Venez pour son titre, restez parce que vous n'avez jamais vu un western aussi fauché ! Parfait pour une soirée entre amis où chacun est d'accord que l'on va regarder un mauvais film mais ensemble, et dans un esprit de franche camaraderie, connectez-vous sur Prime Video pour découvrir : Sartana, si ton bras gauche te gêne, coupe-le !
Un titre référencé, mais à côté de la plaque
Tarquinia Film
L'histoire commence par l'enlèvement de la fille d'un riche propriétaire terrien par une bande de hors-la-loi, et de l'alliance de Django et de Sartana pour la retrouver. Le chef des bandits est joué par Gordon Mitchell, ex-héros de péplums qui s'est recyclé dans le western et le cinéma dit "bis" et Jack Betts assure le rôle de Sartana et Franco Borelli celui de Django.
Le titre français fait écho à un passage de la Bible : "Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie", mais en Italie, le titre original se traduirait plutôt par "Django et Sartana arrivent... C'est la fin". D'ailleurs, aucun moment du film ne raconte une gêne de bras gauche, à part si l'on voit symboliquement Django comme le bras gauche de Sartana, mais cela va sans doute aller plus loin que ce que le film nous montre réellement.
Pourquoi "C'est la fin ?" Eh bien parce que le réalisateur du film, Demofilo Fidani, a consacré quatre films au personnage de Sartana (l'un des héros récurrents du western italien post-Sergio Leone), et qu'il souhaitait visiblement passer à autre chose.
Un western, mais aussi un test d'endurance
Tarquinia Film
Seuls les fans complétistes de westerns spaghettis peuvent regarder au premier degré ce qui est un film d'un amateurisme abyssal. Car si Sartana... Si ton bras gauche te gêne, coupe-le ! n'a pas beaucoup de moyens (bien qu'il en est plus que la moyenne des autres de Fidani), il est hélas dénué d'inventivité pour compenser - on est loin des trésors de débrouillardise d'un Evil Dead, par exemple.
Reste que Demofilo Fidani est un réalisateur attachant pour deux raisons. La première : il travaillait toujours avec la même équipe d'acteurs et de techniciens et tournait ses films dans son coin, dans une ville western qu'il avait fait construire. Ensuite, parce qu'on a l'impression de voir un enfant réaliser ses premiers films. Bon, Fidani en était à son 7ème, mais c'est un autre sujet.
Tarquinia Film
Faux raccords, cascades too much, personnages caricaturaux, scénario simpliste et remplissage : tout fleure bon l'amateurisme, mais c'est aussi ça, le cinéma. Des films ratés faits avec beaucoup de bonne volonté ou d'opportunisme. Alors calez-vous dans votre canapé, lancez ce western, et repensez à une époque dans laquelle ce que vous verrez avait l'honneur d'une sortie en salles grâce aux cinémas de quartier.