Dans une Chine ensanglantée par les guerres de clans, Lei Li se fait une réputation de justicier en prenant la défense des faibles. Voyant en lui un rival possible, Maître Long organise le vol du trésor du clan du Tigre et lance une rumeur accusant le chevalier. Attaqué par le Tigre et ses hommes, qui le croient coupable, Lei Li les met en déroute. Mais Long, que tous prennent pour un homme sage, surgit et propose à Lei Li un combat loyal, dont l'issue décidera de l'innocence ou non du jeune homme. De plus, le perdant aura le bras droit tranché...Le sabreur manchot apparaît sous le nom de Yang Guo dans The Mythical Crane Hero, roman à épisodes de l'écrivain chinois Jing Yong. D'abord personnage secondaire, cet infirme invulnérable fascine le public par le paradoxe qu'il constitue. Le réalisateur Chang Cheh, qui recherche un héros susceptible de contribuer à une refondation du cinéma d'action, ne tarde pas à s'emparer du personnage. Avec son scénariste Ni Kuang, ils donnent naissance au film " Un seul bras les tua tous " ( 1967 ), premier volet d'une saga à succès qui se poursuit avec " Le Bras de la Vengeance " ( 1968 ), et enfin " La Rage du tigre " ( 1971 ). Chef-d’œuvre du " wu xia pian " - film de sabre chinois, ce troisième opus de la saga " The One-armed Swordsman " débute par l'insolente démonstration épique d'un jeune coq talentueux, avance au grès de l'intériorisation continue de la colère, de la violence du héros déchu et se clôt, en beauté, par le sifflement d'un sabre vengeur, taché par sang des vaincus et éclairé par une sublime lueur crépusculaire. En somme, ce classique du cinéma d'Arts Martiaux Hongkongais est une superbe composition sur la souffrance et la mal de vivre, sublimée par des scènes de combats limpides et réalisées avec maestria. Sanglant, puissant, virtuose.