Dans "Hana-bi", Takeshi Kitano arrive à conjuguer poésie et violence avec cette manière de faire, cette mise en scène propre au réalisateur japonais. De plus, Joe Hisaishi apporte sa contribution en signant une BO sublime qui souligne l'impact de certaines scènes fortes émotionnellement. En revanche, je doute de l'utilité cinématographique de placer tout au long du film des peintures de Kitano lui-même puisque cela n'apporte rien à l'histoire et fait plus penser à un coup promotionnel.
C'est froid, c'est violent, c'est radical.... Mais pourtant on s'ennuie un peu du style facétieux et gratuit de Takeshi Kitano. Et c'est pourtant sans doute son meilleur film...
La maladie ronge les esprits. torturés, ennuyés, déments ou égarés, tous s'affrontent et s'entre bouffent, jusqu'à n'en plus pouvoir. L'homme peintre, guidé par une puissance qui le dépasse, remplit ses toiles de tâches heureuses et tristes, flocons maussades qui tourbillonnent sur la page blanche un soir d'été. La FIN approche, la femme lâche un sourire... timide, certes, mais sincère... Les souvenirs s'égrènent un peu partout, comme autant de pétales hagards en proie à l'Inspiration des sens, la fillette fantôme rigole en courant, et c'est une ultime cabriole qui clôt la mer en mouvement..
Film incroyable qui a toutes les apparences d'une extraordinaire poésie cinématographique, avec son lot de figures de style et d'émotion engendrée. On est époustouflé du début à la fin par l'humanisme qui s'échappe de ce film. A la fois un monde de Chaos, magnifiquement peint par Takeshi Kitano, dont les seuls recours sont l'amour et l'art. Mention spéciale à quelques séquences incroyables du film : celle des fleurs et la séquence finale. Les plans sont très bons du début à la fin; la gestion du mouvement est excellente de par son inventivité et son originalité. Les acteurs sont incroyables, notamment Kitano touchant même lorsqu'il assassine. La bande originale du grand Joe Hisaishi est magique et est en plus merveilleusement bien utilisée. Le film introduit également une belle réflexion sur l'art à travers la contemplation des fleurs, de la mer, des arbres, du monde qu'il nécessite. L'excellente s'étend jusque dans le titre : Hanna-Bi (Feux d'artifice); extrêmement bien choisi pour sa fidélité au film : l'oeuvre est un feu d'artifice émotionnel. (16.5/20)
(...) Chemin de croix émouvant, Hana-Bi se termine bien sûr face à l’océan, source de fascination inépuisable pour le cinéaste. Critique complète sur : http://www.leblogducinema.com/critiques/critique-drame/critique-hana-bi/
Il est souvent dit que la culture japonaise se caractérise par un sens aigu de l’éphémère. « Hana-Bi » est une grande suspension contemplative adossée à une disparition inéluctable. Le plus surprenant est le mélange des genre, la violence brute du polar avec yakuzas accompagnant la délicatesse picturale et une poignante histoire amoureuse. Le raffinement esthétique et le hiératisme sont d’autres éléments qu’on ressent comme très japonais. C’est beau, émouvant, tout juste pourrait on reprocher quelques effets un peu trop appuyés par moment.
Entre la poésie du voyage que Kitano entreprend avec sa femme mourante et le semi-film de yakuza, il aurait été bon de faire un vrai choix. On se retrouve face à un film pas forcément ennuyeux, mais ne sachant apparemment pas sur quel pied danser. Et puis si Kitano pouvait parler un peu plus...
Si à l'époque de la sortie d'«Hana-Bi» Kitano se considérait encore comme un cinéaste débutant, force est de constater qu'il atteignait déjà des sommets. Mêlant sérénité et violence dans un ballet d'images et de sons, Takeshi Kitano laisse éclater dans ce film la multiplicité de ses talents artistiques : acteur, peintre, réalisateur, scénariste, monteur, rien ne semble impossible au japonais et il faut dire qu'il s'acquitte fort bien de chacune de ces tâches. Son jeu, marqué par son visage accidenté, est impressionnant d'intériorité et de subtilité. L'histoire est traversée par les thèmes qui préoccupent habituellement Kitano : la violence bien sûr, l'amour, la mort, la maladie, la justice, la nostalgie... autant de sujets ambitieux vus et revus dans le cinéma, et pas toujours de la meilleure façon qui soit, mais abordés ici avec une grande humilité et une véritable honnêteté, et surtout une approche originale. Pour ce qui est de la réalisation, c'est l'une des plus abouties de sa carrière, l'usage enchevêtré des images et des sons est proche de la perfection, les cadrages sont splendides, la contemplation domine tout le long métrage... Et l'ensemble est magnifié par un montage extraordinaire. Avec «Hana-Bi» Kitano a franchi une étape supplémentaire dans la maîtrise du temps, l'étirant ou l'accélérant à sa guise, toujours avec une intuition relevant du génie. Le cinéaste japonais était tout simplement en état de grâce. Et la partition de Joe Hisaishi qui vient couronner le tout... Un grand film. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Assez similaire à Sonatine, Hana-bi n'a pas été aussi surprenant que je l'aurais espéré, cependant il faut bien admettre que le style de Kitano est toujours aussi pétillant et frais. Le scénario est original et prenant (après avoir lu le synopsis, j'ai eu directement l'envie de le voir) ; l'histoire est centré autour de Nishi, ancien détective, qui se retrouve dépassé par les évènements de son entourage et décide ainsi de quitter la police pour commettre un braquage (dans le but de soulager les misères de ses amis/sa femme, en leur envoyant l'argent volé). Ce qui est remarquable avec Takeshi Kitano, c'est cette subtilité qu'il emploi dans la mise en scène ; on y retrouve de la violence hors-champ, des sous entendus ou encore l'inexpressivité volontaire des personnages constitue toute l'originalité du réalisateur (à défaut de faire des films relativement lent). La bande son composé par l'habituel Joe Hisaishi ne manque pas de marquer les esprits avec, comme toujours, 2-3 thèmes récurrents ("Hana-bi" la piste principal et "Sea of blue" qui est aussi magnifique). Au final, malgré la petite lenteur générale, je dois bien admettre que certaines moments sont magistrales ; comme le cambriolage de la banque, pas crédible, mais plutôt bien réalisé (la vue depuis la caméra de surveillance par exemple). Même si je n'ai pas été émerveillé, notamment à cause de lenteur, il faut le voir pour tout les amateurs de film sur les yakuzas !
J'ai revu "Hana-Bi" tout récemment, quinze ans après l'avoir découvert à sa sortie en 1997 (il m'avait impressionné et déconcerté comme jamais car son contenu était tout simplement inédit en France (et même sur un écran de cinéma en général) ; à l'époque, les films asiatiques apparaissaient au compte-gouttes dans nos salles obscures ; nous n'étions pas encore dans la déferlante des sorties des années 2000), j'ai revu "Hana-Bi" tout récemment, donc, et il ne s'agit ni plus ni moins que d'un poème imprimé sur pellicule, un beau chant désespéré qui captive nos yeux (via l'omniprésence de l'art pictural, lequel conduit même la narration du film, parfois) et enchante nos oreilles avec la superbe musique de Joe Hisaishi (les courtes saynètes douce-amères, quasi muettes, qui réunissent le personnage de Kitano et sa femme sont tout simplement bouleversantes ; on est pas loin du Chaplin de la grande époque).
Doux Amer ... Un chef d'œuvre de construction, d'interprétation, de photo. La musique de Joe Hisaishi (comme pour "Chihiro", et tous les autres grands films japonais) est un régal. De la violence, à l'amour, un voyage doux amer dont le héros connait la destination dès qu'il choisit de devenir Yakusa ... Un GRAND Kitano, reconnu dans le monde entier. A VOIR ...
Voici à la fois le plus beau film de Takeshi Kitano et son plus célébré à travers le monde(Lion d'argent à Venise)."Hana-Bi" représente la quintessence de son style,parsemé d'une émotion paisable et durable.C'est l'histoire d'un ex-flic anéanti par la mort prochaine de sa femme et l'accident de son équipier qui se retrouve en fauteuil roulant.L'Inspecteur Nishi erre comme une âme en peine.Il semble n'avoir plus rien à perdre,mais avant de passer l'arme à gauche,il a envie de quelques moments de bonheur,d'un dernier voyage.Derrière son apparente impassibilité et ses lunettes de soeil,il cache des trésors d'humanité.Kitano est le genre d'acteur qui arrive à communiquer,avec très peu de mots et un visage qui ne cille que très rarement.Nishi est une figure tragi-comique.L'absurdité de certaines situations rappelle à quel point Kitano sait que la vie est éphémère et qu'il vaut mieux profiter des choses simples.L'irruption de yakuzas trouble sa quiétude retrouvée.La mise en scène,toujours aussi riche en plans fixes,est plus élaborée que d'habitude,entre éclairs de violence,poésie contemplative et mélancolie poignante.On y découvre son talent de peintre par le biais des toiles de l'handicapé.La partition parfaite de Joe Hisaishi,douce et marquante,finit de faire de ce drame d'auteur un puissant souvenir.
Mon premier film de Takeshi Kitano. Sorte de poésie contemplative, Takeshi Kitano nous livre ses talents de réalisateur, scénariste, acteur et monteur. Aux premiers abords Hana-Bi peut sembler déroutant mais on se laisse rapidement convaincre par la narration du réalisateur Nippon même si elle se révèle assez longue par moment. Le tout est magnifié par la musique qui m'a fait beaucoup penser aux rpg Japonais comme les Final Fantasy ou Tales of (on trouve mieux comme comparaison oui !). Kitano fait aussi la part belle à la violence que j'ai trouvé assez inattendu, tout en évitant de tomber dans le gore outrancier et vulgaire. Cette brutalité met en avant la froideur de Yoshitaka Nishi, froideur qu'il abandonne lorsqu'il se trouve avec sa femme malade. Car oui Hana-Bi est aussi une histoire d'amour, certes très étrange et sortant des sentiers battus mais une belle histoire. Je pense qu'on ne peut rester indifférent face à une telle œuvre. Il faut aussi se laisser bercer par la beauté des images.