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    "Etre et avoir" : l'instituteur débouté
    27 sept. 2004 à 15:26

    La demande d'indemnisation de Georges Lopez, l'instituteur d'"Etre et avoir", pour "contrefaçon" et "atteinte au droit à l'image", a été rejetée ce lundi par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

    Georges Lopez invité à revoir sa copie... L'instituteur, qui est coeur du documentaire Etre et avoir, réalisé par Nicolas Philibert, a été débouté ce lundi 27 septembre par le tribunal de grande instance de Paris de sa demande d'indemnisation pour "contrefaçon" et "atteinte au droit à l'image". Il réclamait 250 000 euros à titre provisionnel pour le préjudice subi. Dans son jugement, le tribunal a estimé que le film "ne reproduit pas des éléments du cours de M. Georges Lopez sur lesquels il pourrait revendiquer des droits d'auteur" et que celui-ci "n'est pas co-auteur" et "ne peut pas revendiquer les droits d'artiste-interprète."

    Un succès triomphal

    Représentant avec tendresse le quotidien d'une classe unique dans une école communale d'Auvergne, Etre et avoir avait été un des succès-surprises de l'année 2002, rassemblant 1,8 million de spectateurs. Projeté en Sélection officielle à Cannes, le film avait également été lauréat du prestigieux Prix Louis-Delluc. Au-delà du règlement de comptes entre le cinéaste et l'enseignant, le procès intenté par Georges Lopez avait relancé le débat autour de l'indemnisation des personnes filmées dans le cadre d'un documentaire. Ajoutons qu'en mars dernier, l'instituteur avait déjà été débouté par la Cour d'appel de Montpellier de sa demande d'indemnisation des heures de promotion auxquelles il s'était prêté après la sortie du film.

    Julien Dokhan avec AFP
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    Commentaires
    • Ilwan
      Amusant de voir ressurgir ce forum deux ans après. Et amusant de lire un message à ce point à côté de la plaque, au moins en réponse à mon précédent message.Le fait que votre maman soit dans l'EN ne fait pas nécessairement de vous un(e) bon(ne) élève, puisque vous n'avez strictement rien compris à ce que je voulais dire.Je me plaçais non pas du point de vue de la pédagogie (sur ce point, remballez vos discours), mais du Droit (avec la majuscule) et de l'éthique.Quand on embrasse la profession d'enseignant, on ne peut être rétribué pour une activité supplémentaire. Cela s'appelle le droit de cumul. C'est-à-dire qu'à moins d'autorisation express du Rectorat au préalable, on ne peut pas être professeur et, en même temps, charcutier, plombier ou, en l'occurrence, acteur. Les textes officiels le formulent ainsi : "Obligation d’exercice exclusif de sa profession". Monsieur Lopez ne peut donc pas être rétribué pour avoir fait l'acteur en même temps qu'il faisait le professeur des écoles. La loi autorise cependant aux enseignants la production d'écrits, de travaux de recherches, d'oeuvres d'art. Monsieur Lopez n'a pas produit le film, au sens où il n'en est ni le financier, ni l'auteur. S'il veut faire valoir que son cours est une oeuvre d'art (c'est en ce sens que je parlais de "production originale", au sens artistique), Monsieur Lopez réclamerait que son travail d'enseignant soit payé une deuxième fois, comme "oeuvre". Or il a déjà été payé une première fois par le Ministère pour avoir produit et dispensé ses cours. Ceux-ci ne peuvent être rétribués une seconde fois. C'est, ici, en ce sens que je disais "on est prof ou on n'est pas prof". Soit : on est payé pour des cours ou on est payé pour un rôle (ou une création d'oeuvre), mais pas les deux en même temps. Monsieur Lopez, donc, a déjà été payé pour ses cours. Dont acte.A aucun moment je n'ai évoqué ce qu'un professeur devait faire ou pas dans sa classe, comment il devait organiser ou préparer ses cours, comment il devait s'adapter à son auditoire, comment il devait comprendre son programme et ses documents d'accompagnement, comment il vivait bien ou mal sa profession, vis-à-vis des élèves ou des parents d'élèves, vis-à-vis du regard des autres, etc. Autant de choses sur lesquelles vous pouvez divaguer mais qui n'ont absolument rien à voir avec mon précédent message, ce qu'une lecture attentive et raisonnable vous aurait, peut-être, permis de comprendre, comme elle vous aurait évité de perdre votre temps en montant inutilement sur vos grands chevaux.Maintenant, libre à vous de penser que l'école est faite pour enseigner et non éduquer... Encore que si vous le pensez sincèrement, je comprends mieux l'étroitesse de vos vues.
    • ange_des_reves1
      Bonjour, je me permets de revenir sur ces propos déposés par un précédent internaute."Et c'est dommage... Tu es prof ou tu n'es pas prof. Et si tu l'es, eh bien tu t'engages à n'être pas rétribué sur une quelconque activité en dehors de ta profession. Quant à arguer que ton cours est une production originale, c'est un argument irrecevable, compte tenu de la profession en question."Je pense que cette personne n'est pas un professeur, qu'elle ne connaît rien à la profession ou alors qu'il s'agit d'un professeur qui se contente de recopier des livres et de les dicter en cours (cela existe malheureusement).Ma mère étant professeur, je peux vous dire qu'un cours est bel et bien une production originale. Car un cours est préparé. Il l'est surtout en fonction de l'auditoire. A chaque auditoire un cours va être présenté différemment. C'est pour cela qu'il est dit que les jeunes professeurs sont parfois moins bons que ceux qui ont de l'expérience, en effet, cela provient de la multitude d'auditoire auquel on a été confronté.Un cours est donc une production originale. Sinon pourquoi selon vous pourrions nous dire par exemple que mon prof d'histoire de ma classe de 4ème était moins bon ou meilleur que celui de 3ème???Un cours est construit et n'est pas seulement du rabachage d'informations.Je pense que (je ne suis pourtant pas dans le milieu enseignant, je trouve cela trop difficile avec tous les morveux qu'il y a de plus en plus. Les profs n'ont plus le pouvoir de dire quoique ce soit sans avoir un parent qui leur tombe dessus, pourtant il n'y avait pas tant d'attaque au couteau auparavant, pardon on s'éloigne du sujet). je reprends donc, je pense que le métier de professeur est bien souvent dénigré et mal connu , souvent par des gens qui ne connaissent pas la profession. je rappelle juste une chose : on parle souvent de leurs horaires et vacances, c'est sans compter les "emmerdements" et les "humiliations" que se permettent les parents, incapables de comprendre que l'école est faite pour enseigner et non éduquer et le fait que si un prof a 1h de trou entre deux cours, il n'est pas payé. De plus, étant donné le travail à préparer justement un cours et à corriger des copies, je peux vous dire que j'ai plus souvent vu ma mère bosser que profiter de ses vacances. n'oublions pas également qu'en cas de maladie pendant les vacances ils ne peuvent pas reporter leurs CP! Voilà pourquoi on peut pas dire "soit tu es prof et basta!" moi je comprends l'instituteur.
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      Voir ou revoir le film "Etre et Avoir", c'est aujourd'hui acheter un DVD sur la pochette duquel, dans l'édition de France Télévisions, ne figure même pas le nom de l'Instituteur mais seulement celui du Ministère de l'Education Nationale.QUESTION : Celui-ci a-t-il évalué en espèces sonnantes et trébuchantes ou en mérite le travail hyper-bénéfique en terme d'image de la qualité d'enseignement en primaire et de développement de la psychologie de l'enfant démontrée par Monsieur G. Lopez ?J'espère qu'il a au moins aujourd'hui une pension de retraite d'Agrégé... Si ce n'est pas le cas, ce serait bien que le futur pouvoir politique de 2007 y repense concrètement.OBSERVATION : Dans le "bonus" du DVD le cinéaste développe longuement le choix architectural de l'école choisie (bien que les 3/4 des images aient été tournées en intérieur ?!) et précise qu'il aurait pu faire ce film avec un/une tout/e autre instituteur/trice se trouvant dans cette boite. Sachant le succès du film, et la préparation postérieure de l'édition DVD, j'ai de forts doutes sur la valeur de ces propos un brin sibyllins au fumet démago.CONCLUSION :Je pense que le temps travaille dans le coeur de chacun en faveur de l'action de Monsieur l'Instituteur. Plus on est "effacé-aboyé" plus la caravanne passe ! Longue et belle vie à lui.
    • Ilwan
      Et c'est dommage... Tu es prof ou tu n'es pas prof. Et si tu l'es, eh bien tu t'engages à n'être pas rétribué sur une quelconque activité en dehors de ta profession. Quant à arguer que ton cours est une production originale, c'est un argument irrecevable, compte tenu de la profession en question. Sans compter que c'est incompatible et paradoxal. Soit c'est un cours et basta, soit c'est une "oeuvre d'art" (ce dont tout un chacun peut douter), et alors c'est en parfait décalage avec l'éthique du documentaire. Hélas, ce pauvre monsieur Lopez a eu un peu tendance à vouloir mélanger les deux éthiques et à se ridiculer dans sa propre déontologie. Zéro pour lui.Et vingt à Philibert, point barre.
    • Calies
      J'aurai fait pareil à sa place, et à vrai dire, je pense que tout le monde, vu le succés énorme du film, aurait fait pareil.
    • lolitrash
      Mais je crois qu'il avait été payé un peu avant la sortie du documentaire, non? Et ensuite, il a trouvé que ce n'était pas assez compte tenu de l'importance de son rôle dans ce succès. En tout cas, il a bien baissé dans mon estime, lui que je trouvais particulièrement doué et pédago dans le film. :grrr:
    • Calies
      Je trouve quand meme qu'il méritait qqchose. Vu le succés, lui offrir une petite compensation n'aurait pas été de trop. Je suis d'accord que la somme qu'il demande est énorme, mais je pense quand meme qu'il était en droit d'obtenir qqchose (de pas aussi gros bien sûr). Ca me semble être la moindre des choses. Surtout qu'on oublie de le préciser, mais sans lui, pas de film...
    • Ilwan
      Voilà. Des cinéastes intègres vont pouvoir continuer à faire leur travail dans des conditions normales, sans avoir à se préoccuper (trop) de l'argent des autres, et des ego de certains. C'est une belle décision qui sauve le métier, mine de rien. Reste à savoir s'il sera possible de revoir l'excellent Être et avoir, magnifique leçon de cinéma et magnifique leçon de vie, maintenant, après ce gâchis...
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