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Schröder a le talent particulier d’aborder les sujets les plus sulfureux et dérangeants avec délicatesse, sans provocation ni pathos, et d’en faire des œuvres très significatives du monde contemporain. « La vierge des tueurs » dresse le portrait d’une ville gangrenée par une violence qui défie la simple raison (on finit par se tuer littéralement pour rien, pour des prétextes totalement futiles) et montre en même temps le parcours d’un intellectuel homosexuel vieillissant fatigué de l‘existence. Le registre réaliste est superposé par l’hallucinatoire, et même une forme de fantastique (avec les thèmes du double, des répétitions de situations déjà fantasmées) prolongeant le baroque des églises colombiennes. Le film rend compte de l’individualisme et du consumérisme ambiant à travers les personnages de jeunes des rues, mais plus subtilement encore, à travers la misanthropie du personnage central, pourtant en apparence décalé de son environnement. Toute l’émotion finale est dans la manière dont cette misanthropie se trouvera submergée par la perception de la souffrance… une forme de rédemption.
Ajoutée le 17 mars 2012 à 14h25 Signaler un abus
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