"Les studios ont décidé de se séparer de moi" : c’est l’un des plus grands films de guerre de tous les temps… Mais Francis Ford Coppola en a été viré !
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Viré de “Patton” parce que son scénario était jugé trop étrange, Francis Ford Coppola a pourtant eu le dernier mot : ses idées ont été conservées et l’une d’elles est devenue une scène mythique du cinéma.

Avant de devenir l’un des cinéastes les plus importants de sa génération, Francis Ford Coppola a connu une expérience pour le moins amère sur Patton. Écarté du projet à cause de son scénario, il verra pourtant ses idées conservées dans le film… et largement saluées par la suite.

Plus de cinquante-cinq ans après sa sortie, Patton demeure une référence majeure du film de guerre. Réalisé par Franklin J. Schaffner et sorti en 1970, le long-métrage retrace le parcours du général américain George S. Patton pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais derrière ce classique se cache également une histoire assez savoureuse : celle d’un jeune Francis Ford Coppola, renvoyé alors même que l’une de ses idées les plus audacieuses allait devenir l’un des moments emblématiques du film.

Patton
Patton
Sortie : 9 janvier 2002 | 2h 50min
De Franklin J. Schaffner
Avec George C. Scott, Karl Malden, Michael Bates
Presse
4,0
Spectateurs
3,9
Voir sur Disney+

Une ouverture devenue légendaire

Impossible d’évoquer Patton sans revenir sur ses premières minutes. Face à un immense drapeau américain, George C. Scott apparaît en uniforme et livre un discours aussi brutal que galvanisant. Un monologue qui donne immédiatement le ton du personnage et du film.

Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n’en veut pas. Les Américains se battent pour gagner quel que soit le prix, et nous ne paierons jamais assez cher pour rester des hommes libres. Quoi qu’il arrive. C'est pour ça que les Américains n’ont jamais perdu une guerre. Et c’est pour ça que jamais ils n'en perdront. Tout simplement parce que l’idée de perdre est intolérable aux Américains. [...] Entre nous, je vous assure, j’ai vraiment pitié de ces enfants de putain contre qui on va se battre. C’est vrai, je trouve ça triste ! On ne va pas se contenter de leur tirer dessus à ces petits cons ! On va aussi leur faire sortir les tripes et les boyaux du ventre, et ça vous servira à graisser les chenilles de vos tanks ! Il faut qu’on leur montre ce qu’on vaut à ces salopards de Boches ! Pas de pitié !

Cette entrée en matière, devenue indissociable du film, porte notamment la signature de Francis Ford Coppola. Bien avant Le Parrain et Apocalypse Now, le cinéaste avait en effet participé à l’écriture de Patton. Pourtant, sa collaboration avec la production allait s’interrompre de manière particulièrement brutale.

20th Century Fox

Le scénario de Coppola ne convainc pas la Fox

À l’époque, Coppola est encore loin d’avoir le poids qu’il acquerra quelques années plus tard à Hollywood. Alors que Burt Lancaster est un temps envisagé pour incarner le célèbre général, la Fox se montre peu enthousiaste devant le scénario proposé par le jeune auteur.

Le studio est notamment déconcerté par cette fameuse ouverture, considérée comme “trop étrange”. Une divergence suffisamment importante pour que Coppola soit finalement écarté du projet.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf que la suite prend des allures de revanche particulièrement savoureuse : lorsque Patton finit par voir le jour, plusieurs années plus tard, le scénario de Coppola est toujours là. Et surtout, la séquence d’ouverture qui avait contribué à son éviction est elle aussi conservée. Une idée jugée trop audacieuse qui deviendra finalement l’une des images les plus célèbres du film.

Sept Oscars et un triomphe pour George C. Scott

La suite appartient à l’histoire du cinéma. Sous la direction de Franklin J. Schaffner, qui avait déjà signé La Planète des singes deux ans auparavant, George C. Scott livre l’une des prestations les plus marquantes de sa carrière dans la peau de ce général aussi brillant que controversé.

Le film connaît un immense succès critique et décroche sept Oscars, dont ceux du Meilleur film, du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario original, attribué à Francis Ford Coppola et Edmund H. North.

George C. Scott est également désigné Meilleur acteur, mais refuse sa statuette. Opposé au principe même de mettre les comédiens en compétition, il ne se rend pas à la cérémonie. Le producteur Frank McCarthy récupère alors l’Oscar à sa place avant de le restituer à l’Académie dès le lendemain, conformément au souhait de l’acteur. Une anecdote qui ajoute encore à la légende d’un film dont la personnalité hors norme semble avoir dépassé l’écran.

20th Century Fox

Une drôle de revanche pour Coppola

Le parcours de Francis Ford Coppola sur Patton reste donc particulièrement paradoxal. Renvoyé alors que ses choix étaient jugés trop déroutants, il a finalement vu son travail conservé, récompensé par un Oscar et associé à l’une des séquences les plus célèbres du cinéma de guerre.

Quelques années seulement après cette mésaventure, le réalisateur allait évidemment changer de dimension avec Le Parrain, avant de poursuivre une carrière qui ferait de lui l’un des grands noms du Nouvel Hollywood.

Aujourd’hui encore, Patton reste un monument du cinéma de guerre, porté autant par la mise en scène de Franklin J. Schaffner que par la prestation de George C. Scott et un scénario dont l’histoire mouvementée mérite, elle aussi, d’être racontée.

Patton est à retrouver en streaming sur Disney+.

Voici aussi une interview de Coppola et George C. Scott à découvrir ci-dessous :

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Olivier Pallaruelo
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