Mort de Tinto Brass : le prince de l'érotisme italien et réalisateur de Caligula avait 93 ans
par Corentin Palanchini
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Le cinéaste italien Tinto Brass est décédé ce mercredi 4 novembre à 93 ans. Réalisateur du controversé "Caligula", il avait débuté en questionnant la société italienne des années 60.

Le réalisateur italien Tinto Brass, dont l'œuvre cinématographique a couvert de nombreux genres mais qui est surtout resté dans les mémoires pour ses films érotiques des années 1970, notamment Caligula, ce film à gros budget sorti en 1979, est décédé à Rome. Il était âgé de 93 ans. Son épouse, Caterina Varzi, et ses enfants, Bonifacio et Beatrice Brass, ont annoncé mercredi la nouvelle du décès de Tinto Brass à l'agence de presse italienne Ansa.

Archiviste de la Cinémathèque française

Giovanni Brass fait des études de droit avant de travailler comme archiviste de la Cinémathèque française à la fin des années 1950. A cette époque, il est aussi assistant réalisateur pour Alberto Cavalcanti (Les Noces vénitiennes), Roberto Rossellini (Inde, terre mère et Le Général de la Rovere) et les frères Taviani (L'Italia non è un paese povero).

En 1963, il tourne son premier long métrage, le drame contestataire Qui travaille est perdu, et dès l'année suivante, enchaîne trois films : un segment de la comédie à sketches La mia signora (avec Luigi Comencini et Mauro Bolognini), le documentaire sur la guerre et la révolution Ça ira, il fiume della rivolta et la comédie de science-fiction La Soucoupe volante, avec Alberto Sordi et Monica Vitti.

Malcolm McDowell et Helen Mirren dans Penthouse Film International
Malcolm McDowell et Helen Mirren dans "Caligula".

Cinéaste social et contestataire

Il continue ensuite dans le cinéma de genre avec le western psychédélique Yankee avec le Français Philippe Leroy (1966), le polar En cinquième vitesse avec Jean-Louis Trintignant (1967), et Nerosubianco, film pop et critique de la société italienne de l'époque (1969).

Au début des années 70, il met en scène une trilogie informelle que l'on pourrait surnommer "la trilogie de la fuite", car tel est son thème, avec Le Hurlement, Dropout puis Les Vacances). En 1976, Salon Kitty, parfois connu sous le titre Les Nuits chaudes de Berlin, oriente son virage vers l'érotisme. Le film se déroule durant la Seconde guerre mondiale, où une maison de passe devient l'objet de tous les excès et dépravation des nazis.

Caligula et l'érotisme

Brass enchaîne avec le film pour lequel il restera célèbre : Caligula, péplum suivant l'accession au pouvoir et le règne de Caesar Caïus Caligula (fascinant Malcolm McDowell), et les orgies sadiques, sexuelles et sanguinaires qu'il organise. En raison de multiples procès, Caligula ne sortira qu'en 1979, dans des versions tronquées, et remontées par le producteur, conduisant Brass à en renier la paternité.

Il poursuit ensuite dans l'érotisme avec Action (1980), La Clé (1983), Miranda (1985), Vices et caprices (1987) et Snack Bar Budapest (1988), et ce jusqu'à la fin de sa carrière. Son dernier long métrage, Monamour, sorti en 2005, raconte le désarroi amoureux d'une épouse, qui va assouvir les fantasmes de son amant, un jeune artiste français.

Corentin Palanchini
Corentin Palanchini
-Chef de rubrique Infotainment
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.
Co-écrit avec :
Olivier Pallaruelo
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