Terriblement terne, désenchanté, pessimiste, ce drame dépeint des êtres désorientés, esseulés, frustrés, les rendant plus ou moins dépressifs, plus ou moins fous, plus ou moins violents. Ainsi les deux sexes sont-ils dégoutés l'un de l'autre mais se cherchent constamment, les femmes semblant espérer encore un prince charmant, les hommes ne voulant qu'une compagne soumise, les unes blasées par la brutalité, les autres incapables d'empathie, les premières éteintes par des vies piteuses, les seconds irrités par des existences vaines - quoi que certains manifestent des fulgurances vitales. Au sein de cette médiocrité intellectuelle, cette misère spirituelle, cette pauvreté économique, le héros (saisissant David Thewlis) promène sa silhouette malade au gré de rencontres improbables, porté par des lectures, des pensées, des expériences renforçant sa désespérance, sa désillusion, sa douleur - sans le mener au point de non-retour du sadique squatteur. Un tableau sans concession...