Naked
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Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2026
Terriblement terne, désenchanté, pessimiste, ce drame dépeint des êtres désorientés, esseulés, frustrés, les rendant plus ou moins dépressifs, plus ou moins fous, plus ou moins violents. Ainsi les deux sexes sont-ils dégoutés l'un de l'autre mais se cherchent constamment, les femmes semblant espérer encore un prince charmant, les hommes ne voulant qu'une compagne soumise, les unes blasées par la brutalité, les autres incapables d'empathie, les premières éteintes par des vies piteuses, les seconds irrités par des existences vaines - quoi que certains manifestent des fulgurances vitales. Au sein de cette médiocrité intellectuelle, cette misère spirituelle, cette pauvreté économique, le héros (saisissant David Thewlis) promène sa silhouette malade au gré de rencontres improbables, porté par des lectures, des pensées, des expériences renforçant sa désespérance, sa désillusion, sa douleur - sans le mener au point de non-retour du sadique squatteur. Un tableau sans concession...
Martin P
Martin P

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 février 2026
Film dont on m'a souvent parlé et que j'ai eu l'occasion de découvrir grâce à se ressortie. D'une justesse et d'une profondeur folle. Et une révélation l'acteur David Thewlis que je connais, mais je ne l'avais pas découvert à ce moment-là. Grand film, âpre, certes, mais fort.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2026
Après la décennie thatchérienne, que reste-t-il de cette Angleterre exsangue se demande Mike Leigh en accompagnant son héros dans les rues, la nuit à Londres, peuplées de junkies, de paumés, ou d’individus en quête eux-mêmes d’une quelconque issue ? Le cas du gardien de nuit qui n’a rien à garder est exemplaire, significatif du délabrement social et intellectuel dans lequel patauge Johnny Fletcher, à son tour imbriqué dans un système de violence et d’abandon. Toujours au bord du cauchemar, du suicide, de la violence extrême, il prédit la fin de l’humanité qu’il ne respecte déjà plus. Ses références bibliques semblent lui éviter l’ultime passage à l’acte, récusé par la gente féminine qu’il a si souvent maltraité’au point de non-retour. Johnny Fletcher devra alors se réveiller, et se réconcilier avec lui-même. Une porte de sortie honorable selon Mike Leigh qui jusque là était bigrement pessimiste
Pour en savoir plus :
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mars 2025
Mike Leigh film toujours aussi bien la vie qu’elle soit tragique, cruelle ou drôle.
Super prestation de David Thewlis
Super musique originale
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

93 abonnés 4 268 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2025
Le film de Mike Leigh est un film noir, très noir, dans lequel chacun des personnages témoigne d'une ostensible misère morale née, non pas de la crise économique anglaise à laquelle le cinéaste ne fait même pas allusion, mais d'une désespérante solitude. Ce marasme affectif, loin de rapprocher ces déshérités du coeur, entache leur relation par le dépit et la brutalité que leur vie médiocre a engendrés en chacun d'eux. D'où viennent-ils? Où vont-ils? Mike Leigh ne le dit pas. Il met en scène des personnages à l'état brut avec une acuité et une rudesse déprimantes.
Au coeur de ce dispositif pathétique, un jeune homme en voie de clochardisation promène sa silhouette dégingandée de rencontres en rencontres où il professe sa philosophie désabusée, une culture étonnante et son cynisme. Son ironie grinçante témoigne que l'humour noir est la politesse du désespoir.
La caméra de Leigh colle aux personnages, comme pour un exercice de cinéma-vérité, et découvre pour chacun d'eux la grossièreté, la violence ou un regard triste. La ville est laide, sale et les couleurs sont grises. Et le réalisateur sait nous toucher parce que ses figures sont justes, drôles (si, si), émouvantes. De fait, la dimension et la portée du film sont humaines plus que sociales.
Fêtons le cinéma

852 abonnés 3 663 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 novembre 2024
Un paradoxe malheureux définit Naked : offrir à ses comédiens des espaces d’improvisation tout en les enfermant dans des personnages à la caractérisation symbolique immuable. Les rencontres successives que fait Johnny, si elles cartographient la marginalité de Londres, échouent à remettre en cause ses certitudes, à ébranler son monde intérieur dans la mesure où il existe par seule antithèse de Jeremy, prédateur qui dévore les autres en leur opposant son corps là où celui-ci leur oppose son verbe. Quelques belles séquences émaillent un récit programmatique, à l’instar de la prise en charge d’un spoiler: jeune couple dont les membres sont séparés et qui errent dans les rues en quête de l’autre
, ou du dialogue avec un gardien de nuit spoiler: qui se voit réduire à la fonction machinale qu’il accomplit toutes les deux heures
. Si elle peut compter sur le talent du photographe Dick Pope pour composer une ambiance évolutive – la rue londonienne se teinte des néons des devantures, les friches industrielles rendent les égarés quasi abstraits –, la caméra de Mike Leigh tend sinon à se complaire dans un misérabilisme dommageable, que nous retrouvons aussi dans la direction d’acteurs, visiblement tournée vers l’accomplissement de performances.
Pascal
Pascal

255 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2022
Présenté à Cannes en 1993, "naked" obtint le prix de la mise en scène ainsi que le prix d'interprétation attribué à David Thewlis. Grâce à ce film, Mike Leigh se hissa à une reconnaissance internationale.

Le film se propose de nous brosser un regard désenchanté sur la société britannique de l'après Tatcher, au travers de l'errance d'un marginal cultivé, lucide mais aussi déjanté. Construit sur une suite de rencontres, il nous donne à voir une galerie de personnages qui vont mal et trainent une tristesse qui paraît sans espoir. En le voyant presque trente ans après sa réalisation on peut affirmer que sur ce point il semble plus que jamais d'actualité et n'a pas pris une ride.

Le film est réputé comme une des meilleures réussites de son réalisateur qui remporta la palme d'or pour son film suivant :"secrets et mensonges", selon moi son chef-d'oeuvre. A titre personnel, si "naked" est excellent dans sa première demi heure, il me semble qu'il perd ensuite en intensité. Les dialogues ne sont pas, selon moi, si profonds, ni si bien écrits que je l'ai lu. Certes, le film ne comprend aucune rupture de rythme, mais son scénario finit par tourner en rond. David Thewlis porte le film sur ses épaules et domine une distribution de qualité.

A titre personnel, je préfère de très loin la filmographie de Kenneth Loach à celle de Mike Leigh et cet opus de ce dernier n'est pas pour me faire changer d'avis. Au spectateur qui voudrait découvrir la filmographie de Leigh, je recommande plutôt "secrets et mensonges" et " be happy" qui me paraissent plus accomplis que "naked , Ce dernier mérite d'être vu, même si je le considère légèrement surcoté.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 janvier 2019
Dans 'Naked', Mike Leigh met à nu de façon glaçante la société britannique de la fin du 20e siècle : c'est un principe de prédation qui régit tous les rapports humains, et ce sont les femmes qui en sont les premières victimes.
Si la démonstration est finalement plutôt convaincante, elle met un peu trop de temps à prendre forme, diluée par plusieurs scènes gratuites où la verve shakespearienne de Johnny finit par ennuyer. La fascination avec laquelle Leigh représente son personnage est d'ailleurs trop appuyée et tire même vers l'abject - car il est en réalité un salaud au même titre que le personnage de Sebastian, ce qui, de manière significative, est souligné dans aucun des synopsis du film que j'ai pu lire.
Tout aussi problématique est à mon sens la caractérisation des personnages féminins, dans la mesure où celles-là sont systématiquement malmenées, violentées, sans presque aucun moment de répit qui pourrait laisser entrevoir pour elles un autre statut que celui de victime. Cela fait donc de 'Naked' un film dérangeant, ambigu, et potentiellement contestable.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2019
Dans ce film de 1993, Mike Leigh nous embarquait dans les bas-fonds de Londres à travers une virée sombre et désespérée de son personnage principal, un vagabond violent, tourmenté et cultivé. Portrait noir du Royaume-Uni des années 90, Naked, qui n’est pas sans évoquer le cinéma d’un Ken Loach, nous dépeint une société rongée par la pauvreté et la brutalité, où les échanges humains ne peuvent se concevoir autrement que comme des rapports de force. Un très beau jeu d’acteurs et une superbe musique signée Andrew Dickson. Fascinant de désolation.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 octobre 2015
Les bas- fonds de Londres vus par un réalisateur inspiré. Des dialogues, des vrais et une interprétation magistrale de David Thewlis. Une vraie bonne surprise à savourer dans la langue de Shakespeare pour prendre toute la mesure du talent de Thewlis.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 octobre 2014
Un scénario un peu déjanté à l'image du personnage de Johnny (interpréter magistralement par un David Thewlis au meilleur de sa forme). Johnny erre dans les rues, se cherche un but dans la vie, tente de comprendre pourquoi il se lève tous les matins et finalement il s'autodétruit et donne à ceux qu'il rencontre un sens à leurs vies tout en restant lui-même malheureux, à côté de la plaque... C'est un très beau scènario et une histoire originale comme Mike Leigh les aime.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2014
"Naked" est une comédie dramatique noire anglaise. Un véritable film choc aux dialogues intelligents et percutants. On suit les dérives d'un homme dépressif, frustré et poisseux pendant 2h. Une oeuvre philosophique et bavarde à l'ambiance sombre et triste dans ce Londres sinistre. A ne pas mettre entre toutes les mains.
Gabith_Whyborn
Gabith_Whyborn

44 abonnés 842 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juillet 2014
Un film marquant et très prenant car ses personnages sont intéressant, le jeu d'acteurs est très juste et les dialogues sont de haut niveau.
J'ai beaucoup aimé chaque scène de ce film qui nous plonge dans une Londres sinistre et froide.
Si ça peut pousser certains a voir le film, l'acteur principal est David Thewlis, celui qui a incarné le prisonnier d'Azkaban dans Harry Potter.
Il vaut vraiment le coup d'oeil, de mon point de vue c'est le meilleur film de Mike Leigh.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 décembre 2013
Il faut l'avouer, le film vaut le détour uniquement pour l'interprétation David Thewlis, qui campe ici un personnage ouvertement nihiliste et antipathique. Mike Leigh nous amène dans un Londres assez sordide par le biai d'une mise en scène assez bien pensée. Séduit par le discours de Johnny, hipster avant l'heure, on suit ses pérégrinations dans Londres. On ne sait s'il se cherche ou s'il cherche les autres. Cependant, terriblement arrogant et détestable au début du film, Johnny se montre petit à petit sous son vrai jour, nu, désoeuvré, perdu dans des élucubrations qui donnent un sens illusoire à son existence. Il rêve de l'Apocalypse et de la fin de l'humanité, et ne sort de son circuit fermé que lorsque le sort lui rappelle sa douloureuse condition d'homme. Il est rejeté pas tous ceux qu'il approche tant il est détestable. Après des rencontres de plus en plus courtes, un groupe de jeune le frappe. Aussi, ce passage à tabac semble lui ouvre les yeux. Il recherche alors un brin de stabilité avec son ancienne compagne, Louise. La fin, pessimiste devant l'éternel, nous montre un Johnny boiteux, qui fuit le peu de stabilité qu'il était parvenu à retrouver. Reste l'énigmatique personnage de l'homme à la Porsche. Que fait-il là, pourquoi ? Vient-il en contrepoint, ébranler le personnage de Johnny par sa prétention et sa bêtise ? On ne sait pas. Naked semble finalement être un film sur l'absolue inutilité de la vie et son manque de but. Etre nu devant l'existence c'est se mettre à nu, accepter notre condition d'animal, repousser les discours (le verbiage de Johnny). C'est peut-être sur ce point que se rejoignent Johnny et l'homme à la Porsche : ils partent tous deux dans une direction, comme ils sont venus.
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

92 abonnés 899 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 octobre 2013
Dans une Londres terne, glaciale, miteuse, Mike Leigh nous offre une suite décousue de rencontres dont on n'arrive pas à saisir l'essence et dont rien, ou quasi rien ne ressort. À la manière du personnage principal, on erre dans un ensemble d'idées brutes qui pour certaines sont incroyablement sous-exploitées, tels que le passé de Johnny et sa santé mentale et physique, et qui pour d'autres sont assez irréalistes, comme le comportement féminin en général. Paradoxalement, le film est à la fois très bavard, en théories philosophiques et autres tirades mystiques, et vide de sens. Sans compter qu'avec une durée légèrement supérieure à deux heures, on ne peut pas dire qu'il soit très digeste.
Quel était donc le but du film ? Quels thèmes le réalisateur anglais voulait-il aborder ? Quel était le message qu'il voulait faire passer ? Tant de questions, essentielles, qui restent sans réponses.
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