Paradoxe : des plus irritants lorsqu’il s’efforce en vain de déjouer ses impensés bourgeois, le nouveau film de l’autrice des Amours d’Anaïs convainc lorsqu’il s’y abandonne.
Documentaire-poème sur la transmission, non de simples savoir-faire et de connaissances, mais d’une présence au monde qui permette d’étendre son âme, tourné avec des moyens très simples, et en 16mm, "Hair, Paper, Water..." filme en symbiose le petit et le grand.
Avec "Trois adieux", Isabel Coixet transpose l’ouvrage de Michela Murgia en récit intimiste et tire-larmes célébrant la beauté et les souffrances de la vie, à travers un regard romantique, poétique et nostalgique.
L’auteur du remarqué "Burning Days" signe un western onirique dans lequel les rêves deviennent des prophéties. Derrière le cinéma de genre, se dissimule un film politique dénonçant la violence légitimée par un État irresponsable.
Gaël Lépingle met en scène, et en images, les carnets dans lesquels son père consignait, de façon obsessionnelle et purement factuelle, le déroulé de sa vie de retraité. Un très étrange objet, tour à tour tendre, mystérieux, absurde ou oppressant.
Orphée descend aux Enfers pour retrouver Eurydice. Livermore et Cucco transforment le mythe en opéra filmé boursouflé, saturé d’effets numériques et de décors clinquants, dont l’esthétique Dolce & Gabbana ne sauve jamais un récit confus et indigeste.
À trop miser sur des effets démonstratifs et peu élégants, "Lettres d’amour de ma grand-mère" peine à embrasser son sujet dans toute sa profondeur et sa complexité.
"The Holy Boy" s’enracine dans un sol attendu (l’horreur en escalade au cœur des dévers montagneux et du paganisme dru), s’élève à la faveur d’un segment central brillant, et s’écrase dans un finale qui n’oblitère pas complètement le charme vénéneux de l’ensemble.
Sarah Miro Fischer tient son spectateur en haleine en filmant la déchirure d’une fratrie après des accusations de viol visant le frère. Un récit où s’entremêlent amour, interrogations et déception, le tout saupoudré d’une certaine tension sexuelle.
Sur un sujet glaçant, Julien Gaspar-Oliveri opte pour un portrait intime tout en nuances, se focalisant sur les non-dits et leur coût psychologique et social.
Œuvre notable dans l’histoire du cinéma espagnol post-franquiste, quoique méconnue, "Arrebato" ne semble pas toujours abouti, mais l’inquiétude qu’il suscite et sa modernité finissent par convaincre et intriguer.