Inspiré d'une histoire vraie, ce film avec Bastien Bouillon est un récit captivant sur l'uberisation de la société
Brigitte Baronnet
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.

Après "L'affaire Bojarski", Bastien Bouillon est la tête d'affiche d'"A pied d'oeuvre", un film captivant sur la vie d'artiste et l'uberisation de la société. Ecrit et réalisé par Valérie Donzelli, ce film a été récompensé pour son scénario à Venise.

De quoi ça parle ?

« Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. »

À Pied d’œuvre raconte l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté.

À pied d'œuvre
À pied d'œuvre
Sortie : 4 février 2026 | 1h 32min
De Valérie Donzelli
Avec Bastien Bouillon, André Marcon, Virginie Ledoyen
Presse
3,9
Spectateurs
3,8
Séances (57)

Après une année 2025 riche de 4 films (Partir un jour, Connemara, L'incroyable femmes des neiges, Aux jours qui viennent), comment s'annonce l'année 2026 de Bastien Bouillon ? Il est assurément devenu l'un des visages incontournables du cinéma français et on pourra compter sur sa présence remarquable dans 4 films : L'Affaire Bojarski, à l'affiche depuis le 18 janvier, et qui rencontre déjà un joli succès (près de 900 000 entrées !), puis le très attendu Histoires de la nuit de Léa Mysius et Une autre histoire de Mikhaël Hers.

Ce mercredi, il est à l'affiche d'un film récompensé pour son scénario au Festival de Venise en septembre dernier : A pied d'oeuvre de Valérie Donzelli. On doit notamment à cette réalisatrice, scénariste et actrice La Guerre est déclarée et L’Amour et les forêts.

Un film sur la précarisation de l’emploi et l’uberisation de la société

Avec A pied d’oeuvre, son 8ème long métrage, elle nous offre un film français captivant, en prise avec l’époque. Il s'agit d'une adaptation d’un roman de Franck Courtès, qui parle de la précarisation de l’emploi et l’uberisation de la société. Un livre racontant le vécu de son auteur, qui s'est confronté à la difficulté de vouloir se lancer en tant que romancier.

"C’est le nouveau monde du travail. Mon héros, devient homme à tout faire pour pouvoir survivre. On le voit donc s’inscrire sur un site de services à domicile pour trouver des clients, puisque tout fonctionne désormais sur des plateformes : le ménage, les gardes d’enfant, le jardinage, le bricolage, les déménagements..., explique Valérie Donzelli dans le dossier de presse.

Mais ce que je montre aussi, à travers cette uberisation du travail, c’est que l’on est tous notés. Je trouve ce rapport au jugement particulièrement violent et hypocrite. Finalement, on vit dans un monde qui empêche la vraie courtoisie puisque l’on sait que l’on peut être dénoncé à tout moment."

"Il m'a mise en garde : tu vas finir clocharde !"

Il y est question également de la vie d'artiste et à quel point il peut être difficile de vivre de son art. Un sujet qui a particulièrement résonné pour Valérie Donzelli : "Quand j’ai lu le livre (de Franck Courtès), je me suis même totalement identifiée. Mon père venait de mourir, j’ai repensé à notre histoire familiale. Mon grand-père et mon arrière-grand-père paternels étaient peintres et sculpteurs. Ils ont vécu dans une extrême pauvreté, ne vivant que de leur art, et mon père en a beaucoup souffert.

Raison pour laquelle il a fait des études de droit alors qu’il dessinait extrêmement bien : pour que ce truc d’artistes ne puisse plus se reproduire. Lorsque j’ai décidé d’être actrice, il a eu peur et m’a donc aussitôt mise en garde : tu vas finir clocharde ! Et ça m’a fait peur ! Mais je ne me suis pas découragée, j’ai tracé ma route, atypique au départ, et je suis assez fière de mon parcours."

Quand un acteur en remplace un autre

Pour Bastien Bouillon, son arrivée au casting de ce film s'inscrit dans un certain contexte, qui fait écho avec la difficulté par moments de décrocher des rôles, ou de ne pas être disponible pour un tournage.

Comme il le raconte, à notre micro, sans complexe, et faisant sauter un tabou auquel les acteurs et actrices sont souvent confrontés, il n'était pas le premier choix pour jouer dans ce film. "Moi je n'ai pas de problème à en parler. Je crois en la vie des films. Pour 'affaire Bojarski et le film de Valérie Donzeli, je remplace le même comédien sur les deux films. C'est le même comédien. Voilà, c'est un concours de circonstances. L'autre acteur a accepté une grosse série. Donc je l'ai remplacé.

Et de convoquer le souvenir d'un précédent film : "Partir un jour, j'ai refusé de le faire pendant un an et demi. Et le prochain film que je m'apprête à tourner, je l'ai refusé deux fois, et je suis follement heureux de le tourner. C'est la vie des films, c'est dans les deux sens. Il y a parfois des oui ou des non. Là en l'occurrence, on parle de non, des non qui font avancer le projet et qui l'aide à trouver sa propre place."

A pied d'œuvre est au cinéma ce mercredi 4 février 2026.

Notre rencontre avec Valérie Donzelli pour la sortie de son précédent long métrage, le documentaire Rue du conservatoire

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