Après Le Crime du 3ème étage et La Vénus électrique, Gilles Lellouche revient devant la caméra pour un rôle historique d’envergure : Jean Moulin. Réalisé par László Nemes et scénarisé par Olivier Demangel, Moulin était présenté en compétition au Festival de Cannes en mai dernier.
Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu'il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence. Le destin de la France libre en dépend.
Qu'ont pensé les spectateurs de ce film historique présenté à Cannes ? Sur AlloCiné, le film obtient actuellement une moyenne de 3,6 sur 5, basée sur 294 notes et 114 critiques.
Un duel glaçant face à l’Histoire
Les spectateurs saluent un film choc, centré sur les derniers jours de Jean Moulin et sa confrontation avec Klaus Barbie. La mise en scène chirurgicale de László Nemes installe une ambiance glaçante. Gilles Lellouche, tout en retenue, et Lars Eidinger, inquiétant sous sa courtoisie, forment un duo qui reste en tête.
Rodolphe35 (5/5) : "Il y a des films importants qui nous rappellent en quoi notre engagement peut changer le cours des choses. C’est le cas de Moulin. La confrontation entre Moulin et Barbie est admirablement interprétée par les deux comédiens et la mise en scène de László Nemes toujours aussi chirurgicale."
Eliette Abecassis (5/5) : "Chef-d’œuvre absolu qui restera dans l’histoire du cinéma, et qui nous parle aujourd’hui de Résistance."
Direct-actu.fr du Club Allociné (5/5) : "(…) Gilles Lellouche joue un rôle historique autant dans une prestation physique que psychologique. Gilles Lellouche ne ressemble pas physiquement, il ne cherche pas à le faire, sa diction si particulière finit par se fondre dans le texte. Un rôle physique, où des silences, un regard dans le vide expriment plus qu’on ne peut en écrire. Le courage prend une dimension psychologique particulièrement intéressante, puisqu’il ne repose pas sur l’absence de peur, mais sur la capacité à continuer malgré elle. Face à lui, Lars Eidinger incarne un Klaus Barbie particulièrement inquiétant dans sa manière de conserver une apparente courtoisie. Sa violence passe d’abord par le langage, les regards et cette capacité à transformer une conversation en rapport de domination. (…)"
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LeFilCine (4,5/5) : "(…) On savait László Nemes capable de grandes choses visuellement et de nous immerger dans des ambiances dont lui seul a le secret. Et dans Moulin, sa maîtrise artistique, son sens de la mise en scène, et surtout son talent dans la création d’ambiances glaçantes permettent de rendre le long-métrage inoubliable. Il a fait le choix de concentrer le récit sur les derniers jours de la vie du célèbre résistant, donc sur sa confrontation avec Klaus Barbie. Cela ne permet pas à Gilles Lellouche d’exprimer tout son talent, puisqu’il est logiquement dans une posture mutique. Cela offre presque le premier rôle à Lars Eidinger, l’interprète allemand de l’ogre nazi. Celui-ci réalise une prestation bluffante où la froideur monstrueuse du personnage qu’il incarne transperce l’écran. On découvre aussi, avec effroi, l’enfer concentrationnaire nazi, le courage inouï des résistants français, et la peur constante avec laquelle vivaient ces derniers. Quelques séquences offrent de grands moments de cinéma, sans que jamais le film ne soit ni larmoyant, ni excessivement violent, ni trop documentaire. Un long-métrage choc !"
Yahya Achou du Club Allociné (4/5) : "Je crois de nouveau au cinéma français. Quel plaisir, ce film. La réalisation est folle, avec des plans et des séquences magiques. Les dialogues sont précis. Les images sont belles. Très beau film, vraiment !"
Un héros réduit à sa souffrance
Certains déplorent un film trop académique, peu convaincant en thriller, et une fin confuse. D’autres lui reprochent de s’attarder sur la torture plutôt que sur la vie de Jean Moulin, voire de réécrire l’Histoire.
Melvin RICHER (3,5/5) : “C’est exactement à quoi je m’attends quand je veux voir un film sur une figure majeure de la Résistance française, pas filmé comme un téléfilm de TF1 : ici, l’esthétique est très travaillée, alliée à un montage du son et de l’image créant littéralement une atmosphère stressante. On a l’impression d’être enfermé avec Jean Moulin dans la prison et de subir avec lui le stress et l’anxiété ! Je trouve le film très réussi, juste peut-être que Gilles Lellouche n’a pas été poussé à son maximum dans sa performance à cause du scénario, qui manque encore de scènes de torture visuelles ou d’autres séquences fortes dans lesquelles Gilles Lellouche aurait pu encore asseoir sa position de grand acteur français ! Mais dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé !”
Miguelithor (3/5) : “Un film qui est solide dans son scénario, mais qui pèche en termes de thriller et d’espionnage. Il aurait pu davantage exploiter cet angle, même si, au final, c’est difficile pour un film historique. Un jeu d’acteur très solide de la part de Gilles Lellouche et une mise en scène académique qui manque un peu de souffle épique et de spectaculaire.”
Velocio du Club Allociné (2,5/5) : “La première partie du film, historiquement documentée, celle où l’on suit Jean Moulin, parachuté depuis Londres, à l’œuvre dans sa mission consistant à mettre sur pied le Conseil national de la Résistance, est beaucoup plus satisfaisante que la seconde partie, celle qui suit l’arrestation à Caluire. Historiquement, on ne sait rien de ce qui s’est réellement passé entre Klaus Barbie et Jean Moulin après que ce dernier a été fait prisonnier. On est donc là dans de la pure fiction, avec un réalisateur cherchant à nous replonger dans l’atmosphère terrifiante du Fils de Saul. Il faut reconnaître au réalisateur son talent pour suggérer l’horreur plutôt que de l’étaler avec complaisance sur l’écran. Par contre, on regrette que la fin du film soit si confuse, si maladroite, au point que de très nombreux spectateurs, peu au fait de l’histoire de la Résistance, vont sortir de la projection en pensant que Jean Moulin n’est pas mort suite à son emprisonnement dans les locaux de la Gestapo lyonnaise.”
Théo (1/5) : “Très déçu par ce type de scénario. Passionné d’histoire, je pensais peut-être naïvement que le film reposerait sur la vie du personnage. Finalement, il s’agit essentiellement de son arrestation et surtout de la torture subie... ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR”
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En résumé
Certains spectateurs trouvent la mise en scène trop académique, la fin abrupte et le récit trop resserré pour embrasser toute la vie du Résistant. Mais le film séduit la majorité par l'atmosphère glaçante dans laquelle László Nemes plonge le spectateur. Et Gilles Lellouche et Lars Eidinger s’affrontent dans un duel qui reste en tête pendant longtemps.
Moulin est actuellement en salles.