Dans la même lignée que son film suivant, "Ran", Akira Kurosawa nous propose une fresque historique dans laquelle se mèle des batailles épiques et des manipulations politiques. On retrouve donc le savoir faire du maitre nippon à travers une photographie sublime (jeux de couleurs, panoramas,…) et son art subtile de la mise en scène. Tout n’est certes pas parfait (quelques faiblesses dans le scénario) mais pas loin.
Intéressant sur divers points (la lutte du pouvoir, la double devenant le véritable guerrier, ou encore la superbe reconstitution de l'époque), "Kagemusha" souffre bien d'un manque de passion. Celle-ci, pourtant si présente à l'ordinaire chez Kurosawa, ne se ressent que par de brefs moments. Et si ces scènes envoutées sont d'une beauté indescriptible, elles ne permettent pas d'enflammer cette histoire passionnante. On regarde néanmoins ce film avec un réel intérêt, grâce notamment à une atmosphère singulière et à la prestation de Tatsuya Nakadai , qui demeure une véritable prouesse.
Encore une fois, ce bon vieux Kurosawa a réussit à me surprendre! Je m'attendais à un film de samouraï sans grande originalité mais ce fut tout le contraire. Au début, on apprend qu'on est dans les années 1570 (assez vieux!), et qu'un brigand est choisit pour jouer l'ombre du roi (le double). À la mort de celui-ci, il est choisit pour berner les ennemis et faire croire que Shingen (le roi), est toujours en vie. L'histoire est déjà originale mais en plus les plans sont de toutes beautés (sans oublier les couchés soleil, magnifiques, qui submergent les combats, avec un jeu d'ombres chinoises). La bande sonore est un mélange de rythme lent japonais, assez classique, et de musique classique d'orchestre, un peu plus influencée d'occident, je pense. Les acteurs sont bons, très bon même, surtout Kagemusha qui passe de plusieurs états magnifiquement (le rêve est sans doute le meilleur). Bref, on croyait le maître mort (maintenant c'est on ne peut plus vrai!!), il renaît grâce à cette palme d'or et à cette magnifique fresque historique pas du tout ennuyante.
C'est loooong ! C'est simpliste, les scènes de bataille sont pathétiques : trois plans ; le premier consiste à montrer des assaillant courir : le second montre des gens tirer pendant une minute - aucune confrontation - et le troisième plan montre les morts. Bravo. C'est ce qu'on appelle une bande dessinée. On passe son temps a regarder parler des gens assis à genoux. Dur. Toujours intéressant culturellement quand il s'agit de voir une illustration en matière d'histoire-géo, ce que j'apprécie un peu. Mais sur deux heures et demie. Fiou, c'est difficilement supportable. Vraiment dommage, l'histoire était pas mal.
Palme d'or en 1980, ce film de Kurosawa est une fresque épique retraçant les guerres de clans durant le 16e siècle. Il raconte le destin d'un homme, sosie d'un chef de clan mort au front duquel il prend la place pour que l'ennemi le croit toujours en vie afin que la guerre puisse continuer. Mais ce n'est pas du tout un film où les batailles se succèdent mais plutôt un film sur le pouvoir, la stratégie et la politique. On va dire que pour apprécier pleinement le film il faut avoir un certain intérêt pour l'histoire du Japon à cette époque, qui est très différente de la notre, culturellement parlant, pour ma part j'ai très vite décroché ce qui n’enlève rien à la qualité du film.
Ce qu'il y a de toujours agréable avec les bons films c'est qu'on voit jamais le temps passé. Ce récit ancré dans les batailles historiques entre clans de samourai au cours du 16ème siècle, surprend par la qualité des dialogues, de la mise en scène et de son intrigue. L'interprétation à la fois pathétique et tragique de Tatsuya Nakadai est remarquable. Il interprète l'ombre d'un chef de clan, ombre qui va permettre de protéger le clan car elle est un symbole plus important que le chef. Mais tout finira tragiquement une fois l'illusion découverte et la chute sera terrible pour celui qui aura perdu à la fois identité et fierté. Les scènes de bataille sont mangifiquement filmées et la photographie très propre (les couleurs flamboyantes pendant le rêve ou lors de la bataille de nuit, les intérieurs dans le chateau etc). A voir et continuer avec Ran.
Il ne faut pas s’attendre à des combats de sabre sanguinolents, c’est plus une fable politique, ce film. Le sujet c’est, comment fonctionne le pouvoir. Le seigneur Shigen mort, on le remplace par un sosie, qui finit par imiter l’original avec la patience d’un singe, ou d’une marionnette. Cela se termine par un carnage stylisé par le ralenti, sur une musique militaire moqueuse. De nombreux costumes et figurants à l’appui, le film est long, on le sent par moments, parfois hermétique, peu de place à la rigolade ici, et la supercherie n’est jamais éventé malgré les nombreuses gaffes du « singe », singe qui aurait gagné à être moins vide justement, le manque de fond du personnage en fait un archétype presque abstrait de l’employé modèle que l’on utilise, en attendant de trouver mieux. Les seconds rôles eux aussi sont justes seconds, Kurosawa sacrifie beaucoup à la réflexion, sans charge émotionnelle aucune, c’est son choix.
Ce film est très traditionnel, mais c'est ce qui fait son charme. En effet, tout est basé sur les règles et les croyances japonaises ; On peut le remarquer par les décors ainsi que les costumes qui sont réalistes. Et puis, on sent l'effort de la mise en scène, notamment pour les rêves. Le scénario également tient bien la route, et c'est aussi le point original de tout ce côté traditionnel, ce qui le rend bon.
"Rashômon", Les sept samouraïs", quels chefs d'oeuvres. "Yojimbo" excellent. "Chien enragé" pas mal mais peut être aurais je besoin d'une seconde vision. Je m'attendais à de la qualité de la part de "Kagemusha", un film épique, spectaculaire, avec un personnage principal qui se perd à force d'imiter une autre personne. Mais non rien du tout. Le changement de personnalité c'est à 30 minutes de la fin. Les scènes de batailles sont filmées hors champ, au revoir le spectacle. Beaucoup de scènes paraissent inutiles. Le film est très très très peu découpé, les plans de coupe on les compte sur les doigts d'une main, par contre les raccords sont vachement bien faits. et possède un rythme asez très baucoup lent. La lenteur ne me gêne pas du tout si j'aime le film, certains de mes films préférés sont lents. J'ai pas compris pourquoi une telle forme épuré, contemplatif. Produit par George Lucas et Francis Ford Coppola, grands admirateurs de Kurosawa qui ne trouvait pas de financement pour "Kagemusha", ce dernier a obtenu une palme d'or, et vu la longueur on comprend pourquoi.
Grande épopée comme seul Akira Kurosawa sait les faire, "Kagemusha" est un film palpitant, passionant et épique. Produit, pour la version internationale, par George Lucas et Francis Ford Coppola, tous deux admirateurs du réalisateur japonais ("Star Wars" est en partie inspiré par "La Forteresse Cachée"), c'est cette fois-ci un subterfuge qui occupe l'histoire. Au XVIe siècle, un conflit fait rage entre plusieurs clans. Dans l'un d'eux, le clan Takeda, leur grand maître Schingen est mortellement blessé lors du siège d'un château rival. Afin de protéger la maison Takeda, un Kagemusha est désigné pour remplacer durant 3 ans, le maître Schingen. Le Kagemusha en question, alors vulgaire voleur, se retrouvera au sommet du pouvoir. Véritable question sur la guerre et l'ivresse du pouvoir chez les hommes, "Kagemusha" est un des principaux chefs d'oeuvres de Kurosawa. Comme toujours chez ce dernier, la mise en scène est parfaite. Les mouvements de caméra de même que la direction d'acteur restent un exemple dans ce domaine. Lauréat de la palme d'or en 1980, "Kagemusha" est surtout intéressant dans la manière ou il met en avant les sentiments humains avant tout autre chose. Le voleur, devenant maître, est un thème original ou se mêlent complots, alliances. Mais c'est surtout l'ivresse du pouvoir qui est traité. Contraint de suivre des ordres afin de faire durer le subterfuge, le voleur n'est pourtant pas entièrement libre. En exemple cette scène ou il se voit refusé de coucher avec des femmes, alors que sa libido lui en donne l'envie. Pourtant, petit à petit, ce dernier se transformera en cet homme, Shingen, qu'il n'a alors qu'imité jusqu'à se comporter comme lui à la perfection. Belle démonstration de la transformation qu'exerce le pouvoir sur un homme, jusqu'à une issue qui se révelera tragique. Kurosawa prouve encore une fois que l'étendue de son talent est sans égale, en privilégiant toutefois les moeurs humaines plus que les combats. Pourtant, cela n'empêche pas le film d'être aussi passionant que la plupart des films du genre, grâce à une réalisation excellente et perfectionniste.
Génial et renversant ! Un film impressionnant qui traite de la futilité de l’existence et de l'abération de la guerre. Kurozawa, une fois de plus se joue de l’élitisme et de la rigidité de la société japonaise. L'histoire est grandiose, l'image est sublimes et les acteurs sont criant de vérité. Les scènes de bataille sont très réalistes. Un sommet du cinéma mondial. Incontournable.
Cette fresque épique en couleur produit par Lucas et Coppola fait parti de ces grandes réussites du cinéaste Kurosawa dans les chambaras. Il allie l'héroïsme au pathétisme, l'humour au drame avec une maîtrise exceptionnelle et livre une fabuleuse aventure qui mérite d'être vue. Impressionnant et humble à la fois, il sait allié les moments grandioses à ceux beaucoup plus intimes et balance un concentré d'humour très efficace, dans lequel son héros burlesque et pourtant touchant fait des merveilles.
Un peu lent peut être, mais la beauté des images et la tristesse des scènes finales font oublier les longueurs du début. L'un des chefs d'oeuvres de Kurosawa.. à voir !
Akira Kurosawa n'est décidément pas appelé le plus grand réalisateur japonais pour rien, c'est à se demander si un seul homme a pu donner naissance à tant de chefs-d’œuvre. "Kagemusha" ne déroge pas à la règle et sur une intrigue parfaitement trouvée (un homme ressemblant traits pour traits à un seigneur de guerre prend sa place après que le seigneur soit mort pour que personne ne le sache), Kurosawa dépeint le Japon féodal avec ses guerre, sa cruauté, ses tromperies. Jamais on ne s'ennuie devant ce film admirablement mis en scène et interprété avec talent par Tatsuya Nakadai.