"J'étais vraiment embarrassé" : il y a 92 ans, John Wayne s'est rendu compte qu'il devait jouer les cowboys autrement dans ses westerns
Corentin Palanchini
Il aime les superbes paysages (Ford), les sales gueules et les BO de Morricone (Leone), les héros indomptables (Hawks), les rebelles (Sollima), les solitaires (Eastwood), les délires (Les Mystères de l’ouest), la guerre de Sécession (The Good Lord Bird, Glory) et l'héritage de tout ça (Yellowstone).

L'acteur américain John Wayne a vécu une mauvaise expérience sur un western, mais cela l'a aidé à trouver "son" cowboy de cinéma.

John Wayne a beaucoup tourné de séries B durant sa jeunesse, et certains films l'ont durablement traumatisé, mais aussi aidé à forger "son" cowboy. Cité dans John Wayne : The Man Behind The Myth de Michael Munn, la star de Rio Grande se souvenait d'avoir joué un cowboy chantant, "Sandy le chantant", et en garde un très mauvais souvenir (via Collider) :

"P***in d'embarrassé"

"J'étais juste tellement p***in d'embarrassé par tout ça. Jouer d'une guitare dont je ne savais pas jouer et mimer [le chant] fourni par un vrai chanteur... (...). Après cette expérience, j'ai refusé d'être à nouveau Sandy le chantant".

A l'époque, John Wayne était un jeune premier plutôt bel homme et l'idée de lui faire jouer de la guitare pour lui faire fredonner des balades plus ou moins sirupeuses s'est donc imposée assez rapidement pour miser sur ce "capital beauté".

L'idée était en avance sur son temps, car le genre "cowboy chantant à l'écran" explosera peu de temps après, mais Wayne s'en affranchira très tôt pour se forger une image beaucoup plus "badass" que ses homologues à guitare :

"Si le costaud me frappait avec une rose, je le frapperais avec une chaise"

Warner Bros.

"Tous les cow-boys du grand écran se comportaient comme de vrais gentlemen. Ils ne buvaient pas, ils ne fumaient pas. Quand ils mettaient le méchant à terre, ils restaient toujours debout, les poings levés, attendant que le costaud se remette sur pied. J'ai décidé que j'allais relever le méchant et continuer à le frapper, et si le costaud me frappait avec une rose, je le frapperais en retour avec une chaise."

Wayne était-il en avance sur son temps, préfigurant les héros violents à la Sergio Leone ? Pas tout à fait, il avait été à bonne école :

"J'ai appris cela quand j'étais enfant en regardant les westerns que Harry Carey a tourné avec John Ford. Il était réaliste, c'était un vrai homme, et j'ai décidé que c'est ainsi que serait mon cow-boy à l'écran."

Quand on sait que lorsque John Wayne se saisit le bras à la fin de La Prisonnière du désert comme le faisait Harry Carey dans ses westerns signés John Ford, on peut dire que la boucle a été bouclée, et que l'hommage était tout autant celui du réalisateur que de l'acteur.

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