (remarquez tout d'abord ce magnifique titre) n'est pas un film facile d'accès. Peut-être comme un premier Kurosawa où le jeu de Toshiro Mifune peut surprendre, il en va de même pour ce film où l'on ne décèle, pour le coup, absolument rien d'occidental. Difficile d'entrer en immersion totale dans cette culture, dans ces jeux d'acteurs, dans ces histoires -puisqu'elles sont au nombre de trois- qui nous parlent de fantômes, d'ombres, de samouraïs. Je pense de ce fait que ce film de Mizoguchi nécessite un "entrainement", qui passe par la case Kurosawa par exemple, plus soft pour s'habituer au cinéma japonnais, qui est ici, je pense, dans toute son expression singulière. C'est donc deux histoires qui se déroulent simultanément, ou plutôt on suit trois personnages différends, tout d'abord réunis ensemble, puis séparés; deux hommes et leurs deux femmes, mais le récit se concentre principalement sur l'histoire des deux hommes. Chacun est motivé par un désir finalement proche, l'argent ou le pouvoir (militaire en l'occurence), et chacun va trahir ses valeurs morales pour atteindre son objectif. Les deux hommes vont réussir à combler leurs désirs, mais dans une illusion, une sorte de rêve réel bancal, qui ne tient pas, et qui comme un château de carte s'effondre à la moindre brise venue. Retrouvant la vue, après la cécité du fantasme, les deux hommes constatent, impuissant, tout le mal qu'ils ont produit et tout ce qu'ils ont perdus. Il y a plusieurs éléments intéressants dans ce film, qui dépassent largement le simple topo du "prenez garde à vos désirs". Il faut situer le film dans son pays d'origine, le Japon, à la moralité si particulière. Tout d'abord, comme pour Le Chateau de l'Araignée ou Rashomon chez Kurosawa, Mizoguchi trifouille la question de l'honneur. Mizoguchi critique l'utilisation faite de l'honneur : valeur vite oubliée quand il s'agis d'assouvir ses désirs, mais aussi instrument d'humiliation, plus particulièrement pour les femmes, déshonorées pour rendre service aux hommes. Mizoguchi s'inscrit dans cette lignée que l'honneur ne doit être rien d'autre que l'honneur du juste, qu'on ne peut trafiquer celui-ci pour ses intérêts, qu'on doit toujours s'y soumettre au nom justement de cette fameuse justice. Outre cela, les femmes jouent également un rôle important dans le film, où elles sont finalement les plus raisonnée, les plus mesurées, face à des hommes qui se trahissent eux mêmes et font le mal autour d'eux; mais tout autant, celles-ci peuvent être des motrices, ou plutôt des étincelles qui peuvent bercer l'homme d'illusion : l'homme comme la femme se doivent de prendre garde. Enfin, d'autres critiques peuvent être décelés, comme l'hypocrisie de l'armée miltaire, les crises que la guerre provoque inutilement, l'individualisme forcené contre une nouvelle fois tout esprit de justice ou plus simplement d'humanité, etc. Un film très complet en sommes, aux portraits touchants, auxquels s'ajoutent une très belle technique, de beaux plans, et une véritable japan touch de l'absurde et de la folie. Difficile d'accès cependant, il me faudra le voir une seconde fois, et je ne le conseil pas comme premier film japonnais, en dépit des commentaires élogieux de la presse, qui le considère comme le meilleur film de l'archipel avec le Voyage à Tokyo d'Ozu.
EricDebarnot
EricDebarnot

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5,0
Publiée le 11/09/2008
Revoir "les Contes de la Lune Vague" aujourd'hui, alors que notre connaissance et compréhension du cinéma nippon "classique" et de Mizoguchi en particulier a été multipliée, nous expose à une vraie surprise : si l'on retrouve, éblouis, le sens - indiscutablement génial - de la mise en scène et de l'image du grand maître, le film - considéré, rappelons-le, comme l'un des plus grands chefs d'oeuvre du 7e Art - surprend encore par la complexité presque "théorique" de sa narration - pleine d'ellipses - comme de ses thèmes. Car l'on retrouve ici mêlés à l'habituelle compassion mizoguchienne pour les gens de peu, pour les femmes en particulier, écrasés par une société brutale, un travail de réécriture de l'univers des contes traditionnels japonais (les fantômes...), ainsi qu'un souci d'expérimentation quasi maniaque sur la forme (photo, musique, rythme) qui radicalise, tout en douceur, le film. Et qui le transforme en une expérience parfaitement saisissante, donc.
Grouchy
Grouchy

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5,0
Publiée le 10/04/2014
La société japonaise au Moyen-Âge est la principale source d'inspiration cinématographique au pays du Soleil Levant. Les réalisateurs y interprètent la confrontation entre les paysans et les nobles, décrivant les étapes de l'évolution difficile de l'homme. Le cinéaste Mizoguchi insère une note moralisatrice dans ce film, racontant l'histoire de deux paysans ambitieux et rêvant d'être riches et puissants. L'histoire se transforme peu à peu en conte fantastique, où la vision et l'hallucination sont les sources du conflit : les signes maléfiques commencent à la séquence de la traversée du lac, où brouillard et eau forment un décor malsain, ressemblant à la traversée des Enfers. La chute complète des deux paysans éclate lors de l'apparition de la jeune noble fantôme et de l'armée de samouraïs : ces visions sont en réalité des pièges où les personnages n'y trouveront que miséricorde. Et pour profiter de ce monde magique mais dangereux, ils mentiront pour arriver à leurs fins ( l'un dit qu'il n'est pas marié et l'autre n'est pas le vrai vainqueur de la bataille ). Ce sont des évènements brutaux qui les ramèneront à la réalité : la femme devenue geisha et le vieux sage, mais sans revenir totalement sains. Le film de Mizoguchi est une peinture de l'ascension et de la décrépitude des pauvres en société, prêt à tout pour sortir de leur misère. Le spectateur notera le choix du cadre qui change le film en recueil de tableaux, ainsi que le ton du film qui est sans doute un conte qui ne fait pas rêver mais qui montre la vraie et fausse réalité qui conduit l'homme à faire fausse route.
jemeplainsàvous
jemeplainsàvous

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4,5
Publiée le 27/01/2014
L'un des grands films du cinéma, évidemment, au titre mystérieux à l'image du récit. Si les histoires s'entrelacent il en est une qui domine tout : celle de Genjuro, potier japonais parti à la ville faire fortune et conquis au passage par Dame Wakasa, fantôme remonté d'outre-tombe afin de maintenir Genjuro dans son antre. Un peu comme George O'brien dans l'Aurore de Murnau,le héros expérimente la tromperie, le repentir et le retour à la norme et à la terre à la mort de sa femme. Et pourtant, s'il est construit comme un mélo, c'est tout le film qui sinue aux confins du fantastique à mesure que Genjuro tournoie dans les délires du désir. A ce titre l'Eden erotique de Dame Wakasa est somptueux à l'image. C'est un horizon évidé qui contraste avec la profusion étouffée des corps dans les scènes réalistes. Tout le film repose du coup sur cette tension masturbatoire du mélo et de l'éros qui anime Genjuro : La misère d'un côté et la magie branlée de l'autre. Mais en même temps, c'est à tel point fluidifié au montage qu' on y oublie tout mode de pensée binaire. Comme chez Tarkovski, on entre avec "Les contes de la lune" dans l'essence sous-marine de l'art, du rêve et du kif.
cotopaxi
cotopaxi

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2,0
Publiée le 27/08/2011
J'ai vu ce film au cinéma grâce au ciné-club de ma ville. Sinon pour être honnête, je crois que je n'aurai jamais eu l'occasion ni l'envie de le voir. Disons que l'opportunité d'élargir ma culture cinéma me pousse un peu à découvrir des œuvres qui ne m'attirent a priori pas trop... bref, me voilà donc devant ce film japonais de 1953. Le début me surprend dans le bon sens : il y a une histoire intéressante, des personnages bien construits, et un rythme presque trépidant ! Hélas, le film s'englue soudain dans une histoire de fantôme, et à partir de là, ça tourne à 2 à l'heure, voilà exactement ce que je craignais. C'est souvent le cas, il faut le dire, avec les films asiatiques ! Ajoutons à cela une musique stressante et grinçante, c'est pas de tout repos de parfaire sa culture ciné ! A retenir tout de même la photographie superbe, en noir et blanc, et la belle morale distillée par ces contes, où les femmes possèdent sagesse et intelligence, face à des hommes ne rêvant que de gloire et de richesse. Rien ne change en ce monde ...
Multiface
Multiface

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5,0
Publiée le 14/09/2008
Chronique universel du rêve d’idéal déçu et de l'espérance trompée, Les Contes de la lune vague après la pluie relate la tragédie de deux couples, d’un côté, deux femmes réalistes et aimantes, de l'autre, deux époux aux ambitions démesurées qui aveuglés par leur ambition et détournés de la réalité par le leurre du pouvoir feront l'expérience du désastre. L’histoire se passe à la fin du XVIe siècle pendant une période trouble pour le Japon, avec des guerres incessantes. Le paysan Tobeï rêve de gloire militaire mais devenu samouraï, il reviendra au village avec sa femme devenue prostituée, après l’avoir délaissée tandis que le potier Genjuro poursuivant un rêve de richesse succombera aux sortilèges d’un fantôme d’une princesse et rentrera au village en apprenant que son épouse a été assassinée. En suivant pas à pas ces deux hommes lâches, cupides et menteurs, le film montre sur un rythme méditatif le renoncement et l’exploitation de la gente féminine japonaise causé par le comportement arrogant et indifférent de 2 mâles égoïstes mais qui dans leur perdition réaliseront trop tard la souffrance bien réelle qu’ils ont causé chez leurs femmes. Par ailleurs, dans ce chef d’œuvre où est habilement mélangé l’illusion et la réalité, la fin se conclut par le rappel des valeurs essentielles d'amour et de protection de l'enfant. Enfin, le tout est bien sûre filmé avec fluidité par une main de maître par Kenji Mizoguchi, réalisateur prolifique de 89 films qui a reçu avec les Contes de la lune vague après la pluie, le Lion d’or à Venise en 1953.
dreptate
dreptate

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5,0
Publiée le 08/05/2008
Un film surprenant ! J'essaie depuis peu d'emprunter tous les films du classement émis par les Cahiers il y a peu. Voyant que ces Contes caracolaient dans le haut; je me suis empressé de l'emprunter. Comme tous ces films qui sont encensés par les critiques, il y a toujours un effet d'attente très fort ce qui nous mène parfois à des déceptions. Pendant les quarante premières minutes, je me disais ce film va très certainement devenir incroyable. Cependant je me demandais pourquoi un tel engouement: la réalisation était très intéressante mais j'étais tout de même dubitatif. Puis le film prend un tournant incroyable: je ne m'attendais pas à ça ! Soudain la caméra devient plus que poétique, les personnages rutillent, et la magie de ces fantomes opère. Une force incroyable émane de ce film; toute cette ambition n'est finalement plus qu'un rêve et le retour sur soi devient primordial. Pour ce tournant dramatique ( au sens littéral) et cette poésie, soyons élogieux ! Quatre étoiles ! Cela me donne envie de découvrir d'autres films de Mizoguchi.
asketoner
asketoner

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5,0
Publiée le 19/08/2007
Mizoguchi est un cinéaste incroyablement agité, mais qui nous fait croire au calme, à l'harmonie, à l'évidence. Il y a une telle paix dans ses plans qu'on croirait qu'ils sont fixes. Au début abusé, j'ai fini par mieux voir. Pas un plan sans un mouvement de caméra, mais tellement subtil (recadrage, basculement... jamais d'ostentation, jamais de travelling voyant, jamais de zoom qui dirige notre attention de manière trop volontaire), qu'on peut croire que tout se passe à l'intérieur du même cadre. Cette discrétion extrême, cette humilité dans le geste, se répercute évidemment dans le récit de ses films. Les contes de la lune vague après la pluie n'échappent pas à cette constante : il s'agit encore, malgré un scénario aux tournures fantastiques, de personnages réduits à l'essentiel, accablés par la misère, et enfermés dans ces rêves infiniment petits - le potier veut acheter une belle robe pour sa femme et rapporter du poisson séché pour le repas. Mais ce qu'il y a de beau, dans ce film précisément, comme dans les amants crucifiés, c'est qu'une folie les rattrape. Cet enfermement conduit à une telle intériorisation du désir que le désir finit par dépasser la réalité et faire sortir les personnages de leurs rails tout tracés. Le potier, au moment de choisir une robe pour sa femme, va rencontrer une ombre, et se marier à elle, sans se rendre compte qu'elle n'est qu'une ombre. Derrière cette ombre, un personnage tire les ficelles - une nourrice folle, puissante, seule survivante d'un massacre, qui veut plier le monde et les hommes aux désirs qu'elle leur destine. Et c'est en cela que Mizoguchi n'est pas un fataliste - car les personnages finissent par s'extraire de leurs rêves, qui les condamnent, qui les brûlent, et revenir à la terre. Certes la terre est leur condition première, mais ce n'est pas ça qui est important. C'est le réel - l'amour réel, la glaise des pots, le fils qui sent que son père est revenu. le réel n'est pas une fatalité. C'est une matière.
max6m
max6m

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5,0
Publiée le 27/06/2007
Voici ce que j'appelle un film parfait, à tous les niveaux, tel "Le septième sceau" de Bergman ou "L'Aurore" de Murnau, film avec lequel les contes de Mizoguchi partagent le génie du cadre et de la mise en scène. Si on peut être plus sensible à l'intensité dramatique de films comme "L'intendant Sansho" ou "Les amants crucifiés", 2 autres immenses chefs d'oeuvre de Mizoguchi, "Les contes de la lune vague" reste une oeuvre exemplaire, rare, qui transcende tous les genres cinématographiques pour toucher à quelque chose d'indicible, que notre raison peine à nommer, à identifier, mais que l'on ressent par d'autres voies. Peut-être est-ce la Beauté, tout simplement. Oeuvre d'une perfection formelle étourdissante, véritable leçon de mise en scène, dont l'épure n'a d'égale que la splendeur, les Contes planent dans une atmosphère de calme et de sérénité, alternant imperceptiblement entre réalité et fantastique. L'histoire de ces deux hommes dévorés par l'ambition, avides de gloire et de reconnaissance, et qui devront payer le prix fort pour se rendre compte que ce n'est que dans l'acceptation de leur condition modeste qu'ils trouveront la paix, se transforme alors en une universelle leçon de sagesse. Comme toujours chez Mizoguchi, ces retrouvailles avec la sagesse perdue se feront aux dépens des femmes, initialement porteuses des bonnes valeurs mais que les hommes refusent d'écouter, attendant d'être confrontés à leur perte pour se retourner vers elles. Hymne au renoncement et aux valeurs essentielles d'amour et de fidélité, seules sources de bonheur possibles, le film assène un coup sévère à la société des hommes, basée sur les valeurs futiles du paraître et de l'argent et sur des rapports de force inutiles qui pervertissent la véritable nature humaine. "Les contes de la lune vague" est une oeuvre essentielle, intemporelle et qui rentre dans le cercle très fermé des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma.
Anaxagore
Anaxagore

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5,0
Publiée le 06/06/2006
Inspiré d'un recueil de fabliaux fantastiques du XVIIIème siècle, «Les contes de la lune vague après la pluie» (1953) constitue, avec «La vie d'O-Haru, femme galante» et avec «L'intendant Sansho», le sommet de l'oeuvre de Mizoguchi. Avec un raffinement, une délicatesse et une fluidité extraordinaires, le réalisateur y ramène à l'unité une diversité linguistique telle que la distinction des genres cinématographiques s'y trouve heureusement transcendée. «Les contes» conjugue en effet avec une efficacité rare épopée et élégie, rêve et réalité, ancrage historique singulier et portée universelle. Si la beauté résulte de la plus grande unité dans la pluralité la plus différenciée et la plus contrastée, ce film la réalise de manière exemplaire, tout autant par sa forme que par la symbiose de celle-ci et du contenu, tout autant dans l'espace (chaque plan est digne du plus grand peintre) que dans le temps (les séquences l'organisent d'une manière proprement musicale). «Les contes» représente en ce sens l'une des illustrations archétypiques possibles de la réalisation du beau au cinéma ou encore l'un des modèles, parmi les plus éblouissants qui soient, de la poésie (selon les deux sens du mot) propre au septième art. On évoquera une nouvelle fois, en guise d'illustration, la scène merveilleuse de la traversée du lac Biwa au son du taïko ou encore la scène de l'envoûtement de Genjuro dans la demeure de la princesse Wakasa. Je ne sais pas comment je pourrais faire comprendre autrement à mon lecteur que ce film doit absolument être vu et, si possible, admiré!
guillaume_tauveron
guillaume_tauveron

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5,0
Publiée le 22/12/2005
Dans un petit village paisible, deux hommes qui ont pourtant tout pour être heureux se mettent subitement à avoir des ambitions démesurées. L’un souhaite devenir un samouraï puissant et respecté, tandis que l’autre souhaite amasser une grande fortune à l’aide de ses poteries. Sans se douter du prix à payer ils courent vers leur folie. Et c’est à leurs épouses d’en subir les conséquences... A trop courir après des désirs l’illusoire, l’on risque de sombrer dans un monde d’illusions. Grand défenseur de la cause des femmes, bien souvent tributaires de la bêtise des hommes, Mizoguchi dépeint ici le destin de deux femmes qui bien que courageuse et sensée, sont amenés au désastre par l’opiniâtreté et l’avarice de leurs maris. Car bien que tout laisse à penser initialement que les deux hommes sont les « héros » de cette histoire, ce sont finalement leurs deux épouses qui s’avèrent porter en elle toutes les qualités du héros. Ce drame « féministe », mêlant un surnaturel métaphorique à la dure réalité de la guerre civile, bénéficie d’une photo et d’une musique superbes. Tout au long du film sont entendus de lointains coups de tambours inquiétant, annonciateurs de la tragédie à venir. L’utilisation de décors en studio et la parfaite connaissance qu’en a Mizoguchi lui permet une mise en scène oppressante, focalisée sur ses personnages, tout en étant d’un esthétisme et d’une finesse d’une rare beauté. Rarement un conte avait été aussi bien contée et aussi bien retranscrit, et sûrement est-ce en cela que Ugetsu Monogatari (choisissons le titre original plutôt que le titre français autant interminable qu’incompréhensible) est devenu un des chefs d’œuvre du cinéma.(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
samadelik
samadelik

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5,0
Publiée le 22/12/2007
Je viens de m'appercevoir en regardant mon profil que ce chef d'oeuvre total n'est pas dans mes films favoris! honte sur moi! Jamais le cinéma n'aura atteint une telle poésie, un tel envoutement: il faut voire ce film en salle (comme toujours me direz-vous) et s'offrir pleinement à lui pour acomplir le voyage à travers les âges dans le japon des contes médiévaux où les limites entre réalité et rêve s'efface peu à peu et où Mizoguchi nous offre l'esthétisme absolu...
Attila de Blois
Attila de Blois

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3,0
Publiée le 20/04/2014
Moi qui suis fan du cinéma nippon, je dois admettre ma déception et mon manque d'enthousiasme à la fin de ce classique "made in Japan". Parmi les points positifs, on peut relever cette photographie sublime qui valorise chacune des scènes. La structure narrative est également bien pensée avec une histoire principale se divisant en quatre petites dont chacune reprend une nouvelle soit de Maupassant, soit d' Akinari Ueda. En revanche, la déception vient de l'absence d'intensité émotionnelle qui aurait permis de contrebalancer une histoire trop classique dont le cinéma japonais de l'époque nous avait déjà amplement habitué: histoires de samourais, de kamis, d'élévation sociale,.... "Les Contes de la lune vague après la pluie" ne m'a pas transporté même si j'en ai apprécié les qualités certaines.
brunocinoche
brunocinoche

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4,0
Publiée le 09/01/2014
Reprise d'un très grand classique du cinéma japonais, un film subtil, intelligent et envoutant.
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