Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
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Mephiless s.
Mephiless s.

72 abonnés 697 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 juillet 2015
Godard avait de bonnes idées en réalisant Alphaville, son premier film (et le dernier je crois) de SF est assez audacieux puisqu'il fait comme Bienvenue à Gattaca, les décors sont les mêmes que dans le réel, les dialogues sont bien écrits quoiqu'un peu tirés par les cheveux par moment etc... Mais je n'ai pas trop compris certains partis pris de réalisation et la critique du totalitarisme n'est pas très poussée.. D'autant que le film manque cruellement de rythme et il est très difficile de rentrer dedans.. Dommage
christine D.
christine D.

36 abonnés 52 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 mars 2015
La rencontre inopiné d'un auteur à l'égo démesuré et d'un acteur ringard donna Alphaville. Que dire sinon qu'on a du mal à s'intéresser à ce fatras construit autour de 2 ou 3 bonnes idées et compensant sa vacuité par des propos pris au hasard dans un dictionnaire des citations
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 avril 2015
Alphaville, de Jean-Luc Godard, est une révolution dans le cinéma, un chef-d’œuvre artistique emplit de déshumanisation et de poésie. Sorti en 1965, il reçut l'Ours d'or au Festival international du film de Berlin. Dans une époque postérieure aux années 60, les autorités des "planètes extérieures" envoient le célèbre agent secret Lemmy Caution (Eddie Constantine) en mission à Alphaville, une cité déshumanisée, éloignée de quelques années-lumière de la Terre. Caution est chargé de neutraliser le professeur Von Braun, tout-puissant maître d'Alphaville, qui y a aboli les sentiments humains. Un ordinateur Alpha 60, régit toute la ville. Un message de Dickson, un ex-agent secret, ordonne à Lemmy de "détruire Alpha 60 et de sauver ceux qui pleurent".
"Il arrive que la réalité soit trop complexe pour la transmission orale. La légende la retransmet sous une forme qui permet de courir le monde". C'est sur ces mots que débutent Alphaville. Cette réalité trop complexe pour les mots, ce pourrait être ce monde froid et mécanique que voyait Godard autour de lui, et la légende, le cinéma qu'il utilisa avec une adresse remarquable pour décortiquer ce qu'il en comprenait. Godard utilisa le Paris des années 60 pour créer de toute pièce son univers futuriste car il voyait déjà la matière première de cette société désincarnée qu'il craignait.
Cette réalisation insolite de Godard, qui cultive tout au long d'Alphaville l'étrangeté avec une admirable ferveur juvénile, permet justement d'absorber avec plus d'intérêt le contenu idéologique de ce film dont la démarche intellectuelle demande un certain effort à son public, ne serait-ce que par ses dialogues carrément littéraires truffés de références à toutes les strates de la culture. En témoigne le livre que Anna Karina lit dans le film, Capitale de la douleur, de Paul Eluard ou les citations philosophiques d'Eddie Constantine lorsqu'il se retrouve devant Alpha 60 :
"Le silence de ces espaces infinis m'effraie" Blaise Pascal
"Quel est le privilèges des morts? Ne plus mourir" Friedrich Nietzsche
Alphaville dessine par métaphores des préoccupations politiques et induit de facto l'idée d'une résistance. Godard redonne à la poésie le sens qu'on lui a souvent accordé, celui de la résistance. La poésie est un acte de contestation fort. Ainsi Godard explore Alphaville, par le biais de ses personnages, sur un mode poétique, cite Borges et Eluard. Le titre du recueil en lui-même (Capitale de la douleur) caractérise de façon évidente la cité d'Alphaville. Puisque dans cette ville, il n'y a pas de place pour le bonheur, le rêve, l'amour, Alphaville est fatalement une capitale de la douleur. Et la poésie d'Eluard sera le meilleur moyen de lutter contre elle.
Chargé d'une urgence palpable, Alphaville exprime avec force les craintes de son créateur face à une utilisation aveugle de la technologie de même qu'à la disparition des sentiments. Dans une scène centrale du film, on exécute des ennemis du régime accusés d'avoir agis de façon illogique au cours d'une cérémonie presque théâtrale orchestrée pour divertir l'élite. Caution apprend que dans cette sinistre métropole, "pourquoi" est une question qui n'existe pas. Il faut obéir sans demander d'explications. Or, par une tournure finale d'un romantisme naïf, la rédemption de l'héroïne de Godard passe par le retour de son sens de l'humour et de l'amour. Tout n'est pas que réflexion dans son univers, et c'est justement la passion que célèbre en fin de compte ce film remarquable. A une époque où la menace technologique était plus souvent incarnée par des robots, Godard avait détecté l'énorme potentiel de l'informatique dans le domaine, et ce trois ans avant le 2001 de Kubrick.
Tout comme 1984 de Georges Orwell, Godard donne ainsi aux spectateurs à s'interroger sur ce que pourrait être une société esclave de l'informatique, sans liberté et gouvernée par une autorité qui a tous les pouvoirs. Critique poétique des régimes totalitaires encore fort pertinente aujourd'hui, le film demeure une œuvre clé du parcours créatif de Godard, l'une de ses plus limpides et ludiques.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 décembre 2014
Même en le considérant comme un film expérimental, et en le regardant comme tel, ce n'est pas bon. Le concept amuse pendant dix minutes avant de lasser. Constantine est mauvais, l'overdose de citations culturelles indiffère (d'autant que certaines sont absurdes, "Je voyage au bout de la nuit" dira Constantine). Le message est aussi primaire que naïf et peut se résumer au fait que "l'avenir, c'est la dictature, et que la dictature ce n'est pas bien…" on aurait préféré une démonstration moins farfelue et plus maîtrisé. A sauver (éventuellement) trois scènes complètement décalées, spoiler: celle de la piscine, celle de la salle de cinéma renversable et celle ou Godard arrête un moment le film pour permettre à Anna Karina de nous raconter une histoire drôle.
Thibault F.
Thibault F.

83 abonnés 824 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 octobre 2014
Très étrange composition de Godard qui revisite avec passion le thème de la science fiction. C'est clairement une déception dans le sens où la réalisation est au deçà de l'ambition du réalisateur. En effet, si l'ensemble instaure une atmosphère relativement étrange (notamment avec mon coup de coeur de la piscine où des filles se jettent dans l'eau avec un couteau pour les personnes coupables de sentiments), la composition en elle même est décevante de part les acteurs peu investit dans leurs rôles (Eddie Constantine se demande ce qu'il fait là), un manque clairement de moyen (encore et toujours des reflets de caméra qui me dérangent) et d'envie (le scénario est ridicule comparé à l'univers déployé). On dirait presque que Godard a préféré sacrifier une partie de son histoire au détriment de l'ambition donnant une mécanique ultra rouillé, poussif par moment (l'ennui débarque vite chez le spectateur). C'est franchement pas terrible et ce, malgré les différents messages codés et véhiculés dans le film (la propagande, la robotisation, la dépendance etc...)
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 octobre 2014
Godard n'est apparu sur terre que pour une seule raison : révolutionner le cinéma, le dynamiter et l'éparpiller façon puzzle. Ce qu'il fit très bien en une poignée de films et quelques années, disons jusque vers 1966 ou 67. Par la suite, il aura toujours autant de choses à dire, mais de moins en moins de choses intéressantes à montrer. Alphaville fait donc partie de la période bénie, où le cinéma français mettait les pieds dans le plat. Angoissant et anxiogène, truffé de citations littéraires, placé quelque part entre Orwell et P.K. Dick, enluminé par Anna Karina et regorgeant de plans techniquement très inspirés (merveilleux traveling/plan séquence du début dans l'hôtel), Alphaville est, naturellement, une oeuvre à voir, malgré quelques aspects qui n'ont pas forcément bien vieilli (les jeux sur les mots paraissent un peu puéril avec 50 ans de recul). On peut parler de film culte sans passer pour un intello prétentieux ?
Redzing

1 451 abonnés 4 915 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 juillet 2014
Godard s'essaie au film d'anticipation, et raconte l'histoire d'un agent secret, envoyé dans une ville futuriste contrôlée par un puissant ordinateur. "Alphaville" critique certes le totalitarisme, mais se veut avant tout un hommage à la poésie, qui permet de s'opposer à la logique absolue et froide. Le problème est que le film est très lourd, avec de nombreuses lenteurs, et une accumulation de dialogues absurdes, qui sont plus là pour donner un style que pour amener des réflexions. Sans compter le choix de tourner le film non pas dans un décors futuriste, mais dans une ville des 60's (original, mais surtout peu couteux !). Par ailleurs, on notera quelques maladresses dans le propos, notamment la caricature de la "logique". Les équations E=Mc2 ou E=hv sont en permanence affichées, alors qu'elles sont associées à des domaines comme la physique nucléaire ou quantique, chargées de probabilités et d'incertitudes, et présentées comme des vieilles technologies par les gestionnaires d'Alphaville. Utiliser des allégories de programmation informatique aurait été plus pertinent. Malgré tout cela, le film a plusieurs qualités. Eddie Constantine est charismatique dans le rôle principal, la voix de l'ordinateur est particulièrement dérangeante, et l'ensemble contient plusieurs bonnes idées de mise en scène.
hubertselby
hubertselby

85 abonnés 436 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2014
Un film d'anticipation par Godard, découvrir cela en 2014, c'est un choc visuel aussi bien qu'intellectuel. Je pense qu'il faut se préparer avant de le regarder, se mettre en condition. Cette science fiction a presque 50 ans d'âge...
On est dans la philosophie et la littérature, il faut surtout s'arrêter sur ces points de la pensée parce que visuellement je m'ennuie bien que ce soit conceptualisé à l'extrême.
En même temps , le cinéma fauché de Godard réclame une conceptualisation à l'extrême, c'est peut-être avec cette condition qu'il est le meilleur.
On ne peut pas mettre n'importe qui devant ce film, uniquement un cinéphile, tout autre personne sera projeté dans une autre galaxie cinématographique qui lui fera couper le film ou s'en désintéresser !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 23 mars 2014
Alphaville de Jean-Luc Godard sorti en 1965 nous raconte l’étrange aventure de Lemmy Caution (joué par Eddie Constantine) un détective privé des « états extérieurs » qui tente de découvrir ce que cache Alphaville, une cité dirigée par le despote machiavélique qu'est le professeur Von Braun spoiler:
et son ordinateur « révolutionnaire » qu’on nomme Alpha 60. Ces deux éléments mettent en place un gigantesque « lavage de cerveaux » qui va permettre de diriger les pensées et de bannir tout sentiment chez les habitants d’Alphaville. spoiler: Le personnage principal va parvenir à tuer le professeur et détruire la cité tout en sauvant une femme qu’il a rencontrée dans la cité et dont il tombe amoureux rapidement.
Pour ma part, ce film m’a clairement déçu, on nous montre une histoire sans grand retournement, avec un personnage principal stéréotypé et cliché du détective privé Américain ou du « James Bond amateur » et plutôt mal joué. Le scénario n’est pas des plus inventifs, calqué sur un Metropolis de 1927 et sans vrai suspens qui vous fait espérer ou tout simplement qui sème le doute. La voix caverneuse d’Alpha 60 (qui fait souffrir les oreilles plus qu’elle n’impressionne) surgissant de nulle part en plein milieu de scènes de silence et de réflexion et déblatérant des remarques (qui se veulent) philosophiques, souvent incompréhensibles et souvent sans grand intérêt pour la compréhension globale de l’histoire. Et pourtant, l’idée d’une grande entité dirigeant une citée par la terreur, l’oppression et le contrôle des pensées fait vaguement penser à un certain 1984, de George Orwell. Mais on ne peut pas en vouloir à Godard pour la logique et l’originalité un peu défaillante de son film. Sous l’œil d’un lycéen ou même plus généralement d’un homme d’aujourd’hui, l’idée d’un ordinateur omniscient et aussi humanisé contrôlant la population ne semble finalement pas si fou, alors qu’à l’époque cela relevait de la science-fiction et de l'impossible. En bref, malgré ses idées intéressantes, Alphaville ne m’a personnellement pas plu, du tout, même si je suis conscient du style provocateur ou à but philosophique des œuvresde Godard.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 mars 2014
Film de science fiction de Jean Luc Godard, Alphaville nous raconte l'histoire d'un espion qui se fait passer pour un journaliste, envoyé sur la planète Alphaville, pour y récupérer un professeur, planète où il n'y a pas de sentiments. On sent un Godard inspiré par 1984 de Georges Orwell mais malheureusement, le film n'a pas les même ambition que le livre et peut paraitre assez naïf de ce point de vue là (ça s'arrête à une critique des régimes totalitaire, sans aller plus loin si ce n'est quelques références, notamment à l'URSS mais on est loin du bouquin). Mais c'est vraiment dommage que l'ensemble manque de rythme, même si ce n'est pas désagréable à regarder. Après niveau décors, il avait peu de moyen, ça se voit, mais c'est aussi facile d'en faire abstraction (et la voix du Alpha 60 est assez insupportable !). Coté acteur, c'est sans plus, Anna Karina est belle, il n'y a pas de doute mais à par ça, que ce soit elle ou Eddie Constantine, ce n'est pas impressionnant. Rien de bien nouveau, c'est plutôt intéressant mais loin d'être un classique, ou un indispensable de la science - fiction.
Truman.
Truman.

274 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 février 2014
Godard offre un film de SF ancré dans les années 60 avec une touche d'anticipation ou le message serait l'amour et la liberté ( comme souvent dans ses films ) .
Néanmoins le tout baigne dans une ambiance froide, voir glacial qui risque de rebuter beaucoup de monde, mais le vrai défaut de ce film c'est qu'il est bordélique . Beaucoup ne comprendrons rien et c'est normal, surtout si c'est l'un de vos premiers Godard .
Anna Karina est excellente et toujours aussi charmante avec son petit accent .
La réalisation offre de magnifiques plans malgré l'habituel maladresse de Godard avec la musique ( moins prononcé que d'autre de ses films ) .
Il y a des plans en négatif qui sont affreux et quelques longueurs .
Globalement le message d'anticipation qui est dévoilé est très intéressant et vraiment intelligent mais le traitement est difficile .
Ah et le vrai défaut c'est qu'il y a une voix de cancéreux a la limite du supportable .
Hotinhere

791 abonnés 5 474 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 septembre 2013
Un film de SF étrange et poétique qui offre une vision futuriste totalitaire. Et comme souvent chez Godard, au bout d’une heure, il n’y a plus d’histoire. Ours d’or à Berlin.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 août 2013
Je comprends toujours pas pourquoi Godard est aussi sous-estimé, surtout en France. On se balade sur Internet, sur les forums de discussions, partout, on discute avec des gens, on fait tout son possible, et il y a une minorité (tellement grande qu'elle ferait peur à devenir majoritaire) de râleurs, à gueuler sur la réalisation de Godard, un esprit prétentieux que je ne vois jamais, des "acteurs qui jouent mal" (...), des histoires peu intéressantes, dialogues idem, etc etc, je n'en sais rien, j'ai beau avoir vu pas mal de réalisateurs français, en essayant de varier les genres, de vieux aux récents, et je trouve toujours qu'il n'y en a pas qui arrive à un poil de la cheville de Godard... Quand il mourra on aura droit à des hommages à la con puis notre petit esprit français va rapidement l'oublier, 'fin j'ai pas envie de penser à ça mais voilà... Dans le monde de l'art, et en particulier du cinéma, un réalisateur qui met tout le monde d'accord, si j'ose dire, c'est inexistant. Pourtant, en un siècle, il y en a peut-être 4/5 qui m'apparaissent comme une évidence. Et Godard a sa place. Là il nous sort un film d'anticipation extraordinaire, pris de diverses sources mais scénario de lui, dialogues de lui, tout de lui, il faut comprendre qu'il a tout fait, que tout ce "monde" vient du génie de ce mec. Formellement c'est splendide, j'adore ces longues scènes où le son évolue constamment, comme à l'hôtel au début, on passe du silence à des dialogues puis à une "vraie" musique, et d'un coup on passe de l'un à l'autre alors que l'image, elle, n'évolue pas, c'est dingue. Le noir et blanc convient parfaitement à ce monde "sans lumière", une dimension oppressante où l'artificiel demeure et où le naturel a disparu, tout ce qu'il y a d'humain, l'émotion, les sentiments, la connaissance, la poésie... Là où Godard se révèle encore plus fort, c'est que dans cette opposition notoire de deux mondes il ne propose pas un discours manichéen débile, il veut au contraire nous faire croire à Alphaville, à cette identité, au moins nous proposer un mode de réflexion différent, qui ne se réduit pas vulgairement à du 1984 d'Orwell et domination des machines, non la substance part déjà d'un mal (enfin ce que je considère comme un mal) de nos sociétés modernes, celui de la destruction de(s) Dieu(x) au profit d'un esprit cartésien général, croyance de l'unique vérité scientifique, des chiffres (et en ce sens l'idée de la Bible-dictionnaire - où le spectateur est lui-même confus car au début on se dit que la Bible n'a pas sa place dans cet univers - est fantastique, grandiose, idée de génie), bref l'appui est réaliste, la figure de la femme aussi dans ce monde on pourrait en parler, celles "séductrices niveau 3" qui accompagnent les clients à leur chambre, tellement révélateur... Et dire que ce film date de 1965. 1965. Faut se rendre compte ce que c'est, quasiment 50. Un demi-siècle, c'est inouï. La voix nasillarde des "17 milliards" de connexions d'Alpha 60 résonne souvent, s'impose au spectateur, obscurcissant les plaintes du héros, comme pour nous convaincre, nous, de cette réalité qui nous dérange tant. Si la position d'Alpha 60 et du héros sont connues à l'avance, celle qui se révèle la plus intéressante, évidemment, est celle d'Anna Karina, alias Natascha. Elle, fille du concepteur/créateur de cette "ville lumière", va faire l'apprentissage de ce que l'on pourrait simplement qualifier de vie, au sens humain. Parallèlement à cette évolution, le spectateur, lui, essaie petit à petit de déchiffrer les codes d'Alphaville, là où il neige dans le Nord et fait soleil dans le Sud (on verra plus tard que des commandes permettent d'actionner les saisons ; en ce sens même la nature, au sens propre, distincte dans son élément primitif de l'emprise de l'homme, est contrôlée, manipulée, autant que l'humain), là où un humain dit "le jour se lève" quand des lumières clignotent, là où l'artifice a simplement pris le dessus sur le naturel. Là où la Bible est un dictionnaire, où la censure efface les mots, dicte les "consciences" (mot trop compliqué pour certains, le moment où, face caméra, Karina avoue ne pas le connaître, est bouleversant), où l'émotion n'est plus, un lien se crée entre les deux personnages, et le passage où, dans un jeu de noir et blanc audacieux et inventif, les deux s'enlacent, se découvrent, l'art - sorte de mise en abîme - peut enfin s'exprimer, comme l'amour. Godard laisse libre champ à l'art quand il décide que ses personnages peuvent le faire. Pas avant, lui-même, tel Alpha 60, les oppresse d'une certaine manière. La rébellion a un prix, les habitants d'Alphaville arpentent les couloirs tels des zombies, incapables de vivre sans cette machine suprême... Mais la libération est bien là. Oeuvre phare de Godard, film d'anticipation unique et lumineux en pleine Nouvelle Vague, dont certains aspects transcendent les 3 aspects du temps tant décriés dans le film - passé, présent, futur. Film majeur, tant dans l'idée même du genre (anticipation), que pour la patte Godard, formelle, avec une mise en scène aussi somptueuse qu'oppressante, voyage passionnant dans une réalité suffisamment marginalisée pour mieux la rapprocher de la notre.
Gellis
Gellis

4 abonnés 81 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 mai 2013
Il est élégant Eddie Constantine dans les chambres d'hôtel d'Alphaville. Elle est gracieuse Anna karina en redécouvrant les mots "Conscience", "Amour". Mais qu'est-ce qu'on s'en fiche !
Se tenir à une histoire pour donner à réfléchir est bien trop commun. Donc Godard, montre et remontre E=MC² qui clignote ou une voiture de police à vive allure, fait un gros plan sur "La Capitale de la Douleur" d'Eluard, utilise quelques fortes citations de quelques grands auteurs pour faire sens, utilise quelques scènes en négatif pour faire genre.
Bien sûr, il y a le talent de mise en scène du cinéaste. Mais Lemmy Caution sauvant la pensée profonde en tirant quelques coups de revolver ici et là, puis arrachant un "je t'aime" final à A Karina retrouvant sa conscience : quel ennui ! Ce n'est pas une question de budget, c'est une affaire de profondeur, et la profondeur de Godard parfois sonne le creux.
JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 janvier 2013
2 ans avant Truffaut, Godard s'attaque a la science fiction, rendant par la même hommage au film de Lemmy Caution. Il nous offre un monde futuriste dans des décors contemporain, fruit d'un repérage des plus réussi pour trouver des bâtiment contemporain moderne. Le scénario aborde de nombreuses questions sur l'existence tout en gardant un côté bande dessinée bien marqué. Godard fait aussi appel a Eddie Constantine, en tant que fan et ami, pour reprendre le rôle de Lemmy Caution face a Anna Karina, plus froide et sombre que jamais. Multipliant les scènes réussi et cultes, le film nous entraîne dans une histoire prenante, pour un résultat magnifique, référence du cinéma SF français.
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