S’il y a bien un réalisateur qui ne travaillera jamais avec une plateforme de streaming, c’est bien Francis Ford Coppola. L’homme de 86 ans est profondément attaché au cinéma et à l’expérience dans la salle obscure, au point de refuser l’exploitation de son dernier film de science-fiction à la télévision.
En 2024, le réalisateur du Parrain et d'Apocalypse Now vient en effet présenter aux Cannois, un titre dont il a rêvé depuis une quarantaine d’années et qu’il a financé lui-même à hauteur de 120 millions de dollars : Megalopolis.
Un film de science-fiction qui a divisé
Megalopolis est une épopée romaine dans une Amérique moderne imaginaire en pleine décadence. La ville de New Rome doit absolument changer, ce qui crée un conflit majeur entre César Catilina (Adam Driver), artiste de génie ayant le pouvoir d’arrêter le temps, et le maire archi-conservateur Franklyn Cicero (Giancarlo Esposito).
Le premier rêve d’un avenir utopique idéal alors que le second reste très attaché à un statu quo régressif protecteur de la cupidité, des privilèges et des milices privées. La fille du maire et jet-setteuse Julia Cicero (Nathalie Emmanuel), amoureuse de César Catilina, est tiraillée entre les deux hommes et devra découvrir ce qui lui semble le meilleur pour l’avenir de l’humanité.
Malgré toute la volonté de son réalisateur et de son équipe, Megalopolis est loin d’avoir convaincu la presse et les spectateurs. Avec une note de 2 sur 5 sur AlloCiné, le drame de science-fiction a été jugé brillant par certains et grotesque par les autres. Mais ce sont les chiffres du box-office qui ont mis le dernier clou au cercueil puisqu’il a enregistré une perte sèche de 75 millions de dollars …
Francis Ford Coppola dit non
Si un film n’a pas performé au cinéma, les studios ont une autre alternative pour faire du chiffre : son exploitation en DVD, VOD ou sur les plateformes de streaming. Un procédé contre lequel se serait battu Francis Ford Coppola, si l’on en croit les différents médias américains.
D’après Deadline par exemple, le cinéaste aurait refusé plusieurs partenariats avec des distributeurs européens, pour empêcher l’arrivée du long-métrage sur des catalogues. “Je veux avoir les droits dessus. Ce ne m’intéresse pas de les vendre à quelqu’un d’autres. Je veux pouvoir tout contrôler”, aurait-il déclaré.
Ainsi, aux Etats-Unis, le drame de science-fiction n’a pas été édité en DVD non plus, toujours à la demande du metteur en scène. Son argument ? “Le film est toujours visible au cinéma”.
A l’heure actuelle, soit un an après la sortie du film au cinéma, Megalopolis n’est disponible en France que sur le catalogue de Canal+ (qui est partenaire du Festival de Cannes où le film a été projeté) via un abonnement. Le public français peut donc s’estimer “heureux”.