Kagemusha, l'ombre du guerrier
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girondins59
girondins59

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5,0
Publiée le 13 septembre 2007
Que serait-il advenu du chef d'oeuvre d'Akira Kurosawa si les américains George Lucas et Francis Ford Coppola n'étaient pas intervenus pour financer le projet qui fut à l'époque un record au Japon au niveau budgétaire. Quoi qu'il en soit, "Kagemusha, l'ombre du guerrier" est bel est bien là pour le plaisir des yeux. Surtout pour le plaisir des yeux car le film du maître japonais est presque une définition du cinéma contemplatif. Scènes de batailles et de déplacements de foules à n'en plus finir, réunion quasi-silencieuse des généraux et surtout, une façon de filmer tout ce qui entoure les personnages extraordinaire donnant, un peu comme le "Barry Lyndon" de Kubrick, une grand richesse picturale aux images. A côté de ça, une intrigue digne des plus grandes tragédies où un voleur repenti va devenir la doublure d'un grand chef de guerre pendant trois années durant lesquels l'ombre du chef défunt et l'imposteur au grand coeur ne feront plus qu'un. Ici, Tatsuya Nakudai incarne deux rôles. Un acteur, deux personnages qui ne font qu'un pour certaines personnes, Kurosawa perd son public dans les méandres d'un scénario diabolique et réussi une magnifique fable en costumes d'une richesse visuelle invraisemblable où la perte de soi et la tromperie sont les maîtres mots.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 juillet 2007
Sommet du cinéma historico-politique de Kurosawa avec une performance légendaire de Nakadai. En filmant la succession d'un seigneur par son double Kurosawa choisit d'entamer une nouvelle étape de sa réflexion sur l'Histoire en se concentrant sur les figures qui la constitue. Encore une fois Kurosawa choisit le pessimisme en montrant que les hommes historiques sont des masques tutélaires dont personnes de peut sonder la profondeur et la véracité de leut être. Le parfait fonctionnement de la tromperie démontre encore une fois l'absurdité de l'histoire des êtres individuels où chacun est plus effrayé par le symbole que par la réalité et plus fasciné par l'individu que par l'espèce. Kurosawa déploie alors l'apogée de sa poésie cinématographique mêlant les contrastes de l'eau et de la boue, de la lumière et de l'ombre, du vrai et du faux. L'image de la montagne et l'importance des forces élémentaires sont les pilliers de la symphonie historique de Kurosawa. La nature inébranlable et fascinante l'emporte car elle ne peut pas tromper alors que l'humain se pare de symboles illusoires. Finalement se sont ces mêmes symboles qui vont démasquer son imposture en le trahissant lui-même. Kurosawa par des gros plans sur Nakadai de façon successives renforce la majesté du personnage en parvenant presque à nous tromper nous-mêmes et à nous méprendre sur son histoire. Le pouvoir serait alors le fruit du hasard et n'aurait pas vraiment de légitimité, seule la croyance en la poésie de la nature permettrait un salut à l'âme tourmentée. Il s'agirait de faire croire au peuple que son souverain est légitime. Ainsi l'histoire devient un jouet incontrôlable aux mains de quelques Hommes et elle finie par retrouver son cours normal en broyant ceux qui s'opposent à son déroulement tragique pour les être contingents que nous sommes. On peut noter la superbe scène de fin qui est une véritable déferlante de poésie guerrière. A mon sens l'un des trois plus grand chef-d'oeuvres du cinéma.
groil-groil
groil-groil

105 abonnés 186 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2007
“Kagemusha”, datant de 1980, est l’un des films les plus réputés de la seconde partie de l’oeuvre du maître japonais, aux côtés de « Derzou Ouzala », « Ran » ou « Rêves ». Mais celui-ci possède un statut particulier dans son œuvre puisqu’il fut coproduit par George Lucas et Francis Ford Coppola, deux admirateurs de Kurosawa. Du coup c’est sans doute son film le plus américain dans sa construction et sa mise en scène. S’il apparaît un peu trop sage, conventionnel, sans assez d’audace ou de folie, « Kagemusha » n’en demeure pas moins un film passionnant et bourré de talent. En 1573, Shingen Takeda, l’un des seigneurs les plus respectés du Japon, intercepte un voleur qui lui ressemble trait pour trait. Plutôt que de le faire tuer, Shingen décide d’en faire son double (Kagemusha en japonais) et de l’envoyer à sa place lors des combats trop risqués, à une époque où trois clans rivaux se disputent la prise de Kyoto, la capitale, et donc la domination du pays. Mais Shingen meurt plus tôt que prévu. Avant de passer de vie à trépas, il demande à son double, avec la complicité de son entourage proche, de se faire passer pour lui durant trois années, le temps de remporter les victoires guerrières nécessaires à sa conquête du Japon. Le double fera illusion pendant la quasi-totalité de ces longues années. Il trompera les proches de Takeda, sa famille, ses maîtresses, et même son petit-fils qui ne le reconnaît pourtant pas au départ. Seul un cheval ne supportant de n’être monté que par son maître le confondra. Le double démasqué, s’ouvre alors un océan de désolation pour le clan Takeda. Son armée est réduite à néant, les hommes sont exterminés par milliers alors qu’impuissant, le Kagemusha, redevenu vagabond, assiste au chaos. Il s’était tellement identifié au seigneur que, pris d’une crise d’empathie, il va littéralement offrir son corps à ce carnage sanglant. Celui-ci s’en ira inerte, dans les eaux rougies d’un océan malade, rejoindre le blason de ce clan devenu chimère.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 avril 2007
La finesse japonaise au service d'une fresque comme on n'en faisait déjà plus dans les années 80. Ce film rend compte d'une maîtrise quasi parfaite du cinéma, tout peut y être étudié dans le détail, c'est une leçon de cinéma totale, mais si il est autant exceptionnel c'est aussi par l'émotion vive qui s'en dégage et qui sublime cette richesse cinématographique. Le Japon est une culture particulière, souvent méconnue et si le parfum du pays du soleil levant se respire avec ivresse dans le fond et dans la forme, c'est en même temps une oeuvre qui dépasse les frontières et qui montre encore une fois le pouvoir de l'art, celui de tendre à l'universel. En dehors de ces observations générales, le film vu de l'intérieur est d'une richesse exaltante, les acteurs effectuent une permorfance invisible, la musique porte cette fresque au porte des légendes, les décors sont un régal pour les yeux et la mise en scène est orchestrée avec un talent certain. L'émotion que le film suscite n'est pas de son fait...c'est le spectateur lui même qui vient la chercher. C'est une perle et pour une fois l'unanimité de la presse n'est pas douteuse.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 22 novembre 2006
on sent la grande oeuvre derriere ce film...on sent les longues minutes passées a etudier la composition...le jeu d'acteur...pourtant un defaut que l'on peut reprocher a ce film est sa lenteur du point de vue evolution psychologique des personnages.Certes cette evolution est interpretée de facon splendide...elle est realisée avec beaucoup de poesie...les scenes de guerre etaient bel et bien interminables...peut etre aurait t il s'inspirer de ses producteurs pour ces scenes...mais ce serait mentir que de pretendre qu'akira kurosawa ne nous fait pas voyager dans cette fresque nippone du temps des samourais...il parvient a accomplir l'une des fonctions primordiales du cinema: l'evasion
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 octobre 2006
Une fresque historique des plus reconnues et des plus abouties au japon. En plus, réalisée par le maître incontesté du pays: Mr Kurosawa. Certaines scènes nous révèlent une esthétique grandiose qui exprime bien tout le talent du réalisateur. L'aspect dramatique très travaillé, très centré autour d'un personnage m'a rappelé Ran. Le scénario fidèle à l'histoire nous emporte dans ce monde peuplé de guerres, d'orgueil et de dignité. Une référence dans la filmographie de Kurosawa!
AMCHI

6 946 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 septembre 2006
Je reconnais la beauté de Kagemusha, l'ombre du guerrier mais malgré sa splendeur et une interprétation de grande qualité le film souffre de longueurs, de plus certaines scènes pointilleuses à l'extrême deviennent ennuyeuses comme celle ou le soldat explique qu'il a lesté son fusil pour mieux viser. C'est le 1er film d'Akira Kurosawa que j'ai vu mais malgré ma déception je désire néanmoins voir ses autres films car celui-ci au niveau des combats n'a rien d'extraordinaire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le dernier chef d'oeuvre de Kurosawa, Ran étant magnifique mais pas un chef d'oeuvre, des acteurs excellents, une histoire superbe, et encore une fois un grand et beau chef d'oeuvre
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Une très grande fresque, des personnages torturés, une débauche de moyens ( notamment du point de vue du nombre de figurants )... L'histoire du lent naufrage du clan Takeda. Incontournable !
robert_ginty
robert_ginty

18 abonnés 381 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 septembre 2006
Il est toujours décevant de ne pas accrocher à un classique. Je m'attendais à un film de guerre épique, des affrontements furieux entre armées féodales déchaînées, pas à du théâtre filmé. Kagemusha est composé dans sa grande majorité de dialogues en plans fixes. Ce n'est pas une tare en soi, mais c'est un peu déroutant quand on s'attend à une successions de batailles. L'histoire est certes intéressante, les costumes sont somptueux, quelques décors sont magnifiques, mais, outre son statisme et sa longueur, le film pâtit également d'une photo très datée années 80, ce qui est aujourd'hui bigrement handicapant. Le choix de Kurosawa de laisser hors champ la bataille finale, tout justifiable soit-il d'un point de vue narratif, est assez représentatif de la frustation que j'ai ressenti tout au long du film. Restent quelques scènes magnifiques, comme certains plans sur fond de coucher de soleil rougeoyant (qui ont été repompés par Coppola, par ailleurs co-producteur de la présente oeuvre, pour les scènes d'intro de son Dracula), ou un long final apocalyptique. Kagemusha est peut-être un chef d'oeuvre que je suis allé voir avec des attentes non fondées. Mea culpa.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 10 mai 2009
Belle réalisation mais beaucoup de longueurs
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