La Bataille de Gaulle : pourquoi les films sont en deux parties ?
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"La Bataille de Gaulle" est actuellement au cinéma, proposé en deux parties, sorties à trois semaines d"intervalle. Pourquoi le choix d'un diptyque, plutôt qu'un seul et même film avec entracte ? Voici l'explication de Jérôme Seydoux (Pathé).

Quelle est la meilleure option pour voir un film dont le récit se déroule sur une longue durée ? Faut-il privilégier le très long film comme The Brutalist (3h34) sorti l'année dernière, ou encore Kill Bill version intégrale (4h35) dont la sortie a eu lieu ce mercredi ? Ces deux films ont un entracte, permettant de faire une petite pause d'environ 15 minutes, mais avec un système de séance unique.

La Bataille de Gaulle a opté pour une sortie en deux temps, espacée initialement d'un mois, puis réduite à trois semaines d'écart afin de relancer les entrées du premier volet à la peine, et profiter de la Fête du cinéma.

Pourquoi donc avoir choisi de faire deux films distincts ? Ce choix est la résultante d'une stratégie dont Jérôme Seydoux (Pathé), producteur et distributeur du film avec Ardavan Safaee, a parlé dans les colonnes du Figaro il y a quelques jours.

"Contre toute attente, cette structure en deux films a finalement aidé le projet à gagner la bataille du box-office"

"Jusqu’à récemment, je n’étais pas certain qu’il était nécessaire de faire deux films. Contre toute attente, cette structure en deux films a finalement aidé le projet à gagner la bataille du box-office. Lorsque le premier volet n’a pas démarré comme prévu, le second nous a offert une possibilité de relance. Dans ce contexte, le diptyque a constitué une chance stratégique."

Pour aller plus loin, Le Figaro se demande si le sujet n'était pas trop lourd pour un seul et même film. "Probablement, oui, abonde Jérôme Seydoux. Le récit était vaste, complexe et très dense. De plus, [le réalisateur] Antonin Baudry souhaitait contrôler de près chaque aspect du film, ce qui est parfaitement légitime, mais rend l’ensemble plus long et plus ambitieux à fabriquer."

Lorsque nous avions questionnés les comédiens Anamaria Vartolomei (Livia) et Félix Kysyl (Moulin) au sujet de la longue durée du film, ils avaient souligné le paradoxe qu'on peut facilement accepter de regarder une série sur plusieurs heures, mais que l'effort semble différent lorsqu'il s'agit d'aller au cinéma.

"Le film aurait pu durer cinq heures d'affilée, alors estimez-vous heureux qu'il soit divisé en deux parties !, a d'abord plaisanté Anamaria Vartolomei.

"Passer cinq heures au frais, avec une pause déjeuner entre les deux sessions, c'est idéal"

"Passer cinq heures au frais, avec une pause déjeuner entre les deux sessions, c'est idéal", complète Félix Kysyl.

"Nous n'avons plus l'habitude de ce format pour des films français. En revanche, le public accepte volontiers des productions américaines de trois heures, comme Oppenheimer, ou la prochaine fresque de Christopher Nolan, L'Odyssée. Pour raconter une histoire d'une telle envergure — qui embrasse la Seconde Guerre mondiale, la Libération, la Résistance et la France libre —, le temps est nécessaire, poursuit Anamaria Vartolomei.

Le film contient d'ailleurs des scènes de guerre d'une telle beauté et d'une telle maîtrise artistique qu'on aimerait les voir se prolonger. Au pire du pire, qu'est-ce qui peut arriver ? Tu t'ennuie, tu sors de la salle, ce n'est pas très grave. Mais le risque est faible pour un film d'aventure aussi épique !

On peut binge-watcher une série et passer 7h devant son écran chez soi à enchaîner les épisodes. Mais aller au cinéma pour 2h40, ça nous fait peur. Moi, je trouve que c'est génial de s'enfermer dans une salle pendant 2h30 et d'assister à quelque chose, à une fresque romanesque, épique."

Les parties 1 et 2 de La Bataille de Gaulle cumulent à ce jour plus de 2,5 millions d'entrées. La partie 2 ne devrait pas tarder à franchir le million. La première partie est déjà au-delà des 1,4 million d'entrées. Les deux films sont toujours en salles.

Brigitte Baronnet
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.
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