Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution
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    Arthur de Bussy
    Arthur de Bussy

    1 abonné | Lire ses 477 critiques |

      2.5 - Moyen

    Il est clair qu'«Alphaville» ne fait pas figure d'opus majeur dans la filmographie de Jean-Luc Godard. Car s'il n'est pas dénué d'intérêt visuel et thématique, il s'apparente plus à l'hommage ou au détournement respectueux des films de série B, quelque peu écrasé par ses influences, qu'à un chef-d'oeuvre en tant que tel et se suffisant à lui seul. Pourtant, malgré ou grâce à ses allures de film de science-fiction fauché, «Alphaville» possède un charme indéniable (pour ceux en tout cas qui résistent au verbiage assommant de Godard). La photographie sublime de Raoul Coutard n'y est pas étrangère, tout comme la beauté d'Anna Karina ou le visage fascinant d'Eddie Constantine. Après, l'intrigue dépasse rarement le niveau du prétexte et la réflexion philosophique reste naïve (ce qui peut la rendre si attrayante, rappelant effectivement le «Fahrenheit 451» de Truffaut, avec qui il partage le même amour enfantin pour les livres et la croyance en leur capacité à « sauver » l'humanité). Mais là encore cet ensemble de qualités et de défauts, d'ingéniosité et de désuétude, de sérieux, d'ingénuité et d'humour, place directement «Alphaville» du côté de la série B, le genre de films qu'on aime sans trop oser l'avouer ou sans trop savoir pourquoi. Si l'austérité de l'esthétique peut rebuter, elle ne rend que plus intenses les quelques moments passionnés et rend d'autant plus pertinents les choix de mise en scène de Godard. Il serait donc dommage de ne voir là qu'un pré-«Blade Runner» (qui à l'inverse disposait d'un gros budget pour un résultat médiocre) sans le sous, alors que les trouvailles visuelles et les thèmes abordés sont plus que dignes d'intérêt. S'il ne touche pas au sublime comme «Pierrot le Fou», «Le Mépris», «A Bout de Souffle», etc, «Alphaville» n'en demeure pas moins un essai fascinant d'un des cinéastes majeurs de la Nouvelle Vague française. Que l'on soit admirateur ou détracteur de Godard, un long métrage qui vaut le détour. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/

    Ajoutée le 18 mai 2012 à 12h43
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    Guillaume182
    Guillaume182

    30 abonnés | Lire ses 980 critiques |

      3 - Pas mal

    Alphaville est le premier et le seul film de science fiction de Godard. Evidemment le bonhomme ne dispose pas des gros moyens d'Hollywood donc pas d'extra-terrestre ou de voiture volante, l'histoire est censée se passer sur une autre planète à des années lumières de la terre et pourtant on n'est pas du tout dépayser, mais qu'importe après tout pourquoi pas, le plus important reste le contenu. On découvre donc un monde contrôlé par une machine, un monde sans émotions, l'amour y est absent aussi bref il s'agit d'un monde complètement déshumanisé. Tout y est contrôlé toute oppositions interdites, il est même interdit de pleurer! Un film pas évident à suivre, il m'a personnellement mis mal à l'aise et puis je n'ai pas du tout aimé la voix d'alpha 60 qui est probablement la plus ennuyeuse que j'ai jamais entendu et puis les décors qui sont ridicules, mais malgré ces petits défauts Godard arrive à raconter une histoire et à faire un film intelligent. Bon je n'ai pas tout compris c'est pourquoi un second visionnage s'impose, mais je pense attendre un moment avant de le revoir. Bonne mise en scène.

    Ajoutée le 28 mars 2012 à 16h40
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    JoeyTai
    JoeyTai

    1 abonné | Lire ses 246 critiques |

      3 - Pas mal

    C'est un film de science-fiction qui est dans la lignée des œuvres dénonçant les sociétés totalitaires, à l'instar de 1984 de George Orwell. Volontairement conceptuel, très minimaliste, donc qui ne cherche pas à tout prix à séduire le public, il faut vouloir entrer dans ce film. Ce fut mon cas, même si tout n'est pas parfait, loin de là. Les décors de cette ville futuriste sont absolument conformes à ceux existants dans les années 1960, sans doute pour souligner le fait que la société comportait des éléments tendant au totalitarisme. Plus que le fascisme, il me semble que c'est plutôt l'URSS qui est ici visée, à travers les exécutions de personnes qui ont osé éprouver et exprimer des sentiments. Le côté bureaucratique et administratif de cette société est omniprésent. La mise en scène ne cherche jamais à expliquer au spectateur mais à exprimer la vision du cinéaste. Résultat, on est parfois dérouté, que ce soit par des dialogues, plans ou scènes incohérents voire incompréhensibles. Les références de Godard sont nombreuses, et celui-ci ne cherche pas toujours à les expliciter, loin de là ! Bien que lent et trop conceptuel, le film reste une violent charge contre tout régime totalitaire.

    Ajoutée le 27 mars 2012 à 12h17
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    RENGER
    RENGER

    169 abonnés | Lire ses 5165 critiques |

      0.5 - Nul

    Alphaville (1965), sans nul doute l’un des plus célèbres films de Jean-Luc Godard, mais pourquoi a-t-il donc une telle renommée ? A y regarder de plus près, on ne comprend réellement pas pourquoi il y a un tel engouement pour cette œuvre de science fiction, qui oscille entre le polar noir américain et l’œuvre "auteurisante" pseudo intellectuelle qui nous fatigue plus qu’autre chose (le film dure un peu plus de 90 minutes et pourtant, on il nous achève en un rien de temps). Jean-Luc Godard a voulu réaliser un film d’anticipation, mais sa magie ne prend jamais, faute de l’avoir réalisé dans les rues de Paris, où les bâtiments administratifs, les hôtels et une piscine sont censés représenter une métropole du futur (pour le dépaysement, c’est raté !). Ajoutez à cela un ventilateur et une lampe qui clignote, tous les deux prenant vie humaine par le biais de la parole (!), en fin de compte, seul le personnage de "Alpha 60" aura réussit à nous séduire avec sa voix complètement chaotique. Concernant les acteurs, ils sont d’une telle nonchalance (surtout Eddie Constantine), bien que cela soit volontaire, cela finit rapidement par agacer, d’autant plus que les scènes d’actions (et donc les chorégraphies) sont toutes ratées. Au final, on en vient à se demander si ce n’est pas nous qui aurions un problème de compréhension pour ne pas avoir adhéré pleinement à ce film (comment expliquer que cette œuvre ai pu remporter l’Ours d’Or au Festival de Berlin en 1965 ?). Dans le même style, mais plus réussit, on pourra citer Fahrenheit 451 (1966) de François Truffaut ou alors le décevant mais tout aussi réputé : 1984 (1984) de Michael Radford.

    Ajoutée le 11 mars 2012 à 21h08
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    AlexTorrance
    AlexTorrance

    11 abonnés | Lire ses 348 critiques |

      3.5 - Bien

    Alphaville, la dystopie orchestrée par Jean-Luc Godard, déçoit par son rythme extrêmement lent et parfois même ennuyeux, et par son auto-suffisance qui l'empêche d'atteindre ne serait-ce que le rang de film de science fiction. Oui, car ici, aucune présence de décors futuristes ni rien hormis un vocabulaire cliché sur-exploité (rajouter alpha à tout un tas d'alpha-mots, c'est alpha-barbant au bout d'un moment) et une musique complètement assommante. Cependant, cette auto-suffisance ne règne en maîtresse que dans la première moitié du film, la deuxième étant le grand point fort d'Alphaville. C'est dans cette deuxième partie que l'on retrouve toute la poésie qui a fait du cinéma de Godard ce qu'il est maintenant. D'autant plus que c'est principalement à ce moment que l'intrigue décolle vraiment, avec la présence de la superbe Anna Karina qui, au rang de rôle minime, se voit propulsée au coeur d'une histoire d'amour futuriste. Pas nécessairement un des meilleurs films de Godard mais plutôt bon, néanmoins.

    Ajoutée le 11 mars 2012 à 19h36
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    douggy77
    douggy77

    29 abonnés | Lire ses 1712 critiques |

      2.5 - Moyen

    En grand fondateur du cinéma d’auteur français, Jean-Luc Godard fut un réalisateur très entreprenant qui s’essaya à tous les genres avec une touche personnelle aujourd’hui décriée. En se lançant dans le domaine délicat du film d’anticipation, il décide paradoxalement d’utiliser davantage les codes du polar et du film noir que ceux de la science-fiction. Son choix narratif est lui aussi surprenant puisque son intrigue se transforme rapidement en un conte philosophique et un pamphlet politique tout en donnant une place immense à la poésie. La domination d’un ordinateur sur la ville apparait en effet comme une métaphore flagrante du fascisme et même de l’influence médiatique. Eddie Constantine est parfait dans son jeu qui assume son imitation de Humphrey Bogart et trouve là ce qui est son meilleur rôle. Le rythme et les photographie noire & blanche rendent malheureusement ce film ennuyeux et daté. Cet esprit maoïste et lyrique est donc au final difficile à suivre.

    Ajoutée le 11 mars 2012 à 12h42
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    Dodeo
    Dodeo

    83 abonnés | Lire ses 237 critiques |

      3.5 - Bien

    Quel drôle de film que cet Alphaville… Jean Luc Godard met ici en scène un héros aux allures et consonances Américaines, car oui, Lemmy Caution parait tout droit sorti d’un film noir amerloque. Ici tout se passe dans le futur, plus précisément à Alphaville, une ville totalement gérée par une machine nommée Alpha 60 qui fut créé par le professeur Von Broun. Godard tient ici son propre film de science-fiction, avec une conception des décors forcément influencée par le petit budget à son disposition. Tout est filmé en studio, dans de petites pièces, les bâtiments du futur sont simplement de grands bâtiments d’époque. Tout est mesuré, calculé pour que tout fonctionne malgré l’absence de moyen et le défi semble tout de même grandement réussi. Godard fait l’exploit de nous faire voyager sans réellement se déplacer. L’illusion est bonne et l’immersion dans son monde futuriste reste efficace. Cependant malgré la réussite sur ce point-là, force est de constater qu’il sera très difficile d’entrer pleinement dans le film de Godard. Beaucoup trop hermétique dans un premier temps, trop bavard pour pas grand-chose, trop complexe par simple plaisir d’empiler les notions. Puis honnêtement, quelle idée d’’utiliser une voix robotique aussi horrible, inaudible, ridicule… Le film ne prendra son envol que lors de la seconde partie, plus limpide, plus prenante et incontestablement plus réussie. Alphaville est parcouru de femme fatales, errants dans les couloirs avec un numéro dans le cou, de camés dans les rues. Tout parait calculé, tout obéît à une définition du ‘personnage normal’ auquel tout le monde doit se plier. Pas de place pour les sentiments qui ne font qu’empiéter sur le sens logique. L’on se souvient d’ailleurs d’une scène particulièrement juste et amusante, critique des régimes totalitaires : La scène de l’exécution des membres illogiques lors d’une cérémonie ayant pour but de divertir l’élite. Justesse et humour décalé, ça fait tout de suite mouche. Armé d’une vigueur retrouvé le film s’attaque aux sentiments, développant une épopée amoureuse entre Lemmy Caution et le personnage interprété par la toujours très belle Anna Karina tout en poursuivant sur les idées politiques et morales développées plus tôt. Au final et ce malgré les réticences sur le première partie, Alphaville reste un bon film poétique et politique renforcé par un très beau noir & blanc soulignant la tristesse et la dureté ambiante. Dans un monde inhumain et régit par la simple logique, l’amour et les sentiments seront la seule rédemption…

    Ajoutée le 08 janv. 2012 à 12h34
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    Ancien utilisateur
    Ancien utilisateur

      5 - Chef d'oeuvre

    Alphaville , une étrange aventure de Lemmy Caution est un film magnifique une fois de plus du grand cinéaste de la Nouvelle Vague , Jean-Luc Godard . Alphaville est un objet cinématographique virtuose , incroyablement bien mis en scène et magnifiquemnt interprété par Eddie Constantine et Anna Karina , probablement la meilleure actrice des années 1960 . Ce film de 1965 amène des questions existentielles comme souvent dans la filmographie de Godard , et il remet en question la société , les hommes . Jusqu'à où par exemple va sa liberté ? Quelles sont les limites , les frontières dans notre humanité ? Et Godard , le fait à travers ce lieu à l'écart des "pays extérieurs" , un lieu où les hommes ne peuvent plus éprouver de sentiments propres sous peine de condamnation ( d'ailleurs la scène des mises à mort dans la piscine est très dure mais emblématique ) . Beaucoup de narration est présente dans ce film via l'ordinateur Alpha 60 , narration qui nous conduit aux désastres de la vie que mènent les habitants d'Alphaville . Alphaville , qui est un film très sombre ( le noir et blanc joue d'ailleurs bien sur cette sensation ) annonce déjà certaines oeuvres du cinéaste comme Film socialisme où est dépeint un monde assez dur avec la crise et autres . Peut-être qu'à l'époque , Godard voyait en Alphaville une représentation ce que pouvait être notre société si on laissait place à une domination technologique , on ne sait pas . En tout cas , c'est un film de science-fiction quelque peu engagé et expérimental et doublé d'une très belle histoire d'amour .

    Ajoutée le 26 déc. 2011 à 02h01
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    Ash-D
    Ash-D

    12 abonnés | Lire ses 311 critiques |

      3.5 - Bien

    Ce qu'il y a de bien dans Alphaville c'est ce mélange entre science fiction, film d'espionnage et le polar classique. Un récit dystopique ultra bien maîtrisé qui n'est pas sans rappeler les classiques comme "1987", "Un bonheur insoutenable" et "Le Meilleur des mondes". Que du bons quoi ! C'est quand même dommage d'avoir bidouiller la voie d'Alpha 60 à ce point, on a l'impression que le gars parle en éructant où en parlant à l'aide d'un electrolarynx, au choix. Honnêtement, c'est déroutant, ça m'a perturbé tout le film, déjà on comprend rien et de plus ça vous fait saigner les oreilles. Mais bon tant pis fallait faire avec ! Niveau interprétation, c'est du caviar avec Eddie Constantine dans le rôle du fameux Lemmy Caution et l'envoutante Anna Karina pour jouer la fille du Big Boss. Alphavile dépeint un monde contre-utopique, où la logique et la science règnent en seuls maîtres et régissent la vie de tous. L'univers est vraiment impeccable, les décors également mais l'intrigue traîne quelque peu à s'installer, même si le mystère est omniprésent. La sauce prend à peine que la fin pointe déjà le bout de son nez, c'est dommage, on regrette juste de ne pas avoir eu un peu plus à becter !

    Ajoutée le 29 nov. 2011 à 19h16
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    Moorhuhn
    Moorhuhn

    24 abonnés | Lire ses 337 critiques |

      4 - Très bien

    J'ai toujours eu une relation ambiguë avec mon ami Jean-Luc. Capable de me remuer avec Pierrot le fou, capable de m'endormir avec A bout de souffle, capable de m'émouvoir avec Vivre sa vie, capable de me faire arracher les cheveux avec Week-end. Chaque fois que je lance un Godard je ne sais jamais à quoi m'attendre et quel ressenti j'aurais à la fin. Bon allez, je lance Alphaville, peut-être vais-je aimer, peut-être vais-je détester... Et finalement j'aime, j'aime beaucoup même, pour Moi Alphaville est une oeuvre fort intéressante et qui pourrait bénéficier d'une seconde vision pour en discerner toute la richesse. Ce film m'a intrigué dès le départ. Godard signe ici une sorte de film dystopique fortement influencé par le film noir mettant en scène un journaliste/espion débarquant à Alphaville, une ville futuriste aux décors contemporains. Et c'est ça qui fait toute la particularité de l'ambiance du film. Point de rayons laser ou autres voitures volantes, le décor est réel mais pourtant on y croit à cette cité futuriste. Peut-être est-ce grâce à la photographie fort contrastée de Raoul Coutard lors des scènes extérieures qui donnent l'illusion d'une ville noire, oppressante, où l'être humain semble se déshumaniser et les mots perdre leur sens (la langue française, un thème fort apprécié par JLG). Le film m'a un peu fait penser à Brazil, qui lui-même s'inspire de 1984 (que je n'ai toujours pas lu, pauvre de moi). Le "Big Brother" est ici Alpha60, une sorte d'entité supérieure, régie par la logique scientifique, qui fait fortement penser à la tête pensante d'un régime totalitaire. D'ailleurs cette impression règne pendant tout le film, on sent que la liberté n'est qu'illusoire, que tout vit sous contrôle, qu'il n'y a peut-être même plus de vie humaine. Godard agrémente sa réflexion de multiples références littéraires et cinématographiques, ce film est fait avec un amour certain de l'art mais aussi avec un pessimisme saisissant quant à la nouvelle condition humaine, sans pour autant tomber dans la facilité en ne creusant pas volontairement dans une analyse sociale qui alourdirait le propos. Constantine est fascinant, Karina magnétique, et l'univers désolé proposé est envoûtant. C'est encore une fois fort bien mis en scène et comme je l'ai sous-entendu précédemment, la photographie est géniale et très à-propos. Je reprocherais peut-être une petite surenchère de références qui m'a un peu exclu du film, peut-être l'apprécierais-je encore davantage une fois toutes ces références acquises. En tout cas je souligne un travail de maître pour un très bon film, je crois que je vais finir par bien t'aimer Jean-Luc!

    Ajoutée le 28 nov. 2011 à 23h47
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