On a beau aimer Clint Eastwood, acteur, producteur, ou réalisateur, trop c'est trop. Ce lundi, jour de ciné à la télé, nous avions le choix entre Eastwood et Eastwood, entre ce Monde parfait et Gran Torino déjà vu et commenté. Est-ce que c'est ça qui m'a foutu en rogne ? Et d'abord le qualificatif road movie. Entrer et sortir d'une bagnole, conduire d'une main sans regarder la route, jouer aux autos tamponneuses, et rouler, rouler, rouler sans but précis, cela ne fait pas forcément un bon film. Le modèle du genre est italien, et c'est Il Sorpasso. Au lieu du tandem Costner et gamin, on a une opposition flambeur contre coincé, Gassmann et Trintignant, et c'est prenant et original. Le gamin de Costner est naturel et touchant, mais sa confiance sans restriction est artificielle et suspecte. Du coup Eastwood, lui-même inexistant dans son rôle secondaire de poursuiteur, a choisi un méchant à allure de gentil, Costner, pour faire passer la pilule. Et puis mon Dieu que c'est long deux heures et demie d'embouteillage. Dino Risi avait opté pour une heure de moins en Lancia Aurelia, merci à lui, et c'était drôle. Eastwood et Costner ne sont pas drôles. Est-ce du masochisme ? Je me propose de revoir Magnum Force du même Clint, film qui m'avait laissé un bon souvenir. Je vous raconterai.