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    Tribune polémique sur le cinéma français : les réactions de Philippe Lioret et Thomas Langmann
    4 janv. 2013 à 18:31

    Les réactions continuent à déferler suite à la polémique sur le financement du cinéma français, initiée par la tribune de Vincent Maraval, avec aujourd'hui les points de vue de Philippe Lioret et Thomas Langmann.

    Vignette (personne) - PERSONNE - Philippe Lioret : 17724

    Après Vincent Maraval et Jérôme Clément, c'est au tour du cinéaste Philippe Lioret d'écrire une tribune dans les colonnes du Monde. Le texte de Philippe Lioret fait directement écho à celui du producteur de Wild Bunch. Ce dernier l'avait en effet interpellé en s'interrogeant sur son salaire "A part une vingtaine d'acteurs aux Etats-Unis et un ou deux en Chine, le salaire de nos stars, et encore plus le salaire de nos moins stars, constitue la vraie exception culturelle aujourd'hui. (...) Que Philippe Lioret touche deux fois plus que Steven Soderbergh et sept fois plus que James Gray ou Darren Aronofsky ? Pourquoi s'en priveraient-ils ?". Sous le titre "Non, Vincent Maraval, je ne suis ni un parvenu ni un assisté du cinéma", Philippe Lioret répond donc longuement au texte du cofondateur de Wild Bunch, texte qu'il qualifie de "faux" et "très insultant" :

    "J'écris et réalise des films depuis 1992. J'en ai fait sept, soit un film tous les trois ans, années pendant lesquelles je travaille (comme de nombreux réalisateurs français) à la recherche d'un sujet, puis à l'écriture du scénario, qui prend un an ou plus, ensuite on passe au montage financier (car, depuis Toutes nos envies [2010], je me produis moi-même), au casting, à la préparation, au tournage, où je suis aussi cadreur, au montage, au mixage, à l'étalonnage, enfin à la sortie, où je ne ménage pas ma peine (une tournée d'une quarantaine de villes pour mes quatre derniers films).
    Pour tout ça, mon salaire de réalisateur n'a jamais excédé (et ce, pour mes deux derniers films, car sur les précédents, je gagnais moins) la somme de 200 000 euros, pour trois ans de travail donc, ce qui fait 5 500 euros brut par mois. C'est une somme rondelette, soit, mais bien inférieure à celle qu'ont touchée les acteurs principaux sur mes films, et certainement bien inférieure au salaire mensuel de M. Maraval, qui entre lui aussi dans le coût global des films, ne l'oublions pas."

    "J'ai donc été blessé que Vincent Maraval m'assimile à "une minorité de parvenus", qui plus est "profitant du fameux système d'aide du cinéma français". Dans cette assimilation, il affirme sans vergogne que je gagnerais plus que je ne vaux – ce qui est déjà blessant – et de surcroît "grâce à de l'argent public", ce qui est faux, car, à part l'avance sur recettes (une somme minime obtenue uniquement pour mon premier film et qui a été remboursée après exploitation), les capitaux qui entrent dans le financement des films français sont privés : distributeurs, préachat Canal+, préachat chaîne en clair, banques (Sofica)... Et quand la chaîne en clair fait partie du service public, celle-ci divise son apport en deux : un préachat pour une diffusion à l'antenne (sans risque, donc), et une coproduction dont elle touche les remontées financières quand le film marche."

    "Tout cela est donc faux et très insultant à mon endroit. En d'autres temps, d'autres que moi auraient envoyé deux témoins à M. Maraval. Mais mieux vaut en sourire et se souvenir du proverbe : "Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler."

    La tribune de Philippe Lioret, "Non, Vincent Maraval, je ne suis ni un parvenu ni un assisté du cinéma", à lire ici dans son intégralité: www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/04/non-vincent-maraval-je-ne-suis-ni-un-parvenu-ni-un-assiste-du-cinema-par-philippe-lioret_1812910_3246.html

    Deux producteurs ont, par ailleurs, commenté la polémique dans la presse aujourd'hui, Christine Gozlan et Thomas Langmann. Ce dernier a  accordé une interview au Figaro, dans laquelle il craint que les gens interprètent mal le texte de Vincent Maraval.  Voici quelques extraits de cette interview :

     

    "Ce que je veux surtout éviter, ce sont les amalgames fâcheux que ce genre de prises de position peut déclencher. Je commence à entendre des gens qui croient que c'est avec l'argent de leurs impôts qu'on paye les salaires mirobolants des acteurs français comme Depardieu ou Dany Boon. C'est, faux, totalement faux. Il n'y a aucun argent public dans le cinéma français. Le système que nous avons mis en place en France est vertueux et le monde entier nous l'envie."

     

    "Les gens ont mal interprété ce que Maraval a écrit dans sa tribune. Il faut absolument faire comprendre que ce système n'a rien d'opaque. Il faut vraiment dissocier le débat sur les cachets déraisonnables des acteurs et le financement global du cinéma via le CNC. Les deux choses n'ont rien à voir entre elles."

    L'interview de Thomas Langmann au Figaro, "Pas d'argent public dans les films français", à lire dans son intégralité ici : www.lefigaro.fr/cinema/2013/01/04/03002-20130104ARTFIG00438-langmann-pas-d-argent-public-dans-les-films-francais.php

    Le texte de Christine Gozlan pour le Huffington Post, "Le cinéma français est-il devenu masochiste?", à lire dans son intégralité ici : www.huffingtonpost.fr/christine-gozlan/reponse-a-maraval-le-cinema-francais-est-il-masochiste_b_2405393.html

    BB

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    Commentaires
    • Olso
      @empereur18 : vous débarquez de quel pays lointain ? Il faut le faire pour pas connaître Philippe Lioret, du moins ses 3 derniers films qui ont été de gros succès publics et critiques. (Je vais bien, ne t'en fais pas ; Welcome ; Toutes nos envies). Il est connu au moins depuis 2006.
    • Ed12
      Les chaînes de télévision doivent respecter un quota imposé par le CSA pour la diffusion de film de cinéma, la limite a ne pas dépassé est d'environ 200 films par an (si je me rappelle bien), toute façon ils ne diffusent rarement les films français à la télévision car la plupart ils ont fait un bide au cinéma et que 2 ans et demi plus tard où les chaînes en clair ont le droit de diffuser (encore un autre loi obsolète du CSA et du CNC pour ne pas concurrencer le cinéma et les ventes vidéos), les directeurs des programmes et leurs assistants les ont complétement oubliées, ainsi que le public. Si les personne intéressé veulent plus d'information je vous conseille le site CSA .fr
    • empeureur18
      je crois que certaines personnes vivent au pays des bisounours et y vivent tres bien car ce monsieur Philippe Lioret,qui fait du cinema depuis 12 ans j'ai appris son existence que ce matin et si les teles doivent financer le cinema quelqu'un peut me dire pourquoi on as pas plus de films a la tele en parlant de films je parles de récent pas une rediffusion de la grande vadrouille
    • ILLO15
      le cinema francais profite du systeme d' assistanat de la france que ce soit pour les intermitents ou pour les acteurs comme depardieu , et autres .
    • Ed12
      Ce qui est un peu ironique c'est que Thomas Langmann n'a pas eu l'aide du système de l'avance sur recette du CNC (un système formé de trois collèges qui est censée aider les premiers et seconds films et les projet originaux) pour produire The Artist mais est co-financé par Warner Bros France, une filliale de Warner Bros comme son l'indique qui est un major (une immense studio de production) américain qui avec les recettes de leur blockbusters (que les bobos disent décérébré) pour financer ce genre de film ; pas mal non ?
    • Ed12
      Thomas Langmann a faux, l'argent des français est bien utilisé pour faire des films, le CNC pélèvent des taxes de 11% sur le prix d'un billet et sur les ventes de vidéos - 2 % du prix de vente d'un DVD/blu-ray qui est reversés sur un fond de soutien et qui est redistribué a des productions. On paye aussi l'impôt de la redevance de France Télévision, donc de l'argent du contribuable mais France TV a l'obligation de consacrer 3.2% de leur chiffre d'affaire à la production cinématographique. Ajouté a cela on paye des taxes sur les abonnement internet (FAI), les distributeurs de chaîne de télévision (nos bon box TV adsl), les opérateurs du câble et du satellite (canalsat, numéricable). A consulter le très bon article du Figaro (rapprocher les points sur le .lefigaro.) lefigaro .fr/cinema/2013/01/03/03002-20130103ARTFIG00238-cinema-un-systeme-de-financement-tres-encadre.php
    • capricechantal
      Tout le monde donne son avis, tous les jours, sur cette affaire. Alors pourquoi ne donnerais-je pas le mien ? Ceux qui me lisent depuis 3 ans sur Allociné le savent : je suis LA spécialiste des chiens au cinéma. Or qui se soucie comment, exactement, sont payés les animaux au cinéma ? A qui est allé exactement l'argent de Uggie pour "The artist" ? Ce toutou en a-t-il profité ?? Moi aussi, je pose de bonnes questions.
    • yayo
      "Il n'y a aucun argent public dans le cinéma français". MDR ce qu'il faut pas lire comme énormités (pour pas dire autre chose...)
    • BiggerThanLife
      """Le système que nous avons mis en place en France est vertueux et le monde entier nous l'envie."""" Ce type se fout du monde, c'est du pure cynisme !
    • BiggerThanLife
      Une honte, un "cinéma français assisté", je l'ai entendu de la bouche même de Thierry Ardisson qui a mis cinq ans pour monter son premier film comme producteur. Ardisson lui-même était sur le cul d'un tel système d'assistanat... et donc de formatage de la production française. Assistanat pour faire du fric, pas pour aider des gens dans le besoin, non, de l'assistanat pour les riches nantis du petit milieu du cinéma français. Ce systéme doit disparaitre !!! Là vous verriez l'èmergence de nouveaux grand talent. La production serait libre de toute contrainte télévisuelle.
    • Aladdyen
      thomas langmann : "pas d'argent public dans le cinema français"... il est là le problème, ils ne savent même pas de quoi ils parlent... le cinema fr se fout vraiment de notre gueule
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