L'Année du dragon
Note moyenne
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161 critiques spectateurs

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mister
mister

25 abonnés 202 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 décembre 2018
Le film a un rythme enlevé et bénéficie d'une bonne distribution même si les scènes d'actions sont trop exubérantes ce qui enlève de la crédibilité au récit. L'intérêt des films de Cimino est de porter un regard assez différent et souvent visionnaire sur des périodes et des évènements (la guerre du Viêt-Nam, la bataille du comté de Johnson, la guerre des triades de Chinatown). A contrepied du consensus médiatique largement accepté, Cimino met en scène des personnages qui expriment ouvertement leur opinion, tout à fait recevable, mais à contre courant de l'idéologie de leur époque. Il est le premier à traiter du traumatisme des vétérans du Viêt-Nam, de la guerre que mènent les immigrants d'origine aux nouveaux immigrants dans l'Ouest américain, et ici, des organisations mafieuses chinoises à New-York. Il a été maintes fois traité de "fasciste" et de "raciste"; car dénoncer les actes criminels des minorités récemment immigrés était totalement inconcevable aux Etats-Unis. Le film montre un policier qui ne veut qu'une chose, faire appliquer la loi au sens strict, en prenant et en assumant tous les risques que cela suppose, et qui doit faire face à l'opposition de tous, ses collègues, les médias, la mairie, les autorités, les minorités qui sont tous pour un consensus hyppocrite: l'achat de la paix sociale (la bonne entente) même si certains doivent en souffrir et payer de leur vie. Le policier, interprété par Mickey Rourke, décide que les crimes commis par la communauté chinoise ne doivent pas resté impunis. Cela semble légitime mais en fait personne n'est d'accord, car les autorités, par peur ou par corruption, préfèrent laisser la pègre chinoise faire la loi dans son quartier. Cimino dénonce cette posture et rencontre inévitablement les foudres des "élites" qui le traitent de raciste. Le film "la porte du paradis" traite du même sujet. Des éleveurs essaient de se défendre des activités délictueuses des nouveaux immigrants venus de l'Europe de l'Est qui volent leur bétail. Ce seront les éleveurs qui seront blamés, pas les voleurs. De même dans ce film, Mickey Rourke rencontre la désapprobation de l'ensemble des protagonistes, alors qu'il ne fait que son job. Le discours de Cimino est visionnaire et commencera à être partagé presque 30 ans plus tard dans différents pays occidentaux à travers différents évènements (Brexit, élection de Donald Trump, élections en Autriche, Australie, Italie, Pologne et Hongrie, les gilets jaunes en France). Ce n'est pas par hasard que le film "la porte du paradis" a obtenu une reconnaissance critique seulement récemment. Au moment de sa sortie, "l'année du dragon" a attiré l'attention pour son caractère violent, et aujourd'hui ce genre de traitement est devenu la norme. Pour ces raisons, les films de Cimino sont à regarder avec beaucoup d'attention et nous apprennent beaucoup sur comment le dictat de l'idéologie médiatique dominante ne nous permet pas d'avoir un jugement critique objectif sur le propos d'un film. D'ailleurs à leur sortie, ni l'année du dragon ni la porte du paradis n'ont été compris par le public.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 octobre 2018
Superbe mise en scène. Et même si l'ambiance du film est un peu démodé (le film est très 80's), le film accroche grâce notamment à ses personnages complexes et bien écrits. L'intrigue est assez simple mais le film ne manque pourtant pas de rebonds scenaristique. Bon moment de cinéma.
liamsi
liamsi

26 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 septembre 2018
Un film très années 80, si on est nostalgiques on sera servis bien que le déroulement soit des plus classiques.
Casimirismylegend
Casimirismylegend

64 abonnés 327 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 août 2018
Fan de Mickey Rourke, je trouve ce film plat et inégal. On présente ce polar comme un classique et je ne comprends pas pourquoi. Les personnages manquent de charisme et parfois, de crédibilité. A sa sortie comme aujourd'hui, mon avis n'a pas changé....
Simplicissimus
Simplicissimus

10 abonnés 232 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 décembre 2017
Dans la carrière de Michael Cimino,on trouve un film sympa "Le canardeur",un chef d'oeuvre "Voyage au bout de l'enfer",un film maudit "La porte du paradis" et cette "Année du dragon",parrain à la sauce chinatown.
Pas un chef d'oeuvre du même niveau que "The Deer hunter" mais un film important,un grand film.
Mickey Rourke,qui verra sa carrière plonger ensuite concomittamment à celle de Cimino,porte le film sur ses épaules.
Dans ce polar urbain, violent et étude des moeurs criminelles d'une communauté ethnique-avec un voyage en asie un peu incongru-,il joue un flic ("le policier le plus décoré de New York"),intransigeant,intègre,raciste,macho, etc.
C'est d'ailleurs le côté assumé et sans complexe du personnage qui nous donne des répliques savoureuses,tellement incorrectes aujourd'hui, qu'il serait impensable de représenter un tel personnage, dans le cinéma actuel,sans se voir opposer les différentes ligues de vertu du politiquement correct.
A noter que la lutte à mort qu'il engage avec le jeune parrain aux dents longues(l'élégant et hautain John Lone),n'est pas sans ambiguité: les deux hommes sont dans une relation d'attirance-répulsion....
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2017
Premier film de Michael Cimino après le désastre financier de La porte du paradis, naufrage qui le fit considérer par la profession comme un cinéaste maudit, L'année du dragon est un polar qui nous plonge au cœur de la mafia chinoise de Chinatown. Porté par un Mickey Rourke à fleur de peau, le long-métrage sombre et violent bénéficie d'une mise en scène remarquable, d'une lumière et de décors superbes, et n'hésite pas à nous plonger dans les affres de l'histoire des États-Unis. Efficace, prenant et profond.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juillet 2017
Michel Ciminio explore les malfrats de Chinatown. Mickey Rourke incarne un policier peu conventionnel , un ancien combattant du Viêtnam.
Yannickcinéphile

2 882 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 juin 2017
L’Année du dragon est un film que je voulais voir depuis longtemps, et j’espérai qu’il allait un peu me réconcilier avec Cimino, pour lequel pour l’instant je n’ai pas une grande passion (mais il est vrai que je n’ai pas vu ses meilleurs films).
Bon, ça reste un polar appréciable, mais franchement pas de quoi en faire un classique non plus.
Pour ma part le souci vient d’un scénario assez laborieux. Le réalisateur a du mal à trouver l’équilibre entre son intrigue policière, faisant appel à la mafia chinoise et à un vétéran du Vietnam, et la présentation psychologique et amoureuse de ce dernier. Le film manque de fluidité, ce n’est pas très bien rythmé, certaines séquences s’enchainent trop laborieusement. Il y a quelques scènes qui tendent aussi à être un peu trop longue, dans un style bavard qui pourra rappeler Tarantino.
Après, ce n’est pas infect, loin de là. Les dialogues restent assez bien affutés, il y a de bonnes séquences, des passages qu’on n’oublie pas aisément. Reste que le métrage ne m’a pas non plus paru ultra-documenté comme je le souhaitais. Au bout du compte je n’ai pas eu la sensation d’authenticité que je souhaitais, notamment dans la description de la pègre chinoise.
Le film se rattrape sur d’autres points, notamment son bon casting. Mickey Rourke est solide, et trouve un bon rôle. Il assure un gouailleur, bagarreur, macho, et son personnage a un relief que l’on ne peut que saluer. Face à lui John Lone impose son élégance et il est un méchant classieux bien vu. Enfin, la méconnue Ariane Koizumi, qui n’hésite pas à se dénuder pour l’occasion, apporte une saveur certaine au film, avec un personnage pas forcément très bien amené, mais bien porté par l’actrice. Ce trio est solidement entouré de quelques bons seconds rôles.
Esthétiquement le film n’est pas non plus mauvais. De beaux décors, une photographie appréciable, une mise en scène élégante, L’Année du dragon est un polar raffiné. Il dispose aussi d’une bande son très réussie. Pour autant, une ambiance plus travaillée, un climax plus recherché n’aurait pas été de refus. Par exemple en insistant sur le côté flamboyant ou au contraire étouffant et poisseux de Chinatown. Ici l’ambiance reste un peu académique.
Pour ma part, L’Année du dragon est un polar qui se laisse regarder sans déplaisir particulier, mais qui n’a rien d’un classique. C’est un film correct, mais pas sans défaut, loin de là, spécialement sur le plan du déroulé de l’histoire qui ne m’a pas enflammé. 3
Ghighi19
Ghighi19

98 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 avril 2017
Un film incontournable de CIMINO ! . Plus qu'un polar de plus dans l'univers des triad de Chinatown une plongée dans une véritable guerre entre un flic que rien ne peut arrêter et un truand convaincu de mettre une ville à ses pieds . Ce face à face est étonnant et Rourke est fascinant face à John Lone .
A voir et à revoir
Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2019
Un polar très sombre dans un Chinatown au bord de l’explosion. Mickey Rourke y campe un flic vieilli, raciste aux méthodes expéditives qui pourrait parfois faire passer Harry Callahan pour un gentlemen. La mise en scène de Cimino est sobre et crépusculaire. C’est solide et sans concession.
Desman
Desman

8 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2017
Déception que ce film. Cimino est loin de son meilleur, il a perdu l'intensité de Voyage au bout de l'enfer et la magie de la Porte du paradis. Le rythme est mou, l'Intrigue peine à nous tenir éveillés. Pire l'enchaînement de certaines scènes paraît bancal, on pourrait presque croire que le montage a été fait "à l'arrache". Cependant le film n'est pas un ratage total, il reste des personnages complexes et bien campés et des dialogues bien sentis. Mais rien d'inoubliable.
gimliamideselfes

3 435 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2016
Je ne connais pas bien Cimino, c'est le troisième film que je vois de lui (après Deer Hunter et le Canardeur) et j'ai beaucoup aimé. Alors certes le film a ses défauts, notamment sa longueur ce qui malheureusement nuit au peu rythme alors qu'il reste vraiment très bon.

En fait j'ai aimé les personnages, notamment la relation entre Rourke et Ariane et Rourke et sa femme, pour moi c'est des vrais moments de pur plaisir de les voir s'aimer et se déchirer en même temps... de voir Rourke en sorte de macho viril, égoïste mais qui tente de rester droit dans ses bottes, trop même, totalement perdu entre sa femme et la jolie chinoise.

L'histoire en elle-même est assez basique, une lutte contre les triades à Chinatown, mais ça se fait sur un fond de racisme, et surtout avec des personnages réellement attachants parce que leurs réactions, leur comportement sont ô combien réalistes. Pour une fois dans le cinéma ricain je n'avais pas l'impression de voir un truc surécrit sur les rapports de couple, avec des grandes phrases bateaux, mais ça passe par des regards, par de la violence, par le fait de ne pas savoir comment se comporter quand on aime, que l'on est énervé... que l'on est triste. Et ça Cimino le sublime ! J'aime ce rien que pour ça. Et il y a cette scène sublime où Rourke propose à sa femme de laisser faire le temps (un truc comme ça) pour voir ce que donne leur relation, ce à quoi la femme répond qu'elle n'a plus le temps, qu'elle a 35 ans, qu'elle va sur ses 40 et qu'elle n'a plus le temps... Je trouve ça tellement beau comme phrase, rappelant la dure réalité, on ne peut pas gâcher sa vie à attendre, attendre l'autre... un jour on se retrouve vieille, moche, ridée, ménopausée... impossible alors d'avoir un enfant.

Mais ce que j'ai beaucoup aimé au début c'est tout le discours sur le multiculturalisme, où l'Amérique, pays d'immigration par excellence se retrouve confronté à une communauté qui ne veut pas se fondre dans le modèle américain sous prétexte qu'il aurait des traditions (de racket et d’extorsion) depuis des millénaires... Sauf qu'ici c'est l'Amérique et qu'en Amérique on ne fait pas n'importe quoi.

Parce que finalement réussir à parler de cette réalité, où contrairement à ce que l'on peut entendre partout dans les médias, le multiculturalisme n'est pas une "chance", où le multiculturalisme est violent, où les gens issus d'une même culture restent enfermés entre eux, s'affranchissent des lois, des règles... et ils ne peuvent plus réellement être arrêtés, ni la police, ni l’État ne peuvent plus rien faire.

C'est donc un film qui préfère montrer la réalité, sale, ambigüe que le regard d'une femme peu adoucir l'espace d'un sourire.
MaCultureGeek

1 161 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2016
L'année du dragon, c'est un film qui m'a plu dès sa scène d'introduction : brutale, franche et directe, elle dévoile sans peine l’atmosphère prochaine du film. Car il ne faut pas s'attendre à du léger quand on met ce film; non, il ne faut pas espérer un cours magistral sur la paix et l'entraide au sein de la société américaine : "L'année du Dragon" est un film âpre, violent et sans concession, une parabole sur une société cosmopolite hypocrite, qui fait semblant de s'aimer tout en se détestant intérieurement. Et si la tâche de le scénariser a finalement incombé à Oliver Stone, ce n'est pas pour rien; lui, les jaunes, il ne les porte pas dans son coeur, plus depuis qu'il a fait le Vietnam, et qu'il y a vécu les traumatismes de Platoon. Dès lors qu'il en est revenu, sa vie a changé, comme métamorphosée par une force immuable et invisible, une entité qui aurait pris le contrôle de son existence pour ne jamais l'en laisser sortir. Oui, Oliver Stone est un raciste : il hait les peaux jaunes, et cela se ressent tout du long; blagues potaches sur le riz, clichés et stéréotypes primaires et stupides, haine profonde contre une population qui, pense-t-il, l'aura trop fait souffrir, sans jamais faire la distinction entre un vietnamien et un chinois. Au final, le personnage de Mickey Rourke ( qui l'interprète d'ailleurs avec une grande classe, ainsi qu'un charisme animal ) sera une version imagée d'Oliver Stone, l'incarnation même de ses plus bas penchants : entrant dans un monde qu'il déteste avant même d'en connaître la culture, il rejette tous ces visage bridés au teint de soleil, les insulte plus que de raison. C'est un homme obtus que l'on tient ici, un pauvre type teigneux, le genre de personne que t'adule au cinoche, et que tu détestes dans la vie véritable; c'est un salop, un pauvre type, un sans-gêne au sang chaud, un type primaire aux réflexions animales et pulsionnelles. Il ne réfléchit que très peu, fonce dans le tas à l'émotionnel; le reflet typique d'un traumatisé de la guerre, un type qui n'a pas pu sortir de son Vietnam, un névrosé de la gâchette à fortes tendances psychopathes. Car s'il désire foutre le bordel de partout dans le quartier de Chinatown, ce n'est pas anodin; il tient à prendre sa revanche, à refaire le Vietnam, à gagner cette guerre dont il n'est jamais sorti. Prenant ainsi les chinois pour des vietnamiens, les rues de Chinatown pour la jungle luxuriante d'où ses potes ne sont jamais revenus, et c'est dans la boue et le sang qu'il dégaine son révolver comme ce fusil qu'il aimait tant, fut-il un temps, et entame la plus fatale des danses; une danse d'amour et de haine, de patriotisme béat teinté d'espoirs détruits, d'une vie gâchée par la guerre qui se complet à la perpétrer continuellement. En effet, Rourke ( aux grands airs de Bruce Willis, tellement que c'en devient très gênant ) tient ici le rôle d'une vie, celui du type que l'on adore détester, et que seule sa mère peut réellement aimer. Souffrant de graves troubles relationnels ainsi que de pulsions meurtrières et sexuelles non contrôlées, il avance dans des rues dépravées, seul comme un tigre en rut, affamé comme un ours qui chasserait sa proie. Flanqué de sa lampe torche et de son flingue, il n'est que flicaille engagée, qu'un tueur qui tente de se trouver. Face à lui, une peinture de la société américano-chinoise qui se présente avec une neutralité déconcertante; à en voir les idées de Stone, l'on pourra tout de même s'étonner d'une telle objectivité. Car si les chinois ne s'intègrent pas, s'ils n'arrivent pas à se faire aimer de la population américaine, ce n'est pas entièrement de leur ressort, c'est surtout que lesdits américains blancs ne leur laissent pas la chance de faire partie de leur monde. Que des milliers de chinois soient morts pour construire les chemins de fer des Union et Central Pacific, nul n'en a rien à carrer. Au film de nous le rappeler avec grande pertinence, lorsque des séries telles qu'Hell on Wheels n'en ont jamais vraiment fait mention; peut-être par manque de couilles, sûrement par respect d'un politiquement correct assumé. A le juger de son départ à sa conclusion, "L'Année du Dragon" a pour valeur principale d'être un moyen d'auto-psychanalyse pour son auteur, Oliver Stone ( d'ailleurs secondé par Michael Cimino ), une sorte de méa culpa de l'homme qu'il a pu être hier, et qu'il regrette aujourd'hui d'avoir été. "L'année du dragon", c'est un conflit sociétal suivant la pire des guerres pour l'Amérique et le Vietnam, une sorte de guerre civile fratricide, lorsque les uns voyaient en les autres des étrangers qu'il fallait absolument abattre. "L'Année du Dragon", c'est le constat terrible, l'imagerie enflammée de toute une génération gâchée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 octobre 2016
Un des meilleurs film policier des années 80 si ce n'est le meilleur.L'Année du Dragon arrive mêler une intrigue prenante à une atmosphère immersive, ce qui rend le film super accrocheur et très passionnant. De plus la mise en scène de Cimino est propre et rythmé, elle arrive même à être originale tout en gardant beaucoup de classe. Mickey Rourke est grandiose dans son rôle de flic, il incarne à la perfection l'anti-héros à la fois désabusé mais qui ne lâche rien pour faire valoir la justice.
Du grand cinéma, un film policier comme on en voit que trop rarement de nos jours.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 septembre 2016
En ce début septembre, voici mon film de rentrée : « L’année du dragon », grosse claque cinématographique. Ow… Et comble de bonheur, tomber sur une œuvre de Michael Cimino par le plus grand des hasards (!) m’a comblé étant donné que le réalisateur culte de « Voyage au bout de l’enfer » est parti cet été. Ainsi va la vie…
Mais revenons sur le métrage de Cimino qu’il faut impérativement avoir vu une fois dans sa vie. Non pas pour rendre hommage au metteur en scène déchu mais plutôt pour d’autres raisons.
Tout d’abord, l’histoire. A Chinatown, une vague de violence fait couler du sang. Un capitaine de police, ex-soldat du Vietnam, va tout faire pour arrêter une organisation criminelle naissante : la guerre des gangs est lancée !
Aidé par Oliver Stone au scénario (dont on reconnaît la patte engagée), Michael Cimino, peu enclin à lisser son histoire sur des archétypes post-Vietnam (tel « Rambo 2 »), cisèle un polar contemporain basé sur le roman éponyme de Robert Daley (également auteur du « Prince de New York » et « Dans l’ombre de Manhattan », tous deux adaptés par Lumet) en y insufflant une sacré dose de déchéance humaine. Les personnages sont tous bien troussés (Mickey Rourke viscéral) et malgré un script assez banal (gentils contre méchants, final en happy end), Cimino nous surprend par son atmosphère décrépie au possible, et Stone, par son engagement à ne vouloir rien lâcher, son faire-valoir.
Au sein de cette guerre des gangs chorégraphiée par David Mansfield à la musique (il s’agit ici de sa seconde collaboration avec Cimino depuis « La porte du paradis »), Alex Thomson à la photo (« Excalibur » et « Alien 3 », c’est lui !!), du remarquable travail de Wolf Kroeger pour les décors (le quartier malfamé de New York a été entièrement reconstruit ! Spécialiste des films de guerre : « Rambo », « Outrages » de De Palma, « Stalingrad » version 2001) et d’un montage fluide, le scénariste de « Magnum force » nous fait passer dans les rues moites et funèbres de Chinatown comme si notre dernière heure était arrivée. Un peu à la Alex Proyas dans « Dark city » je trouve. Et ici, appuyé d’une noirceur à la Peckinpah, Cimino ancrant ainsi « L’année du dragon » comme un polar made in 80’s. Super !
Pour les besoins du film, le metteur en scène s’est octroyé les services d’un casting trois étoiles. Et pas n’importe lequel (!). Dans la peau du capitaine de police parti en guerre contre les triades chinoises, on retrouve Mickey Rourke (il s’agit ici de la première collaboration entre l’acteur et le réalisateur) qui livre une excellente interprétation. Tout en intensité, il apporte le charisme/machisme d’un homme qui n’arrive pas à panser les plaies d’une guerre encore présente dans les mémoires. Il se fait ainsi le héros d’une cause perdue, héros qui n’a d’ailleurs plus rien à perdre contre la société américaine qui tente de se reconstruire. Considéré comme son meilleur rôle au cinéma (que je place également parmi l’élite de ses meilleures compositions), Rourke, qui a roulé sa bosse dans les 80’s (« 9 semaines ½ », « Angel heart »), fera un come-back surprenant dans les années 2000 : « Sin city », « The wrestler », « Expendables »... . Son adversaire chinois est campé par le jeune loup John Lone bien convaincant dans le rôle du méchant. Apprécié du cinéma, mais trop rare. En atteste sa nomination aux oscars pour « Le dernier empereur » et ce rôle-ci (!). Avec Ariane également qui apporte l’atout fraîcheur et dramatique pour sa seule incursion devant la caméra !!! Ainsi doté d’un trio totalement inédit, Rourke-Lone-Ariane, le seul second couteau qui arrive à s’imposer se nomme Raymond J. Barry (c’est le copain-policier du capitaine enragé), lui aussi dans l’un de ses premiers rôles !! Revu dans « Né un 4 juillet », « Chute libre » et « Training day » pour ne citer que ceux-là.
« L’année du dragon », c’est donc un métrage de Cimino. Au-delà de la mise en scène inventive, des morceaux de bravoure sont filmés de manière décapante, glaçante ou authentique (certaines scènes sont dignes de rester dans la mémoire collective comme le prouve le combat final entre Rourke et Lone). De même, la violence ou les dialogues crus permettent de nous immerger au sein de cette guerre contre le syndicat du crime. Le réalisateur du « Sicilien » nous invite ainsi dans le royaume décadent de la mafia chinoise et thaïlandaise, le New York des années 1970-80 dans lequel croupie la moisissure de l’American way of life : un western urbain dans toute sa décadence.
Pour conclure, « Year of the dragon »(1985) est pour toutes les raisons que je viens d’invoquer un métrage de légende et d’anthologie dans la carrière du cinéaste qui mit cinq ans à se remettre du naufrage critique et commercial de « La porte du paradis ». Ruinant l’United Artist, Cimino engagea le non moins célèbre Dino De Laurentiis pour financer son cinquième long-métrage. Producteur emblématique italien (« Riz amer », « La strada »), sa carrière est couronnée de succès : « La bataille des Ardennes », « Serpico », « Hannibal »… .
Spectateurs en manque de polars, si vous voyez Mickey Rourke,… flinguez-vous !
Accord parental souhaitable et interdit aux moins de 13 ans.
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