Flav43
95 abonnés |
Lire ses 1076 critiques
|
2.5 - Moyen
Un critique de cinéma névrotique (Woody Allen) se fait plaquer par sa femme et se retrouve, avec la complicité d’un couple d’amis, invité à des rendez-vous, face au charme des femmes et en proie à sa nervosité maladive. Voici là résumée la ligne de conduite de «Play it again, Sam» (USA, 1972) d’Herbert Ross. Alors qu’Allen avait d’ores et déjà réalisé quelques films, dont les faussement mineurs «Take the money and run» (1969) et «Bananas» (1971), réussi par leur amateurisme d’apparence, le comique délègue cette fois-ci la réalisation à un autre que soit, se délestant des soucis techniques. Pourtant déjà accoutumé à la réalisation, si en l’occurrence Allen se délaisse de la réalisation, il semble y avoir pour raison que «Play it again, Sam» est ambitieux sur le point technique puisqu’il entend jouer sur l’imaginaire et l’introduire dans le même espace que celui occupé par la réalité. Le découpage et son articulation minutieuse appelle à une savante maîtrise du montage. Dès le générique, au cours duquel se reflète dans les verres d’une paire de lunettes l’irradiante lueur de l’écran de cinéma, la technique et sa faculté à exprimer en un seul plan une esthétique expressive nécessitait un contrôle technique qu’Allen n’avait peut-être pas en 1972. Pourtant le film, en dehors de ses moyens d’expression sophistiqué, est une œuvre essentiellement allenienne. Crise personnelle de l’individu dans un milieu qui lui échappe et réaction absurde, comique de par l’amoncellement maladroit des balourdises, voilà ce qui compose en grande majorité le moteur de ce film réalisé par Herbert Ross. A l’écriture, le cinéaste ajoute un regard patient, attentif sur cet être maladroit. A prêter attention au fossé entre le comique d’Allen et la réalisation de Ross, on peut apercevoir la façon dont ce-dernier se base sur une coupe de l’espace, un pastiche sagace de référence cinéphilique (cf. la fin dupliquant celle de «Casablanca») tandis qu’Allen perpétue son exercice agité.
Ajoutée le 02 sept. 2008 à 00h00
Signaler un abus