Fresque familiale bouleversante et nécessaire, sélectionnée pour les Oscars, Ce qu’il reste de nous est à découvrir dès maintenant au cinéma.
Loriane Cladec
Loriane Cladec
-Rédactrice
Brèves et dépêches, relais de festivals et d’événements, contenus partenaires : Loriane Cladec accompagne la Rédaction depuis la création d’AlloCiné.

Pressenti pour l’Oscar du meilleur film étranger, Ce qu’il reste de nous s’impose comme une grande fresque sur l’histoire de la Palestine, vécue par le prisme d’une même famille. Signé Cherien Dabis, ce film poignant est à découvrir en salle.

Contenu partenaire

Un portrait de famille d’une grande humanité, sur trois générations

1948 : Sharif vit des jours heureux avec sa famille à Jaffa en Cisjordanie, dans une belle maison au milieu d’une orangeraie. Lorsque la guerre d’occupation qui a précédé la création de l’État d’Israël éclate, il est fait prisonnier et sa famille est contrainte de quitter son foyer.

1978 : Salim, le fils de Sharif, vit avec sa propre famille en Palestine occupée. Mais lorsque cet instituteur pacifiste est humilié par des militaires israéliens devant son propre fils, Noor, ce dernier, traumatisé, commence à nourrir une rancœur tenace.

1988 : maintenant adolescent, Noor participe à l’Intifada contre les forces d’occupation. Lorsque la situation dérape au cours d’une manifestation, toute la famille est contrainte de contempler son histoire, qui est aussi celle de tout un peuple.

Nour films

Présenté au festival du film de Sundance, avant d'être sélectionné pour représenter la Jordanie à l’Oscar du meilleur film étranger, Ce qu’il reste de nous constitue le quatrième long-métrage de la cinéaste d’origine palestinienne Cherien Dabis (Amerrika), récemment aperçue aux côtés de Fares Fares et Lyna Khoudri à l’affiche de Les Aigles de la République. Véritable visage du cinéma palestinien, la comédienne cultive dans sa capacité d’interprétation, d’écriture et de réalisation le goût de la liberté et de l’espoir, hérité de l’histoire de sa propre famille.

Ce qu'il reste de nous
Ce qu'il reste de nous
Sortie : 11 mars 2026 | 2h 25min
De Cherien Dabis
Avec Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri
Presse
3,5
Spectateurs
4,2
Séances (72)

Je crois que c'est l'espoir qui nous maintient en vie, explique-t-elle. L'histoire de mon père a été une grande source d'inspiration pour Ce qu'il reste de nous. J'ai intégré dans le film de nombreuses anecdotes et événements qui ont marqué mon enfance. Mon père a passé la majeure partie de sa vie en exil et, tout comme les protagonistes du film, il a finalement dû devenir citoyen d'un pays étranger pour pouvoir retourner dans son pays natal. Son attachement à son pays d’origine était toujours présent dans notre foyer.

Nour films

De cette réalité historique, mais avant tout humaine, naît un film-témoignage bien sûr bouleversant, mais surtout authentique. Ce qu’il reste de nous se transforme alors en représentation d’une destinée universelle et humaine. Se concentrant en effet sur les figures de celles et ceux qui, malgré eux, ont été saisis par le cours de l’Histoire et par un conflit qui les dépasse.

En cela, Ce qu’il reste de nous s’impose comme œuvre transgénérationnelle, complément idéal à La Voix de Hind Rajab, docu-fiction signé Kaouther Ben Hania et consacré aux conséquences dramatiques, à échelle humaine d’un conflit d’ampleur mondiale. “Pendant longtemps, les Palestiniens ont été relégués au rang de chiffres, constate Cherien Dabis. On ne met jamais de visages sur les victimes. Je pense qu'on nous a empêché de saisir ce qu’éprouve véritablement la population palestinienne, la violence des traumatismes vécus quotidiennement.

Refusant l’objectification distancée dont se targuent trop souvent les récits historiques, Ce qu’il reste de nous fait justement le pari de raconter l’histoire palestinienne en choisissant l’émotion humaine, la sensibilité, comme porte d’entrée, en invitant les spectateurs à chercher, avant tout, dans ces destins brisés une empathie nécessaire.

Une plongée documentée dans un conflit moderne majeur

De cette mémoire familiale, de ce devoir de mémoire, naît une œuvre sensible et intemporelle, marquée par le passage du temps. Pour autant, le long-métrage de Cherien Dabis s’impose également comme une œuvre richement documentée, construite sur l’expérience vécue par de nombreuses familles palestiniennes.

Nour films

Une première pour un long-métrage : si la cinéaste déplore le manque de films dédiés au sujet, l’ampleur artistique et matérielle de celui-ci marque également un tournant dans le cinéma du Moyen-Orient. Égalant par son ambition technique la richesse et la densité de la période traitée, Ce qu’il reste de nous s’impose comme une fresque historique impressionnante et un voyage temporel authentique : l’identification aux victimes et le sentiment empathique n’en est que plus grand chez les spectateurs qui, témoins bouleversés d’un drame indicible, peuvent aussi mieux en saisir la complexité du contexte.

D’une émotion rare, Ce qu’il reste de nous s’affirme comme une œuvre résolument humaniste, portée par l’espoir, le courage et la résilience . Une merveille politique, universelle et intime, à découvrir dès maintenant au cinéma.

FBwhatsapp facebook Tweet