Les acteurs sont pourtant sympathiques, les intentions du réalisateur louables, ses influences saines (Spielberg donc, mais aussi le Super 8 de J.J. Abrams)… mais c’est malheureusement trop peu pour permettre à ce pâle Kyma l’onde mystérieuse de briser les mauvaises ondes de la french touch du fantastique.
Celle qui a aujourd’hui 50 ans signe ici son premier film comme réalisatrice, le récit sans fards d’une jeunesse infiniment douloureuse et d’un trajet heurté vers l’émancipation.
Alliant fresque historique, drame social et enquête policière, c’est surtout une parabole creusant une question quasi philosophique : que perçoit un aveugle de la beauté (et, par voie de conséquence de la laideur) du monde ?
Sous couvert de provocation, l’ex-enfant terrible du cinéma américain signe un film très conservateur dont la philosophie pourrait se résumer à « c’était mieux avant »…
Après un prologue distrayant, ce nouvel avatar s’enfonce dans un scénario vain et prévisible, déroulé sur près de 150 interminables minutes. Entre l’Araignée et nous, le fil est cassé pour de bon.
Ce deuxième volet prolonge l’esprit du premier film – à savoir un divertissement simple et généreux, qui change agréablement des productions calibrées.
Mais contrairement à ses modèles (on pense à "Short Cuts" de Robert Altman ou "Magnolia" de Paul Thomas Anderson), Élie Wajeman ne réussit pas à maintenir le même niveau d’intérêt d’une histoire à l’autre.
Le Dernier viking joue ainsi un peu trop avec les virages émotionnels pour que l’on parvienne à réellement accrocher à son récit, vécu comme une performance artistique démonstrative plutôt qu’un récit spontané.
Épique, intimidant, parfois terrifiant comme lors de la séquence du Cyclope ou de l’escale chez Circé, ce pavé de 2 h 50 revisite les grands épisodes du texte d’origine, tout en restant un film typiquement nolanien.
Avec de remarquables acteurs non professionnels, la cinéaste brosse un tableau sombre et saisissant, et réussit le portrait d’une femme qui reste malgré tout maîtresse de son destin.
Autre exploit et non des moindres : rendre Omar Sy totalement crédible dans son rôle à total contre-emploi – et rendons grâce à l’acteur d’avoir accepté le challenge. À découvrir.
D’une grande maîtrise technique, il offre aussi des mouvements de caméra acrobatiques et l’inventivité de la mise en scène est constante. Sébastien Vaniček signe un film nerveux et énergique, qui malmène le spectateur pendant près de deux heures : allergiques au genre s’abstenir !
Servi par une photographie soignée (de Paul Sprinz) et deux acteurs magnifiques (Valerie Pachner et Robert Stadlober) Seule la vie est ainsi bien plus qu’une célébration des pouvoirs réparateurs de l’humour.
C’est une petite comédie au goût doux amer, mélancolique et une critique à peine voilée d’une société basée sur le rêve et la frustration. Elle est défendue par trois comédiens qui ont le ton juste et la spontanéité de leur personnage.